Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Aller en bas

Ce cours m'a été utile

100% 100% 
[ 2 ]
0% 0% 
[ 0 ]
0% 0% 
[ 0 ]
 
Total des votes : 2

Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  Pacô le Dim 20 Déc 2009 - 18:10

Cours rédigé à l'aide des précieux conseils de l'auteur Vicki Hinze (Cf: http://www.vickihinze.com/)
____________________

Voilà longtemps que je n'avais pas rédigé un petit cours sur IMPERIALDREAM. Mais au vu de mes dernières corrections, il y avait un point qu'il me semblait inévitable d'aborder : les dialogues.
Les dialogues sont les interventions directes de vos personnages dans votre texte et la transpiration de leur caractère. Pour bien accrocher le lecteur, il s'agit de rendre ces dialogues efficaces et ciblés.
Nous axerons ce cours sur trois parties :
I- Pourquoi un dialogue efficace ?
II- Comment adapter les dialogues aux personnages ?
III- Une autre forme de dialogue: la gestuelle
Bonus: Présentation d'un dialogue
___________________________________

I- Pourquoi un dialogue efficace ?
Il me semble obligatoire de débuter ce cours par une explication de l'intérêt de formuler des dialogues efficaces et surtout, d'expliquer ce qu'est cette notion d'"efficacité".

L'on aurait tendance à rendre les dialogues comme le reflet de notre réalité, avec la crédibilité qui suit, sans pour autant tomber dans les banalités de la vie quotidienne. Terrible dilemme auquel se confronte chaque auteur: coller à la crédibilité mais ne pas sombrer dans l'inutile.
En d'autres termes, évitez ceci:
« Bonjour Monsieur Romain.
- Bonjour Madame Gladis
- Beau temps aujourd'hui n'est-ce pas ?
- Effectivement, le soleil brille, c'est agréable.
- Je ne vous le fais pas dire, Madame Gladis. Alors comment vont les enfants ?
etc...

C'est effectivement ce à quoi va répondre ce cours. Comme dit précédemment, le dialogue est l'intervention directe de vos personnages auprès du lecteur. Le narrateur n'est donc plus là pour enjoliver ou dénaturer les propos du protagoniste qui s'adresse directement à votre lectorat.
Le dialogue est là pour remotiver la narration, pour apporter des éléments nouveaux: son efficacité sera vérifiée si, à l'issue de ce dialogue, de nouvelles perspectives s'ouvrent et si le lecteur en a appris davantage aussi bien sur le contexte de l'histoire ou sur le personnage en lui-même.

Mais le dialogue, c'est aussi le moyen de présenter concrètement votre protagoniste. Il découvre son caractère et ses émotions, ses intentions et ses aspirations, et surtout son niveau intellectuel par sa manière de s'exprimer. Pour faire simple, un roi s'exprimera comme un aristocrate, sauf contre-indication dans votre aventure, et sera mal perçu par votre lecteur s'il parle comme un adolescent de quinze ans.

En d'autres termes, le dialogue et donc les paroles des personnages seront des outils qui permettront au lecteur de les cerner et de les identifier. C'est pourquoi un dialogue efficace est avant tout un dialogue où chaque personnage a sa manière de parler.

II- Comment adapter les dialogues aux personnages

a) Tout d'abord, pour reprendre la première partie, essayer de caler les paroles de vos protagonistes sur quelque chose de crédible et de techniquement possible pour votre personnage. Évitez donc:
« J'ai préparé la limousine de Louis XIV», informe le valet de chambre.
J'exagère volontairement pour bien pointer du doigt les multiples incohérences qui pullulent parfois dans des textes.

Il faut donc songer à créer des discussions qui colleront à la réalité de votre histoire. Par rapport à l'époque, afin d'annuler toutes formes d'anachronismes, par rapport à la catégorie sociale de votre personnage et même, par rapport à son sexe (même si, là, on peut jouer dessus et éluder ce critère).
Autre critère à respecter: l'énonciation et l'expression. Un aristocrate s'exprimera toujours mieux (= avec des structures syntaxiques plus longues et un vocabulaire d'un registre soutenu) qu'un misérable de la rue au XVIIIème siècle.
Bien sûr, il y a toujours des exceptions, des choses de la narration qui font que nous pouvons transgresser ces règles. Toutefois, il faut penser à bien conserver toujours le même rythme et charme de parole pour chaque personnage: c'est ce qui l'identifiera !
Exemple:
Registre soutenu:
«Misérable ! Sois satisfait ! Madrid vient d'être baigné dans le sang de mes sujets... Que de sang retombe sur ta tête ! Qui est responsable, sinon toi qui t'es révolté contre ton père ?»
(Charles IV à son fils Le Salut de l'Empire, Alexandre Dumas.)
Et registre familier:
- Ah ! l'animal de Pouillaud ! ... Tu sais que, dans sa lettre de ce matin, il m'annonce justement le mariage de Lalubie. Cette vieille rosse de professeur épouse une jolie fille. Mais tu la connais, la fille de Galissard, le mercier, la petite blonde à qui nous allions donner des sérénades !
(Sandoz à Claude dans L'Oeuvre , Emile Zola, Les Rougon-Macquart)

b) Suivez ensuite l'état émotionnel de votre personnage, comme dans la réalité.

  • S'il a peur, adoptez un style de phrases courtes et saccadées. Quand on est terrifié, on est sec, on parle par fragments. N'hésitez pas à leur faire employer des verbes plus vigoureux et ne chagrinez pas l'impératif. Le lecteur doit accélérer sa vitesse de lecture, suivre avec vous l'urgence du moment et vivre l'émotion avec son personnage. Pas de place au superficiel, soyez succinct !
  • Si au contraire, il est au coin du feu avec le temps nécessaire pour de longues conversations, laissez-lui le temps de parole ; qu'il s'exprime avec profondeur ! C'est le moment, selon sa catégorie sociale et son niveau intellectuel, de le faire parler avec lenteur et dans le registre qui convient à sa carrure. Préférez les phrases longues et sentencieuses aux accrocs brefs. Le lecteur partagera avec lui ses moments de réflexions.
  • S'il est amoureux, faites le poète. Rajoutez de la fantaisie dans ses manières de penser et de parler. Il faut de la légèreté, quelque chose qui suggère ce sentiment passionné.
  • Au contraire, s'il vit un moment grave ou triste, le vocabulaire doit correspondre en conséquence. Un air plus morne, des mots qui conviennent vraiment à la situation etc...
c) Attention, votre personnage doit avoir sa particularité. Il ne faut pas que tous aient les mêmes manières de s'exprimer et tous avec le même esprit. Vous gagnez beaucoup en richesse et votre lecteur pourra mieux s'identifier à l'un ou à l'autre de vos persos. C'est comme ça qu'on découvre les personnages préférés de certains Wink.
L'on peut trouver ça dans l'accent de vos protagonistes. Un snob anglais ou un rebeu des cités de Marseille. Certes, ça rejoint un peu la catégorie sociale, mais c'est aussi une autre identification : celui qui parlera avec l'accentuation anglaise et l'autre qui parlera façon jeune ado rebelle. C'est donc une particularité ethnique, régionale ou de générations.
Exemple:
— Ben… j’sais pas. Faut être balèze de la lame pour tailler sans trop esquinter le morceau, non ? Et puis, il est où ce schlass ? Les keufs l’ont cherché jusqu’au fond de la Dourdene. Si ça se trouve, il est retourné au milieu de la bidoche : ni vu ni connu !
(Zac à Vince, Je serai le gardien de tes nuits, Azul)

Autre chose que les mots à utiliser, il y a plus profond: il y a les sentiments, les idées à faire passer et les caractères à entretenir.
Qui connaît le Sherlock Holmes de Conan Doyle autrement que par son profond cynisme ? La petite Sophie de la comtesse de Ségur autrement que par sa naïveté ? Julien Sorel de Stendhal autrement que par sa prétention ?
Il faut donc faire transpirer dans vos dialogues l'esprit de vos personnages. Un petit rigolo qui amusera la galerie et qui aura donc un vocabulaire plutôt taquin et osé, un chef de bande qui préférera les paroles graves et sages, une douce demoiselle gentille et un peu trop naïve, etc...
Et il ne s'agit pas de jongler trop entre tous ces caractères pour un même personnage, au risque de déboussoler votre lecteur. Toutefois, un personnage peut évoluer et grandir dans sa tête. Mais la nature reste néanmoins la même et ce n'est pas à oublier !

Et enfin, il peut aussi se démarquer par son activité professionnelle en employant un jargon réservé à sa spécialité : un médecin avec des termes médicaux, un flic avec son jargon de la police, un aristocrate avec ses deniers et ses terres, un ouvrier mécano et son cambouis, etc... autant de choses qui identifient un personnage et qui le fait cerner par le lecteur.

Un personnage est vraiment identifié à sa manière de parler pour le lecteur. Vous aurez beau écrire trois tartines dans sa description, le véritable effet durable de sa personnalité sera visible lorsqu'il ouvrira la bouche. Il faut donc pas se rater et bien faire passer à travers son dialogue toutes les informations relatives à ce personnage :

  • place sociale dans la société que vous avez créée (ou adaptée)
  • époque
  • vocabulaire en liaison avec sa maturité (=son âge)
  • caractère
  • activité professionnelle
Et tout ceci, à replacer dans une petite fiche "personnage" par exemple ! Wink

III- Une autre forme de langage : la gestuelle
Le dialogue est encore plus fort lorsque les gestes l'accompagnent. Ils renforcent les émotions et les traits de caractère. Et le lecteur n'a pas droit à des paroles brutes, mais aussi à une vision spatiale de la scène, comme si une caméra tournait autour d'eux et qu'il était présent durant leur échange.

Plusieurs moyens permettent ce nouveau type de dialogue:

  • L'expression du visage : tendu, décontracté, les lèvres pincées, les rictus, le sourire aux lèvres, les joues empourprées... tout ce qui dénote de son comportement vis à vis de ce qu'il a à dire. C'est aussi des indices qui prouvent s'il dit la vérité ou non, si ce qu'il va dire le tracasse, s'il éprouve de forts sentiments, s'il est ému, etc...
  • L'expression des yeux : surtout lorsque l'auteur souhaite faire entretenir des relations plus intimes à ses personnages, mais pas que ! Georges Rodenbach disait : "Les yeux sont les fenêtres de l'âme." Servez-vous en ! Beaucoup de sentiments transparaissent du regard: par les larmes plus concrètement, par des lueurs étranges, par la façon de regarder tout simplement. Énormément de possibilités au narrateur pour détailler le comportement de son personnage.
  • L'expression de la voix : la voix est un fort indicateur de l'état de votre personnage. Si elle tremble, c'est qu'il n'est pas rassuré. Si elle est rieuse, c'est le contraire, ou cherche à démontrer le contraire ! Si elle est murmurée, c'est pour des mots doux ou de petits secrets. Mais aussi parce qu'elle montre un personnage qui fatigue ou qui souffre. La voix est donc un élément à bien détailler dans votre dialogue. Plusieurs adjectifs disponibles: rauque, enrouée, hautaine, étranglée, dégagée, joyeuse, gaie, triste, etc...
  • L'expression des mains: si elles gigotent tout le temps, si elles tremblent, si elles jouent avec leurs doigts... beaucoup axés sur le stress. Toutefois, les mains sont aussi les caresses, les petites tapes sur l'épaule mais aussi les coups de poings. Elles ont donc toute leur importance dans ces dialogues de gestes.
  • L'expression des pieds: même chose que les mains, mais exclusivement pour le stress, la timidité et tout le tralala.
  • L'expression du corps: l'ensemble du personnage. Ce peut être un mélange de tous les critères au-dessus, ou alors des tremblements, des attitudes maladives, la pâleur, les gestes saccadés, la rapidité d'exécution, la nonchalance (= lenteur)... qui prouvent beaucoup d'aspect de votre personnage: s'il est de nature éveillée, lente, simplette etc...
Les gestes sont donc des éléments fondamentaux pour comprendre l'expression, les comportement et les réactions de vos personnages. Votre lecteur pourra ainsi mieux cerner les divers protagonistes et, encore une fois, les identifier.

Bonus: Présentation du dialogue.
Lorsqu'il est inséré dans votre narration, le dialogue doit suivre des règles bien spécifiques.
Tout d'abord, il faut sauter une ligne et éventuellement faire un alinéa pour la première parole.

Deux types de typographie sont alors acceptés:

  • À l'école classique : ouverture de guillemets pour la première parole, un tiret long, si possible cadratin (—) à chaque changement de réplique, suivi d'une espace sécable, et fermeture des guillemets pour la dernière reprise du personnage qui conclut, AVANT le verbe introducteur en sujet inversé !
    ex: « Bonjour, dit l'homme.
    – Bonjour », répondit la femme. (ici, répondre est le verbe introducteur.)
  • À l'école moderne: on oublie les guillemets et tout est présenté sous la forme de tiret à chaque prise de parole d'un nouveau personnage. Cette typographie est beaucoup plus populaire car elle favorise l'adéquation du texte dialogué et narratif dans vos écrits.
    ex: — Bonjour, dit l'homme.
    — Bonjour, répondit la femme.
La question est de bien choisir votre typographie et de vous y tenir afin de ne pas perturber votre lecteur par la suite, s'il vous venait à l'idée de préférer soudainement un guillemet ouvrant puis fermant à un tiret long.

Quant aux alinéas intérieurs, présents dans une longue tirade d'un protagoniste, la gravité est plus ou moins relative suivant le type de typographie que vous avez choisi.
En effet, lorsque vous avez opté pour une école dix-neuviémiste classique — et donc opté pour le guillemet — il suffit de poursuivre son discours jusqu'à la fermeture du guillemet.
Comme ceci:
« Notre Dieu, qui est notre moi ailé, c'est ta volonté en nous qui veut.
=>C'est ton désir en nous qui désire.
=>C'est ton élan en nous qui voudrait changer nos nuits, qui sont tiennes, en jours qui sont tiens aussi. »
Khalil Gibran, Le Prophète.
(=> correspond à un alinéa)
Cependant, malgré l'application stricte de cette typographie, certains auteurs redoutent la confusion de son lecteur et prévoit donc un retour à la ligne avec un guillemet fermant en figure d'alinéa.
Comme ceci:
« C'est la même que suivit son fils Houmayoun, quand, chas é de l'héritage, il e reconquit en 15 4 avec le secours des Afghans
[...]
» C'est par là que je passerai comme eux ; j'ai bien franchi les Alpes après Annibal, je franchirai bien l'Himalaya après Tamerlan !»
Alexandre Dumas, Le Salut de L'Empire.

Or, lorsque vous appliquez le système moderne, la confusion est totale. Pourtant, plusieurs écrivains se sont penchés sur la question (forcément ^^), et on trouvé une astuce.
C'est la même méthode, que celle étudiée au-dessus: un guillemet fermant, ou ouvrant, pour signaler un retour à ligne dans la tirade et pour marquer la continuité de la parole du personnage et non le retour à la narration.
Comme ceci:
« C'est une belle chose, la destruction des mots. Naturellement, c'est dans les verbes et les adjectifs qu'il y a le plus de déchets, mais il a des centaines de noms dont on peut aussi se débarrasser.
» Pas seulement les synonymes, il y aussi les antonymes. Après tout, quelle raison d'exister y a t-il pour un mot qui n'est que le contraire d'un autre ?
George Orwell, 1984.

Cette méthode est solide: elle n'induit aucun parasite de compréhension puisque le guillemet fermant n'est nullement employé autre part.
Son seul inconvénient, c'est que l'Imprimerie Nationale la considère comme fautive et ne semble parfois pas la reconnaître comme une typologie.

Vous pouvez aussi utiliser les guillemets étrangers, les anglo-saxons par exemple:

  • britannique: (ouvrant) et (fermant)
  • allemand: (ouvrant) et (fermant)
Mais encore une fois, l'Imprimerie Nationale déconseille leur utilisation.

Enfin, il faut veiller aussi à ce que les fameux verbes introducteurs (= "dit-il", "répondit-il" ou encore "il dit :", "il répondit :") soient au même temps que votre narration. Ce seront eux qui rajouteront un peu plus de force aux paroles de vos personnages et feront que le lecteur visualisera davantage la scène.

Exemple:
« Viens manger », murmure Lady Brigthon à son fils aîné.
Ici, est exprimé un sentiment de douceur. La mère n'est pas en position de supériorité et de colère.
« Viens manger ! », hurle Lady Brigthon à son fils aîné.
Là, c'est tout l'inverse. Le gosse se prendra sûrement une bonne raclée. ^^

Conclusion:
Le dialogue est parfois bafoué par les jeunes auteurs. Il doit pourtant faire l'objet d'une attention toute particulière car ils forment les relations entre personnages/lecteurs.
Il doit toujours apporter des informations utiles pour le récit tout en conservant une crédibilité vis à vis de l'histoire. Inutile donc de griller les étapes ou de transgresser les caractères de vos personnages.
Les dialogues sont donc là pour faire transparaître l'état de vos protagonistes: ils sont le reflet de leur nature et de leurs attitudes.


Dernière édition par Pacô le Lun 21 Déc 2009 - 19:05, édité 6 fois

__________________________________
« Choisir est exclure. Que l’Empire soit intégré ou non dans notre société, chaque individu se verra ravi ou vilipendé. Espérons alors que ce choix sera réfléchi avec sagesse et que tous comprendront l’embarras du verdict. »
Sénateur Nixon, bras droit de Terrae.

avatar
Pacô
Admin à la retraite

Masculin Nombre de messages : 16004
Age : 26
Localisation : Clermont-Ferrand
Emploi/loisirs : Etudiant
Votre talent : Écriture
Points : 12756
Date d'inscription : 07/08/2007

http://imperialdream.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  azul le Dim 20 Déc 2009 - 23:15

C'est excellent et très instructif ce cours. Il me semble assez complet, bien qu'il y ait toujours à dire sur les dialogues. J'ai fait quelques annotations parce qu'il y avait des fautes et des erreurs que tu corrigeras. Ou pas, pour certaines, c'est toi qui vois.
Je supprimerai ce message quand tu l'auras fait. Enfin, si on peut supprimer ses posts ; je n'ai pas vérifié si c'était possible.

Pacô a écrit:Cours rédigé à l'aide des précieux conseils de l'auteur Vicki Hinze (Cf: http://www.vickihinze.com/)
____________________


Voilà longtemps que je n'avais pas rédigé un petit cours sur IMPERIALDREAM. Mais aux vues au vu (masculin singulier - après examen, après confrontation) de mes dernières corrections, il y avait un point qu'il me semblait inévitable d'aborder je dis juste ça comme ça, mais il y a une espace avant des deux points. Espace insécable d'ailleurs : les dialogues.
Les dialogues sont les interventions directes de vos personnages dans votre texte et la transpiration de leur caractère. Pour bien accrocher le lecteur, il s'agit de rendre ces dialogues efficaces et ciblés.
Nous axerons ce cours sur trois parties:
I- Pourquoi un dialogue efficace ?
II- Comment adapter les dialogues aux personnages ?
III- Une autre forme de dialogue: la gestuelle
Bonus: Présentation d'un dialogue

___________________________________


I- Pourquoi un dialogue efficace ?
Il me semble obligatoire de débuter ce cours par une explication de l'intérêt de formuler des dialogues efficaces et surtout, d'expliquer ce qu'est cette notion d'"efficacité".

L'on aurait tendance à rendre les dialogues comme le reflet de notre réalité, avec la crédibilité qui suit, sans pour autant tomber dans les banalités de la vie quotidienne. Terrible dilemme auquel se confronte chaque auteur: coller à la crédibilité mais ne pas sombrer dans l'inutile.
En d'autres termes, évitez ceci:
« Bonjour Monsieur Romain.
- Bonjour Madame Gladis
- Beau temps aujourd'hui n'est-ce pas ?
- Effectivement, le soleil brille, c'est agréable.
- Je ne vous le fais pas dire, Madame Gladis. Alors comment vont les enfants ?
etc...

C'est effectivement ce à quoi va répondre ce cours. Comme dit précédemment, le dialogue est l'intervention directe de vos personnages auprès du lecteur. Le narrateur n'est donc plus là pour enjoliver ou dénaturer les propos du protagoniste qui s'adresse directement à votre lectorat.
Le dialogue est là pour remotiver la narration, pour apporter des éléments nouveaux: son efficacité sera vérifiée si, à l'issue de ce dialogue, de nouvelles perspectives s'ouvrent et si le lecteur en a appris davantage aussi bien sur le contexte de l'histoire ou sur le personnage en lui-même.

Mais le dialogue, c'est aussi le moyen de présenter concrètement votre protagoniste. Il découvre son caractère et ses émotions, ses intentions et ses aspirations, et surtout son niveau intellectuel par sa manière de s'exprimer. Pour faire simple, un roi s'exprimera comme un aristocrate, sauf contre-indication dans votre aventure, et sera mal perçu par votre lecteur s'il parle comme un adolescent de quinze ans.

En d'autres termes, le dialogue et donc les paroles des personnages seront des outils qui permettront au lecteur de les cerner et de les identifier. C'est pourquoi un dialogue efficace est avant tout un dialogue où chaque personnage a sa manière de parler.

II- Comment adapter les dialogues aux personnages

a) Tout d'abord, pour reprendre la première partie, essayer de caler les paroles de vos protagonistes sur quelque chose de crédible et de techniquement possible pour votre personnage. Évitez donc:
« J'ai préparé la limousine de Louis XIV.» pas de point à l'intérieur de guillemet et virgule ici informe le valet de chambre.
J'exagère volontairement pour bien pointer du doigt les multiples incohérences qui pullulent parfois dans des textes.

Il faut donc songer à créer des discussions qui colleront à la réalité de votre histoire. Par rapport à l'époque, afin d'annuler toutes formes d'anachronismes, par rapport à la catégorie sociale de votre personnage et même, par rapport à son sexe (même si, là, on peut jouer dessus et éluder ce critère).
Autre critère à respecter: l'énonciation et l'expression. Un aristocrate s'exprimera toujours mieux (= avec des structures syntaxiques plus longues et un vocabulaire d'un registre soutenu) qu'un misérable de la rue au XVIIIème siècle.
Bien sûr, il y a toujours des exceptions, des choses de la narration qui font que nous pouvons transgresser ces règles. Toutefois, il faut penser à bien conserver toujours le même rythme et charme de parole pour chaque personnage: c'est ce qui l'identifiera !
Exemple:
Registre soutenu:
«Misérable ! Sois satisfait ! Madrid vient d'être baigné dans le sang de mes sujets... Que de sang retombe sur ta tête espace ! Qui est responsable, sinon toi qui t'es révolté contre ton père ?»
(Charles IV à son fils Le Salut de l'Empire, Alexandre Dumas.)
Et registre familier:
- Ah espace ! l'animal de Pouillaud espace ! ... Tu sais que, dans sa lettre de ce matin, il m'annonce justement le mariage de Lalubie. Cette vieille rosse de professeur épouse une jolie fille. Mais tu la connais, la fille de Galissard, le mercier, la petite blonde à qui nous allions donner des sérénades espace !
(Sandoz à Claude dans L'Oeuvre , Emile Zola, Les Rougon-Macquart)

b) Suivez ensuite l'état émotionnel de votre personnage, comme dans la réalité.

  • S'il a peur, adoptez un style de phrases courtes et saccadées. Quand on est terrifié, on est sec, on parle par fragments. N'hésitez pas à leur faire employer des verbes plus vigoureux et ne chagrinez pas l'impératif. Le lecteur doit accélérer sa vitesse de lecture, suivre avec vous l'urgence du moment et vivre l'émotion avec son personnage. Pas de place au superficiel, soyez succinct !
  • Si au contraire, il est au coin du feu avec le temps nécessaire pour de longues conversations, laissez-lui le temps de parole espace ; qu'il s'exprime avec profondeur ! C'est le moment, selon sa catégorie sociale et son niveau intellectuel, de le faire parler avec lenteur et dans le registre qui convient à sa carrure. Préférez les phrases longues et sentencieuses aux accrocs brefs. Le lecteur partagera avec lui ses moments de réflexions.
  • S'il est amoureux, faites le poète. Rajoutez de la fantaisie dans ses manières de penser et de parler. Il faut de la légèreté, quelque chose qui suggère ce sentiment passionné.
  • Au contraire, s'il vit un moment grave ou triste, le vocabulaire doit correspondre en conséquence. Un air plus morne, des mots qui conviennent vraiment à la situation etc...
c) Attention, votre personnage doit avoir sa particularité. Il ne faut pas que tous aient les mêmes manières de s'exprimer et tous avec le même esprit. Vous gagnez beaucoup en richesse et votre lecteur pourra mieux s'identifier à l'un ou à l'autre de vos persos. C'est comme ça qu'on découvre les personnages préférés de certains Wink.
L'on peut trouver ça dans l'accent de vos protagonistes. Un snob anglais ou un rebeu des cités de Marseille. Certes, ça rejoint un peu la catégorie sociale, mais c'est aussi une autre identification espace : celui qui parlera avec l'accentuation anglaise et l'autre qui parlera façon jeune ado rebelle. C'est donc une particularité ethnique, régionale ou de générations.
Exemple:
— Ben… j’sais pas. Faut être balèze de la lame pour tailler sans trop esquinter le morceau, non ? Et puis, il est où ce schlass ? Les keufs l’ont cherché jusqu’au fond de la Dourdene. Si ça se trouve, il est retourné au milieu de la bidoche : ni vu ni connu !
(Luc Zac (et merci pour la citation^^) à Vince, Je serai le gardien de tes nuits, Azul)

Autre chose que les mots à utiliser, il y a plus profond espace : il y a les sentiments, les idées à faire passer et les caractères à entretenir.
Qui ne connaît pas j'ai du mal avec la négation. Ce n'est pas plutôt : qui connaît un tel autrement que par ? le Sherlock Holmes de Conan Doyle autrement que par son profond cynisme ? La petite Sophie de la comtesse de Ségur autrement que par sa naïveté ? Julien Sorel de Stendhal autrement que par sa prétention ?
Il faut donc faire transpirer vos dialogues par l'esprit de vos personnages. Bizarre cette construction. Tu l'as importée du site ? Un petit rigolo qui amusera la galerie et qui aura donc un vocabulaire plutôt taquin et osé, un chef de bande qui préférera les paroles graves et sages, une douce demoiselle gentille et un peu trop naïve virgule etc...
Et il ne s'agit pas de jongler trop entre tous ces caractères pour un même personnage, au risque de déboussoler votre lecteur. Toutefois, un personnage peut évoluer et grandir dans sa tête. Mais la nature reste néanmoins la même et ce n'est pas à oublier !

Et enfin, il peut aussi se démarquer par son activité professionnelle en employant un jargon réservé à sa spécialité espace : un médecin avec des termes médicaux, un flic avec son jargon de la police, un aristocrate avec ses deniers et ses terres, un ouvrier mécano et son cambouis, etc... autant de choses qui identifient un personnage et qui le fait cerner par le lecteur.

Un personnage est vraiment identifié à sa manière de parler pour le lecteur. Vous aurez beau écrire trois tartines dans sa description, le véritable effet durable de sa personnalité sera visible lorsqu'il ouvrira la bouche. Il faut donc pas se rater et bien faire passer à travers son dialogue toutes les informations relatives à ce personnage espace :

  • place sociale dans la société que vous avez créée (ou adaptée)
  • époque
  • vocabulaire en liaison avec sa maturité (=son âge)
  • caractère
  • activité professionnelle
Et tout ceci, à replacer dans une petite fiche "personnage" par exemple ! Wink

III- Une autre forme de langage je ne signale plus : la gestuelle
Le dialogue est encore plus fort lorsque les gestes l'accompagnent. Ils renforcent les émotions et les traits de caractère. Et le lecteur n'a pas droit à des paroles brutes, mais aussi à une vision spatiale de la scène, comme si une caméra tournait autour d'eux et qu'il était présent durant leur échange.

Plusieurs moyens permettent ce nouveau type de dialogue:

  • L'expression du visage: tendu, décontracté, les lèvres pincées, les rictus, le sourire aux lèvres, les joues empourprées... tout ce qui dénote de son comportement vis à vis de ce qu'il a à dire. C'est aussi des indices qui prouvent s'il dit la vérité ou non, si ce qu'il va dire le tracasse, s'il éprouve de forts sentiments, s'il est ému virgule etc...
  • L'expression des yeux: surtout lorsque l'auteur souhaite faire entretenir des relations plus intimes à ses personnages, mais pas que ! Georges Rodenbach disait : "Les yeux sont les fenêtres de l'âme." Servez-vous en ! Beaucoup de sentiments transparaissent du regard: par les larmes plus concrètement, par des lueurs étranges, par la façon de regarder tout simplement. Énormément de possibilités au narrateur pour détailler le comportement de son personnage.
  • L'expression de la voix: la voix est un fort indicateur de l'état de votre personnage. Si elle tremble, c'est qu'il n'est pas rassurée rassuré. Si elle rit je dirais plutôt "si elle est rieuse", c'est le contraire, ou cherche à démontrer le contraire ! Si elle est murmurée, c'est pour des mots doux ou de petits secrets. Mais aussi parce qu'elle montre un personnage qui fatigue ou qui souffre. La voix est donc un élément à bien détailler dans votre dialogue. Plusieurs adjectifs disponibles: rauque, enrouée, hautaine, étranglée, dégagée, joyeuse, gaie, triste toujours une virgule avant etc etc...
  • L'expression des mains: si elles gigotent tout le temps, si elles tremblent, si elles jouent avec leurs doigts... beaucoup axés sur le stress. Toutefois, les mains sont aussi les caresses, les petites tapes sur l'épaule mais aussi les coups de poings. Elles ont donc toute leur importance dans ces dialogues de gestes.
  • L'expression des pieds: même chose que les mains, mais exclusivement pour le stress, la timidité et tout le tralala.
  • L'expression du corps: l'ensemble du personnage. Ce peut être un mélange de tous les critères au-dessus, ou alors des tremblements, des attitudes maladives, la pâleur, les gestes saccadés, la rapidité d'exécution, la nonchalance (= lenteur)... qui prouvent beaucoup d'aspect de votre personnage: s'il est de nature éveillée, lente, simplette etc...
Les gestes sont donc des éléments fondamentaux pour comprendre l'expression, les comportement et les réactions de vos personnages. Votre lecteur pourra ainsi mieux cerner les divers protagonistes et, encore une fois, les identifier.

Bonus: Présentation du dialogue.
Lorsqu'il est inséré dans votre narration, le dialogue doit suivre des règles bien spécifiques.
Tout d'abord, il faut sauter une ligne et éventuellement faire un alinéa pour la première parole.

Deux types de ponctuation ce n'est pas de la ponctuation mais de la typographie sont alors acceptés:

  • A (tant que tu y es tu peux accentuer les majuscules) la française: ouverture de guillemets pour la première parole, un tiret à chaque changement de personnage et fermeture des guillemets pour le dernier personnage à parler AVANT le verbe introducteur en sujet inversé ! donne un exemple parce que j'ai eu un blanc là : dit-il.
  • A l'anglo-saxonne: on oublie les guillemets et tout est présenté sous la forme de tiret à chaque prise de parole d'un nouveau personnage.
Toutefois, pour des simples prises de paroles sans réponse d'un interlocuteur, les guillemets sont privilégiés, anglo-saxon ou non. Oui, on privilégie quand même les guillemets français.

Il faut veiller aussi à ce que ces fameux verbes introducteurs soient au même temps que votre narration. Ce seront eux qui rajouteront un peu plus de force aux paroles de vos personnages et feront que le lecteur visualisera davantage la scène. Attends, d'abord je n'appelerais pas ça des verbes introducteurs : ils renseignent plutôt sur qui parle. Ensuite, si tu parles du fameux "dit-il", le dialogue n'est pas forcément au même temps. "Je serai là demain", dit-il. Et tout ça ne me semble pas avoir de rapport avec les exemples ci-dessous. Ou je me berne vue l'heure^^.

Exemple:
«Viens manger.» virgule et pas de point à l'intérieur du guillemet. Le guillemet clos le dialogue mais pas la phrase murmure Lady Brigthon à son fils aîné.
Ici, pas de virgule quand le sujet est inversé est exprimé un sentiment de douceur. La mère n'est pas en position de supériorité et de colère.
«Viens manger !» ah oui, et puis avec les guillemets français il faut une espace (féminin en typo) après le guillemet ouvrant et avant le guillemt fermant hurle Lady Brigthon à son fils aîné.
Là, c'est tout l'inverse. Le gosse se prendra sûrement une bonne raclée. ^^

Conclusion:
Le dialogue est parfois bafoué par les jeunes auteurs. Ils doivent (sujet "le dialogue") pourtant faire l'objet d'une attention toute particulière car ils forment les relations entre personnages/lecteurs.
Ils doivent toujours apporter des informations utiles pour le récit tout en conservant une crédibilité vis à vis de l'histoire. Inutile donc de griller les étapes ou de transgresser les caractères de vos personnages.
Les dialogues sont donc là pour faire transparaître l'état de vos protagonistes: ils sont le reflet de leur nature et de leurs attitudes.
avatar
azul
Talent Suprême
Talent Suprême

Féminin Nombre de messages : 1557
Age : 60
Localisation : Lot et Garonne
Votre talent : Écriture
Points : 1556
Date d'inscription : 19/11/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  Pacô le Lun 21 Déc 2009 - 16:53

Tu devrais nous rédiger un cour sur la typo, chère azul. Ou me faire les grandes lignes pour que je le rédige si tu ne veux pas Wink.

Non, tout le cours est de moi. Je me suis juste appuyé sur l'auteur qui avait donné quelques conseils pour confirmer ce que j'allais dire. Donc les tournures maladroites aussi sont de moi (mais je garde le "transpirer", c'est une expression qui veut très bien dire ce qu'elle veut dire, NA ! Razz)

Et autre chose, tu es sûr que c'est Zac qui dit ça ? Parce que j'ai pioché ta citation dans le chapitre où Luc s'incruste chez Vince (vince qui est a poil sous sa serviette) pour s'excuser et parler de Miss Zapping. Il me semblait pas que Zac faisait partie de la conversation. Rolling Eyes

Et on laisse ta correction: ça montre que je ne suis pas parfait .

__________________________________
« Choisir est exclure. Que l’Empire soit intégré ou non dans notre société, chaque individu se verra ravi ou vilipendé. Espérons alors que ce choix sera réfléchi avec sagesse et que tous comprendront l’embarras du verdict. »
Sénateur Nixon, bras droit de Terrae.

avatar
Pacô
Admin à la retraite

Masculin Nombre de messages : 16004
Age : 26
Localisation : Clermont-Ferrand
Emploi/loisirs : Etudiant
Votre talent : Écriture
Points : 12756
Date d'inscription : 07/08/2007

http://imperialdream.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  Liven d'Eleissen le Lun 21 Déc 2009 - 17:06

Je suis entièrement d'accord avec ton cours... j'ai toujours du mal avec les dialogues, sans doute parce que je ne suis pas très bavarde au naturel.
Par contre, je voulais rectifier un truc: à l'anglo-saxonne, au contraire, on met systématiquement les guillemets en début et fin de phrase. C'est ainsi dans tous les livres anglais que je possède, on ferme également au début de l'incise, même si le personnage continue de parler ensuite.
"Blablabla" said Harry. "bla blabla"
"It's our choices that show what we truly are, Harry" answered Dumby.

Peut-être qu'il n'y a que les tirets en mode américain, mais je ne suis pas sûre, il faudra que je revérifie.

__________________________________

*from my book

+Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime.
+L'écrivain original n'est pas celui qui n'imite personne mais celui que personne ne peut imiter.

+Je déplace ton pion sur ce maudit échiquier. Prends garde à la Reine. Elle te prendra et t'emportera dans cet empire de décadence. Le Fou veille. Le Cavalier te regarde.Échec et mat, trésor. [By a friend, Elilah]
avatar
Liven d'Eleissen
Talent Suprême
Talent Suprême

Féminin Nombre de messages : 1865
Age : 27
Localisation : Over the stars, in my dreams...
Emploi/loisirs : Khâgne Lettres Modernes
Votre talent : Écriture
Points : 1766
Date d'inscription : 11/11/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  azul le Lun 21 Déc 2009 - 18:12

Tu devrais nous rédiger un cour sur la typo, chère azul. Ou me faire les grandes lignes pour que je le rédige si tu ne veux pas
Euh... oui, on verra. Je ne suis pas sûre de tout maîtriser, mais avec la floppée de bouquins que je possède et le net, on doit pouvoir concocter quelque chose d'honorable.
Par contre, je voulais rectifier un truc: à l'anglo-saxonne, au contraire, on met systématiquement les guillemets en début et fin de phrase. C'est ainsi dans tous les livres anglais que je possède, on ferme également au début de l'incise, même si le personnage continue de parler ensuite.
"Blablabla" said Harry. "bla blabla"
"Blablabla" said Harry. "bla blabla" On ferme au début de l'incise et on reouvre après ? Ça n'existe effectivement pas en français. Dans cette phrase on dirait : "Blablabla, said Harry. Blablabla." ou : "Blablabla", said Harry.
Je ne connais pas la typo anglaise. Ce que je sais, c'est que le tiret long est employé de nos jours par la plupart des romanciers, même si ce n'est pas si catholique que ça d'amputer les guillemets. C'est une question de commodité peut-être, une simplification. Pour moi, c'est l'occasion d'utiliser les guillemets ailleurs.
je garde le "transpirer", c'est une expression qui veut très bien dire ce qu'elle veut dire
Ton verbe est bien choisi, c'est la construction de la phrase qui me turlupine. (Décidemment, toi et moi, qu'est-ce qu'on peut se turlupiner^^)

Il faut donc faire transpirer vos dialogues par l'esprit de vos personnages.
Ce sont les dialogues qui transpirent. Ok. Par l'esprit de vos personnages ? Là, je n'ai plus d'image, le réseau est brouillé. C'est l'esprit des personnages qui fait transpirer le dialogues, je crois que c'est ce que tu veux dire. "Il faut faire transpirer vos dialogues à travers l'esprit de vos personnages " ? 'L'esprit de vos personnages doit transpirer dans vos dialogues" ?
Et autre chose, tu es sûr que c'est Zac qui dit ça ? Parce que j'ai pioché ta citation dans le chapitre où Luc s'incruste chez Vince (vince qui est a poil sous sa serviette) pour s'excuser et parler de Miss Zapping. Il me semblait pas que Zac faisait partie de la conversation
Nan nan, Luc chez Vince à poil sous sa serviette, c'est sans Zac, mais ils parlent de lui à la fin de la conversation, oui. Le passage que tu cites est chapitre VI : Zac est venu voir Vince au garage, et ils parlent dans le vestiaire.
Et on laisse ta correction: ça montre que je ne suis pas parfait
Ben moi non plus, c'est pour ça que tu peux toujours l'enlever une fois corrigé.
En tout cas bravo ! tu as bien bossé Wink
avatar
azul
Talent Suprême
Talent Suprême

Féminin Nombre de messages : 1557
Age : 60
Localisation : Lot et Garonne
Votre talent : Écriture
Points : 1556
Date d'inscription : 19/11/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  MrSonge le Lun 21 Déc 2009 - 18:19

Il faut donc faire transpirer vos dialogues par l'esprit de vos personnages.
Ce sont les dialogues qui transpirent. Ok. Par l'esprit de vos personnages ? Là, je n'ai plus d'image, le réseau est brouillé. C'est l'esprit des personnages qui fait transpirer le dialogues, je crois que c'est ce que tu veux dire. "Il faut faire transpirer vos dialogues à travers l'esprit de vos personnages " ? 'L'esprit de vos personnages doit transpirer dans vos dialogues" ?

"Il faut donc faire transpirer dans vos dialogues l'esprit de vos personnages", non ?
En gros, ta dernière proposition, azul, me semble la bonne, sinon, je vois mal la chose, parce qu'un dialogue qui est transpiré à travers un esprit, là, je lâche. xD

__________________________________
"Dans un roman, on doit retrouver l'univers de l'écrivain du début à la fin, dans une seule phrase, la première venue."
(M-E Nabe)

"C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible.."
(G. Flaubert)
avatar
MrSonge
Très Haut Guide Spirituel
Très Haut Guide Spirituel

Masculin Nombre de messages : 6242
Age : 26
Emploi/loisirs : Etudiant en Lettres, 2ème année, Français & Philosophie
Votre talent : Écriture
Points : 6232
Date d'inscription : 16/10/2008

http://amicusveritatis.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  Pacô le Lun 21 Déc 2009 - 18:20

Tu as raison Liven, je me suis renseigné auprès de ma chère et tendre maman, auprès d'un bouquin type "prof'" et auprès d'un site qui est spécialement fait pour la typographie.

J'ai donc modifié le cours en conséquence (ce qui du coup l'a encore plus enrichi parce que j'ai appris des choses que je ne savais pas Razz).
Les citations, c'est pour le fun, mais j'aime faire découvrir des bouquins à travers mes cours Wink.

Et pour confirmer, Stendhal, bon français qui effleurait l'Italie, utilise les tirets longs pour ses dialogues.
En fait, c'est une lutte entre école classique ou école moderne. Les éditeurs du XIXème avait mis en place les guillemets, mais très vite, les auteurs de l'époque ont contesté (comme à chaque fois qu'une institution publique décide d'uniformiser un truc littéraire en gros ^^) et ont créé leur propre manière de rédiger les dialogues. Dont Stendhal donc Wink.

Là je pense qu'il est un peu plus complet.
Les rédactions anglo-saxonnes n'existent quasiment plus à l'heure actuelle puisque les éditeurs de là-bas se sont mis à la mode française, la jugeant beaucoup plus compréhensible, qu'importe l'école choisie Smile.

Okay, je remplace pour Zac.
Je modifie aussi pour la transpiration là.

Et si tu as rien qu'un broullon de cours, envoie-le moi, j'essaierai d'étoffer un peu, de rédiger mieux et pis de poster Smile.
Merci pour votre contribution !

__________________________________
« Choisir est exclure. Que l’Empire soit intégré ou non dans notre société, chaque individu se verra ravi ou vilipendé. Espérons alors que ce choix sera réfléchi avec sagesse et que tous comprendront l’embarras du verdict. »
Sénateur Nixon, bras droit de Terrae.

avatar
Pacô
Admin à la retraite

Masculin Nombre de messages : 16004
Age : 26
Localisation : Clermont-Ferrand
Emploi/loisirs : Etudiant
Votre talent : Écriture
Points : 12756
Date d'inscription : 07/08/2007

http://imperialdream.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  azul le Lun 21 Déc 2009 - 18:46

Cette méthode est solide: elle n'induit aucun parasite de compréhension puisque le guillemet fermant n'est nullement employé autre part.
Son seul inconvénient, c'est que l'Imprimerie Nationale la considère comme fautive et ne semble parfois pas la reconnaître comme une typologie.
Exact, c'est ce que j'allais te dire ; les guillemets ouvrants sont normalement utilisés dans les alinéa de citations. Jouette le dit aussi, mais s'aligne sans doute sur l'Imprimerie Nationale.

Quant aux guillemets anglais, ils sont à utiliser avec parcimonie et seulement, si possible, dans les citations de deuxième rang (ce que ne préconise pas l'Imprimerie Nationale). Exemple : « Ne voudriez-vous pas nous chanter "Les Feuilles mortes" ? »
avatar
azul
Talent Suprême
Talent Suprême

Féminin Nombre de messages : 1557
Age : 60
Localisation : Lot et Garonne
Votre talent : Écriture
Points : 1556
Date d'inscription : 19/11/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  MrSonge le Lun 21 Déc 2009 - 19:00

Dont Stendhal donc.

De loin pas que lui, d'ailleurs. Hugo et Flaubert non plus. D'ailleurs je ne connais en fait que très peu d'auteurs du XIXe qui ont usé d'autre chose que des tirets longs.

__________________________________
"Dans un roman, on doit retrouver l'univers de l'écrivain du début à la fin, dans une seule phrase, la première venue."
(M-E Nabe)

"C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible.."
(G. Flaubert)
avatar
MrSonge
Très Haut Guide Spirituel
Très Haut Guide Spirituel

Masculin Nombre de messages : 6242
Age : 26
Emploi/loisirs : Etudiant en Lettres, 2ème année, Français & Philosophie
Votre talent : Écriture
Points : 6232
Date d'inscription : 16/10/2008

http://amicusveritatis.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les dialogues: éléments utiles lors de la narration !

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum