Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

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Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Sam 16 Fév 2013 - 20:57

Ce texte a été écrit en 2 heures pour le premier jet, puis remanié 4 ou 5 fois. En l'état, il est encore perfectible, un texte est toujours perfectible ! Mais je vous laisse le désosser et jeter un oeil à la mécanique. Je connais certaines de ses qualités, et certains de ses défauts, mais je ne doute pas que vous saurez pointer du doigt des détails qui m'auront échappé ! A vos claviers
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  MémoireDuTemps le Mer 20 Fév 2013 - 19:13

J'ai jeté un regard rapide (ben oui... j'ai faim et dès que mon H est plus au tel...)...
Je te lirai en 2 fois, il assez long.
Ma prem' impression, un peu (mais pas beaucoup) à revoir bien sûr, mais c'est bien écrit !

à plus ☺

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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  globule le Jeu 28 Fév 2013 - 12:41

Bonjour!
Effectivement c'est bien écrit, fluide, et assez enlevé.
Personnellement j'ai pris plaisir à lire ton texte, qui est très abouti.
L'histoire est accrocheuse, on pense qu'il s'agit de Patrick dans cette caisse donc le suspense reste entier jusqu'au bout (ce qui pour moi est capital dans une nouvelle: la chute est bien !)

Quelques problèmes de mise en forme, en fait je ne sais pas si c'est un vrai problème ou si ça se fait: en général moi je mets à la ligne pour la description qui suit une réplique; mais peut-être est-ce seulement dû à la mise en page sur le forum:

— En bas de la page... indiqua le livreur, présentant un support cartonné à sa cliente. A la ligne? Malgré ses œillades répétées vers le décolleté d'Annabelle, il s'efforçait de faire son boulot correctement. Une fois la
signature collectée, il se pencha au dessus de la rambarde d'escalier et appela :

— C'est bon les gars, vous pouvez monter la caisse !
— La caisse ? s'étonna Annabelle. A la ligne? Elle espérait un bouquet de fleurs, un colis, mais une caisse ?

Quelques répétitions et "petites facilités" sur lesquelles on bute, justement parce que le reste du texte est parfait (oui je sais c'est vraiment du chipotage...)


Annabelle était furieuse et embarrassée. A tout hasard, elle retourna l'enveloppe de papier kraft au-dessus de sa paume déployée. Une petite clé métallique tomba dans sa main.

A tous les coups, ouvrir ce « cadeau » s'avèrerait être une mauvaise idée. Laurent n'avait jamais été mauvais avec elle, mais elle l'avait toujours (jamais puis toujours: trop facile) soupçonné de ne pas être tout à fait normal. Beaucoup de "tout", ça alourdit.


Retour dans le salon. La caisse la narguait par sa simple présence. Annabelle vérifia le répertoire de son téléphone : Laurent y figurait toujours. Non pas qu'elle eût jamais éprouvé le désir de le rappeler, mais il ne lui avait jamais donné de raison de supprimer son numéro. (beaucoup de jamais/toujours..)

Voilà, je n'ai pas regardé très en détail car je suis prise par le temps en ce moment, mais promis j'y jetterai un coup d’œil dès que possible.
En tous cas j'aime bien ton style, efficace et concis, sans longues phrases pompeuses, avec ce mélange langage oral/langage plus "écrit".
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Jeu 28 Fév 2013 - 23:25

Merci pour ces remarques pertinentes Smile
Pour le saut à la ligne, c'est la première fois qu'on me fait la remarque... Je ne suis pas certain qu'il y ait de conventions à ce sujet, je réfléchis plus dans la continuité du paragraphe... Grosso modo, si l'action s'enchaîne après le dialogue de façon logique, je ne vois pas la nécessité d'un retour à la ligne. A voir.

Très bonne remarque sur le "toujours/jamais".
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Pacô le Ven 1 Mar 2013 - 9:23

Histoire d'ajouter mon petit grain de sel à la remarque de globule, il me semble que si tu adoptes la logique anglo-saxonne de ponctuation des dialogues (c'est-à-dire les tirets quadratins) tu dois revenir à la ligne dès que le passage du dialogue est terminé. Hormis pour les incises verbales et adverbiales du dialogue (dit-il, répondit-il etc.) De plus, à la fois en tant que convention, ce serait peut-être aussi tout simplement du bon sens, parce qu'il est plus simple de faire le contraste entre le dialogue et la partie narrative si tu sautes une ligne. Tu évites les confusions de lecture ; et parfois j'en ai eu dans les dialogues des livreurs : le moment où tu commences à lire la phrase en croyant que c'est la suite de la parole du personnage, alors qu'il s'agit de la reprise de la narration.
C'est toutefois une indication à vérifier dans un manuel ou directement auprès de l'Académie française - qui s'avère être étonnamment réactive quand tu lui poses une question par e-mail Smile.

Ceci dit, j'ai moi-même lu plus en détail ta nouvelle, et m'en suis trouvé très satisfait.
Je commence par un petit relevé basique au fil de ma lecture :
Spoiler:
et résista à l'envie de s'octroyer une cigarette.
=> je trouve le verbe "octroyer" ici un peu trop fort pour la situation

Une fois la signature collectée,
=> de même pour "collectée" ici, il me paraît mal adapté. Suggestion : "Une fois la signature aposée/griffonnée".

A tout hasard, elle retourna l'enveloppe de papier kraft
=> accent sur le A

A tous les coups, ouvrir ce « cadeau » s'avèrerait être une mauvaise idée. Laurent n'avait jamais été mauvais avec elle, mais elle l'avait toujours soupçonné de ne pas être tout à fait normal. Il avait parfois des réactions bizarres. Par exemple, il lui était arrivé de bouder à la suite de remarques sans importance, comme un môme. Il n'était pas méchant, non, et il s'était avéré être un amant tendre et respectueux
=> accent sur le A
=> répétition de "avérer"

A l'intérieur, une grosse bouteille,
=> accent sur le A

Dans l'ensemble, j'ai vraiment apprécié ma lecture. Le texte est prenant dès les premiers paragraphes, notamment parce qu'il se laisse aller dans la découverte de la femme un brin aguicheuse. Tu marques tout de suite les lieux et identifie le contexte : c'est ce qui "attrape" le lecteur.
Joli coup de plume ! Smile

Dans le détail, je dirais parfois que tu as tendance à mal présenter ton texte, au niveau de la ponctuation. Ce qui embarrasse la lecture et nuit parfois - légèrement cependant, et c'est vraiment pour chercher la petite bête - à la compréhension.
Je prends cet exemple :
Moulée dans sa petite robe bleue à paillettes, le décolleté pigeonnant mis en valeur à l'aide d'un push-up, les bas noirs surlignant le galbe de ses jambes fuselées, elle était à croquer.
La syntaxe est correcte : mais par rapport au style "énergique" et plutôt "simple" dans la lecture, cette phrase dépareille. Elle s'étend en longueur, et si ce n'est pas pour me déplaire à l'accoutumée, elle fait contraste avec l'environnement syntaxique du reste de la prose.
C'est léger, certes, mais il n'est pas non plus très facile de faire des critiques négatives tongue.

Je n'ai pas été particulièrement dérangé par l'accumulation de "toujours/jamais", puisque je l'ai découvert avec le commentaire de globule. Ceci dit, le texte laisse parfois à penser qu'une certaine redondance subsiste, sans savoir où et la définir exactement. Peut-être ce qu'a souligné globule est un premier élément de réponse... Wink

Enfin, pour le fond en lui-même, j'ai aimé la chute même si je l'ai un peu sentie venir. J'ai aussi cru au début qu'il s'agissait de Patrick dans la boîte, puis quand il est apparu dans l'histoire, j'ai compris qu'il s'agissait certainement de Laurent lui-même. Ou du moins, d'un cadavre de l'un de ses anciens amants.
Par contre, j'imaginais plus une grosse bouteille de verre, remplie de formol, avec un cadavre flottant dedans. Comme on fait pour les serpents dans les laboratoires. Je pense que c'est le "glouglou" qui m'a induit en erreur ^^".

Par contre, j'avouerai qu'une petite incompréhension demeure : si Laurent cherchait juste à s'exposer, cadavre exhibé dans le salon de sa belle juste pour lui prouver "son amour fou et morbide"... à quoi servent les photos prises à son insu ? A prouver qu'il savait pour Patrick et qu'il se suicidait par jalousie ?
Je n'ai pas bien saisi le lien, les photos étant par habitude plus un moyen de chantage que de preuve d'amour.

En conclusion, j'ai vraiment aimé te lire. Et je serais très curieux de découvrir d'autres textes de ta plume ! Smile

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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Ven 1 Mar 2013 - 10:51

Merci de ces critiques utiles. Je les note et les garde sous le coude Je suis publié sur le net et j ai une page facebook, mais je romprais la charte si je les citais ici cela dit, avec mon pseudo, ce ne devrait pas être difficile à trouver Wink

Quand à ta question sur l'attitude de Laurent, on peut supposer qu'il a commencé à suivre son ex avec un certain désir pervers de la reconquérir, on peut imaginer sa déception quand il l'a vue dans les bras d'un autre homme. En bon manipulateur, il a donc tenté de lui faire ressentir un maximum de culpabilité. Ces photos, c'et un peu "la cerise avant le gâteau".
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Re/

Message  nayladream le Ven 1 Mar 2013 - 11:14

J'ai bien accroché ton texte, et je trouve qu'il est bien construit. Je me suis tâté à lire quelques lignes seulement, mais une phrase en amène une autre et j'ai bien aimé la suite. Bien entendu, je te donne un avis subjectif de mon point de vue, puisque je ne suis pas assez expérimenté pour relever les petites bêtes de ton texte. J'aime beaucoup ton écriture, elle est accessible et coule toute seule Laughing Bonne continuation pour tes travaux
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Ven 1 Mar 2013 - 11:26

Pour un auteur, aucun avis n'est "négligeable" Smile . J'écris des textes "populaires" fondés avant tout sur le besoin de divertir. Tu représentes donc une majorité de mon lectorat potentiel, ceux qui aiment lire sans se soucier de savoir comment cela fonctionne. On peut adorer le train fantôme ou les montagnes russes, sans rien connaître de la réalité économique et professionnelle du forain. Je tente toujours de rendre mon texte "accrocheur", de donner envie à mon lecteur de me lire. Il y a différents moyens pour cela, choquer, faire rire, charmer, angoisser... Si tu me dis que tu as accroché, je considère cela comme un compliment et un encouragement.
J'avoue cependant que pour les bêta-lectures, j'ai tendance à choisir mes lecteurs parmi un panel de gens maîtrisant un minimum la langue française et capable de rendre un avis constructif, en bref, de voir et de comprendre les rouages de la machine, pour des raisons évidentes : si n'importe qui peut conduire une voiture, il faut des notions de mécanique pour savoir améliorer ses performances...
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Pacô le Ven 1 Mar 2013 - 15:01

Shangry a écrit:Merci de ces critiques utiles. Je les note et les garde sous le coude Je suis publié sur le net et j ai une page facebook, mais je romprais la charte si je les citais ici cela dit, avec mon pseudo, ce ne devrait pas être difficile à trouver Wink
Ah cette fameuse charte, qu'est-ce qu'elle est contraignante ! On se demanderait presque qui est-ce qui serait assez tordue pour l'avoir écrite tongue.
Mais au moins ça prouve que tu l'as lue Laughing.
Je dirais simplement que cette règle est surtout là pour éviter les inscriptions à simple but publicitaire ; si tu nous pointes un lien URL sur une page perso, mais que tu participes à l'énergie et au dynamisme du forum... je pense qu'on pourra t'éviter le pal Twisted Evil.

J'ai bien compris que les photos étaient là pour embarrasser un peu plus la demoiselle. Cependant, je trouve que dans la logique d'un psychopathe, les photographies de capture d'instants privés sont surtout employées pour engager le receveur de ces photos dans une voie spécifique. Quelque chose pour le perdre, pour le faire bouger, pour faire monter la sauce - enfin la pression - pour pousser sa victime à effectuer quelque chose.
Si c'est pour simplement embarrasser, je pense que - en tant que psychopathe amateur ^^ - j'aurais cherché un autre moyen.
Mais c'était ma petite analyse psychologique du jour.

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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  MémoireDuTemps le Lun 11 Mar 2013 - 14:33

Shangry a écrit:
Spoiler:
en rouge : faute en vert j'♥ en orange répétition et en bleu commentaires
Le romantisme n'est pas mort, il est juste mal en point.

Elle était rentrée plus tôt de son travail, avait passé une bonne heure heure dans la salle de bains, une autre dans sa chambre. Annabelle détailla son reflet dans le miroir d'un œil critique. Un seul mot lui vint en tête : perfection. Moulée dans sa petite robe bleue à paillettes, le décolleté pigeonnant mis en valeur à l'aide d'un push-up, les bas noirs
surlignant le galbe de ses jambes fuselées, elle était à croquer. Sa rousse chevelure je trouve que ça accroche un peu était parfaitement agencée. En un mot comme en cent, elle était éblouissante, mieux : elle se sentait désirable comme jamais.


Tout cela pour un seul homme : le beau Patrick. Annabelle sourit à la pensée de tous ceux qui allaient se retourner sur son passage et jalouser l'homme à son bras. Et non messieurs, ce joli petit lot, vous pouvez mater, mais pas toucher ♥, c'est réservé. Elle n'avait rien d'une aguicheuse, mais sentir la jalousie des hommes avait toujours un je-ne-sais-quoi d'excitant, surtout quand elle était au bras de son Patrick. Sans parler des femmes qui se sentaient moches à coté d'elle. Annabelle était jolie, elle avait un beau mec, il y avait de quoi déclencher les cancans et alimenter la jalousie légitime de certaines... Ces pensées n'étaient certes pas très charitables, mais c'était le jour de la Saint Valentin, pas celui de Noël. La modestie se devait de rester au vestiaire. ce second paragraphe est à la fois original (le côté "mater mais pas toucher" qui me fait penser au duo génial Elli et Jacno) mais le reste est un peu simpliste avec tous ces "avoir" et "être" conjugués tout seul, faut les marier un peu, non ?

Plus que prête, Annabelle s'assit sur son lit aux draps changés de frais et légèrement parfumés, point de chute obligé de cette soirée. Elle vérifia la présence de préservatifs et de lubrifiant dans la table basse. Ce soir, tout se devait d'être parfait. Elle connaissait Patrick depuis Décembre pas de majuscule.

Bien sûr, ils avaient déjà couché ensemble, mais ce soir, c'était spécial : leur premier vrai rendez-vous romantique. Elle s'en faisait toute une fête.

Elle posa son téléphone près d'elle, et résista à l'envie de s'octroyer une cigarette. Pas d'haleine au tabac pour le dîner. Elle n'avait plus qu'à attendre la venue de son prince charmant, qui se faisait désirer. Il aurait dû être là depuis cinq bonnes minutes.

On sonna à la porte. Annabelle se leva d'un bond, traversa l'appartement en criant « j'arrive ! » et ouvrit grand la porte, prête à embrasser l'homme qui se tenait devant l'entrée. Elle parvint de justesse à ne pas sauter au cou du livreur ♥ qui venait d'actionner la sonnette.


— Mademoiselle Merlot ? hasarda l'homme en uniforme et casquette gris. Une livraison pour vous en express.

Annabelle resta coite une minute, puis comprit. Un large sourire illumina son visage. Le livreur la détaillait comme un morceau de viande emballé dans une robe bleue à 300 euros, mais elle le remarqua à peine. De même, elle ne remarqua ni sa barbe mal rasée, ni son accent étranger. Patrick lui avait envoyé un cadeau et c'était la seule chose qui importait.
— C'est moi ! Où est-ce que je signe ?
— En bas de la page... indiqua le livreur, présentant un support cartonné à sa cliente. Pourquoi pas de retour à la ligne ? Malgré ses oeillades répétées vers le décolleté d'Annabelle, il s'efforçait de faire son boulot correctement. Une fois la signature collectée, il se pencha au dessus de la rambarde d'escalier et appela :
— C'est bon les gars, vous pouvez monter la caisse !
— La caisse ? s'étonna Annabelle. Elle espérait un bouquet de fleurs, un colis, mais une caisse ?
Cinq minutes plus tard, Annabelle se retrouvait seule avec une caisse les deux premiers "caisse" sont en dialogue, ça passe donc, faut-il en ajouter un troisième après ? de un mètre cinquante de haut par un mètre de côté dans son salon. Les livreurs avaient sué sang et eau pour amener la cargaison dans l'appartement sans jamais incliner leur fardeau.
Le haut et le bas étaient clairement indiqués. Il y avait une face avant et une face arrière. C'était lourd et encombrant. Une statue, peut-être ? Annabelle attrapa l'enveloppe de papier brun agrafée sur la caisse et la décacheta. Elle ne put contenir un nouveau sourire en découvrant que le papier avait été parfumé.

« Annabelle,
Je te fais parvenir l'expression de mes sentiments les plus doux, et les plus fous aussi. Sans rancune, espèce de salope allumeuse.
Laurent. »

Le sourire d'Annabelle se figea. Laurent. Son ex. Un gentil garçon, mais elle n'avait pas accroché. Trop timide, trop lèche-bottes. Ils avaient rompu après 2 mois, sans heurts, du moins le croyait-elle. Cette lettre semblait prouver le contraire. Le salaud ! Il tentait de lui gâcher sa Saint-Valentin, et il avait sans doute déjà réussi !

Mais quel trou du cul ! jura la belle, démolissant instantanément son image de femme fatale.

Annabelle se précipita dans l'escalier pour appeler les livreurs, mais ils n'étaient pourquoi ne pas remplacé par un autre verbe ce verbe être ? déjà plus là. Il était hors de question de leur courir après. La jeune femme revint donc dans l'appartement, et observa la caisse. Ce n'était pas un emballage classique. Les 4 panneaux de bois formant les côtés de la boîte étaient reliés au socle par des charnières. Des cornières de caoutchouc assuraient une étanchéité relative. Un couvercle usiné muni d'une serrure maintenait l'ensemble fermé. Impossible de deviner ce qui se trouvait à l'intérieur.

Annabelle était furieuse et embarrassée. A accent des majuscules À tout hasard, elle retourna l'enveloppe de papier kraft au-dessus de sa paume déployée. Une petite clé métallique tomba dans sa main.

A accent des majuscules À tous les coups, ouvrir ce « cadeau » s'avèrerait être une mauvaise idée. Laurent n'avait jamais été mauvais avec elle, mais elle l'avait toujours soupçonné de ne pas être tout à fait normal. Il avait parfois des réactions bizarres. Par exemple, il lui était arrivé de bouder à la suite de remarques sans importance, comme un môme. Il n'était pas méchant, non, et il s'était avéré être un amant tendre et respectueux, un peu trop même. Simplement, on ne savait jamais ce qu'il pensait vraiment. Il ne s'ouvrait pas aux autres. Ce mystère avait plu à Annabelle au départ, avant de
devenir lassant.


La jeune femme retourna dans la chambre et récupéra son téléphone. Patrick n'avait toujours pas appelé. Étrange.
Elle composa son numéro, tomba sur un répondeur sans même entendre les quelques sonneries d'usage.

— Merde.
Retour dans le salon. La caisse la narguait par sa simple présence. Annabelle vérifia le répertoire de son téléphone : Laurent y figurait toujours. Non pas qu'elle eût jamais éprouvé le désir de le rappeler, mais il ne lui avait jamais donné de raison de supprimer son numéro.
Jusqu'à ce jour.
Elle pressa la touche entrée de son téléphone d'un geste résolu. S'il voulait jouer, et bien on allait jouer.
— Bonjour, vous êtes sur la messagerie de Laurent, je suis absent.
Un bip. Du Laurent tout craché, même son annonce était dépourvue de toute fioriture.Annabelle laissa un message :
— Laurent, c'est Annabelle. Bon, c'est quoi ce délire là, d'où tu m'envoies des cadeaux pour la Saint-Valentin ?
On n'est plus ensemble, je te rappelle ! Alors tu passeras récupérer ta caisse, t'es gentil, et après, je veux plus te voir !


Elle raccrocha, adressa un regard de reproche à la caisse et la frappa du plat de la main. Un son creux résonna dans
le salon, suivi d'une sorte de clapotement. Étrange.

Le téléphone vibra dans sa main. Par réflexe, Annabelle avait déjà porté l'appareil à son oreille, sans vérifier qui appelait.
— Allo ?
Le silence seul lui répondit. Annabelle en profita pour frapper de nouveau la caisse, du plat de la main.
Mêmes sons de glouglou parfaitement audibles Pourquoi au pluriel (au vu de la complexité d’un son quelconque, il faudrait donc toujours le mettre au pluriel sauf les fréquences pures) ?. Au téléphone, pas âme qui vive.

— Allo ? Qui est là ?
Annabelle vérifia le numéro de son interlocuteur : masqué, bien entendu. Elle écouta de nouveau. Un déclic se fit entendre, précédant une voix à l'amabilité surjouée :
— Mademoiselle Merlot ? Ici Anne Dufranc, de la nouvelle société de téléphonie mobile Instacall. Je voulais vous proposer...
Dans un soupir rageur, Annabelle coupa la communication et reporta son attention sur la caisse. A accent des majuscules À l'intérieur, une grosse bouteille, ou quelque chose contenant du liquide attendait son heure...
On sonna de nouveau à la porte. Sans doute Patrick. Annabelle se hâta et fut déçue. Un autre livreur, porteur d'une modeste enveloppe, se tenait devant elle. Comme le précédent, il détailla la jeune femme morceau par morceau.
— Mademoiselle Merlot ? J'ai un paquet pour vous.
— Mais enfin, vous ne pouvez pas livrer dans la journée ? Vous dérangez toujours les gens à 7 heures du soir ?
— Livraison spéciale, mademoiselle... Le client a indiqué l'heure.
— Qui est l'expéditeur ?
— Un certain monsieur Thomassin, précisa le livreur après une rapide consultation de son bon de livraison. Vous pouvez refuser...
— C'est bon, je le prends !
Thomassin était le nom de famille de Patrick.
Le livreur et la destinataire échangèrent signature et colis. De retour chez elle, la jeune femme ouvrit l'enveloppe qui contenait des photos, des dizaines de photos. Annabelle figurait sur nombre d'entre elles. Patrick
figurait sur d'autres. Sur quelques-unes encore ils apparaissaient ensemble, photographiés à leur insu dans la rue, à la terrasse d'un café. Les derniers clichés avaient été pris dans l'appartement
d'Annabelle, ou plutôt par la baie vitrée, au téléobjectif. On y voyait les deux amants s'étreindre fougueusement sur le canapé du salon. Au marqueur rouge, on avait ajouté la mention « salope ». L'écriture était celle de Laurent.
Annabelle sentit une vague de frissons la parcourir. Elle avait envie de vomir, et sa bonne humeur avait plié bagage pour de bon. Un malade.
Laurent était un malade et il savait pour Patrick. Il la suivait depuis des
mois, il l'espionnait, il prenait des photos. Ce soir, il se vengeait.
Qu'est-ce qu'il y avait dans cette caisse ? Qu'est-ce qu'il y avait dans cette putain de caisse qui glougloutait quand on la frappait ? ♥


Annabelle eut soudain peur, très peur. Et si c'était une bombe, ou quelque chose du genre ? Voire quelque chose
de pire encore ? Il fallait qu'elle appelle les flics, cela devenait urgent. Et il fallait qu'elle contacte Patrick, il fallait qu'elle sache s'il allait bien là ces répétitions de fallait ne me gênent pas. Cela lui paraissait soudain d'une importance vitale.


Pour la troisième fois de cette étrange soirée, on sonna à la porte. Annabelle hésita, posa le jeu de photos sur la table basse. Un autre livreur ? Un officier de police ? Laurent lui-même, peut-être, un couteau à la main ? Pourquoi pas, s'il était vraiment aussi cinglé qu'il y paraissait ?
— Annabelle ? C'est moi, ouvre, je suis désolé, mon téléphone avait plus de batteries !
Patrick Thomassin eut la surprise de voir sa dulcinée ouvrir la porte et lui sauter au cou telle une furie, son rimmel coulant en rigoles sur ses joues fardées. Il fallut cinq bonnes minutes à l'homme pour la calmer et comprendre
ce qu'il s'était passé. Les deux amants tombèrent d'accord sur un point : il fallait prévenir la police.


— Mais d'abord, on va voir ce qu'il y a dans cette caisse, proposa Patrick.
— Non ! Si c'est un coup de ce tordu, j'ai même pas envie de savoir ce que c'est !
— Ok. On appelle simplement la police alors.
Ce qu'ils firent dans l'instant. On les informa qu'une patrouille se déplacerait bientôt à leur domicile.
Leur Saint-Valentin étant irrémédiablement fichue, Annabelle et Patrick restèrent sur le sofa, enlacés, en présence de la caisse silencieuse, jusqu'au moment où Annabelle s'agita dans les bras de son homme, qui s'inquiéta aussitôt.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Je me sens pas bien. Faut que j'aille aux toilettes.
Annabelle courut jusqu'à la salle de bains et s'y enferma. Patrick soupira en l'entendant vomir.
— Super, la Saint-Valentin...
Il remarqua alors sur la table basse, oubliée près du tas de photos et de la lettre accusatrice, la clé de la mystérieuse et encombrante boîte.

Oh certes, Patrick hésita un ! serait utile, non ?. Une petite minute, peut-être. Le temps de se dire que c'était
probablement une mauvaise idée mais qu'il valait mieux savoir. Patrick était un homme décidé, il n'avait pas ce côté respectueux ou effacé qui caractérisait si bien Laurent. Surtout, il ne voulait pas montrer le moindre signe de peur.


Ce fut donc d'un mouvement souple qu'il se leva, cueillant la clé au passage, avant de s'approcher de la caisse. Il glissa la clé dans la serrure, la fit tourner. Un déclic.

Patrick posa ses mains de part et d'autre du couvercle, le souleva, centimètre par centimètre. Soudain, une odeur horrible se répandit dans la pièce. Annabelle revenait de la salle de bains à ce moment précis. Elle vit tout.
Elle vit d'abord Patrick reculer précipitamment, le visage pâle, le couvercle de la caisse dans les mains.
Elle vit ensuite les 4 bords de la boîte s'écarter les uns des autres, pivotant sur leurs charnières, pour s'abattre sur le parquet comme les pétales d'une fleur de bois.
Elle vit enfin le contenu de la caisse et hurla à s'en briser les cordes vocales.
L'homme était assis et attaché sur une chaise, nu. La chaise était posée dans une vieille bassine de fer blanc à demi-remplie de sang coagulé. Le cadavre était comme peint à l'hémoglobine. Sa gorge avait été tranchée d'une oreille à l'autre.
Au-dessus de cette sanglante parodie de sourire, Laurent adressait une ultime grimace d'adieu à celle qu'il avait tant aimée sans savoir le lui dire. Détail sordide, quelqu'un avait pris soin de nettoyer la partie gauche de la poitrine avant d'y graver au couteau un cœur percé d'une flèche. Un panneau avait été attaché au cou de Laurent et pendait de guingois sur son estomac, au-dessus de sa toison pubienne indisciplinée. On pouvait y lire :
« Ça m'a coûté 5000 euros en liquide, mais ces gars-là m'ont promis de tout faire comme je leur ai dit. Je pense que tu apprécieras. Bonne Saint-Valentin mon amour. »
Mon avis : texte fort, conclusion inattendue (à ce point tout au moins), bien raconté, bien décrit, ça se lit sans difficulté, une excellente nouvelle donc.
Le début m’a quand même un peu gênée, je trouve qu’il manque de dynamisme : trop de verbes "être" conjugués seuls (j’ai vu pire, mais chez ceux qui n’ont pas ta maîtrise d’un récit) et comme c’est un début descriptif / présentation, tu sais que c’est souvent ce qui rend fastidieux au lecteur ce genre de descriptions… En général je trouve c’est surtout dans les descriptions que les répétitions, les adverbes, les verbes faibles sont les plus gênants, il faut briser un peu le côté monotone que cela peut avoir, ne serait-ce que pour faire ressortir tel ou tel détail qui orientera le lecteur vers l’image que tu veux donner d’un personnage ou d’un lieu.
Le plus : presque tout
Le moins : trop de répétitions surtout au début

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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Lun 11 Mar 2013 - 23:28

Merci pour cette correction ultra-complète. Les répétitions étaient en effet abusives pour certaines, d'autres volontaires. En tous cas, quand je rebosserai ce texte, j en tiendrai compte
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  El Desdichado le Jeu 28 Mar 2013 - 11:58

Hé bien Shangry, je suis bien plus qu'impressionné. J'essaierai d'être court, et espèrerai -n'ayant pas lu toutes les réponses- ne pas répéter ces dernières.

Une seule bizarrerie grammaticale remarquée :
[...] mon téléphone avait plus de batteries.
Je ne sais pas si c'est l'usage qui te fait écrire ça, mais je pense qu'il faut ici un singulier (en effet, logiquement, la batterie est bien un système singulatif, quoique compsé).
D'ailleurs dans cette même phrase, je veux bien que l'absence de négation doive placer le personnage dans un certain schéma psychologique de séducteur ou encore une certaine appartenance sociale, voire générationnelle, mais ne penses-tu pas que ces gains sont perdus face à l'arrêt provoqué dans la lecture ? (la déception presque, de le voir revenir ce bon à rien avec des une excuse et un style aussi pathétique -non je suis pas jaloux-). Demande-le toi : dis-tu jamais une phrase du type :
"il avait plus rien" ? (surtout dans la situation, mais je souligne la troisième personne corrélée à l'absence de négation)
A la limite, on dira, "j'avais plus de batterie", mais je pense qu'ici, l'idiomatisme couleur locale sonne un peu faux...

Détail que j'ai adoré, l'écho entre "décolleté" et "collecté" ; et en général tu as une façon délicieusement crue de traiter cet archétype féminin. L'écriture est fiable et fluide. Je n'adore pas les retours à la ligne, mais je respecte le choix ; et la longueur me semble à peu près irréprochable (l'attente est insupportable, c'est génial : on se dit, "mais elle est complètement conne celle-là ? Qu'est-ce qu'elle attend de la vie ?", je suis très fan).
Mais laissons-là l'éloge, tu as compris que j'étais acquis à la cause, ça suffit.

Au niveau narratologique, il y a quelque chose qui enlève un peu de sa dimension tragique au tout, à savoir la contingence du retard de Patrick sur laquelle est fondé tout le suspens et l'incom/ap-préhension qui prépare la chute (décidément sublime) : il faudrait, je pense, que Patrick explique allusivement qu'il a été retardé par une volonté, et pas simplement par le hasard de l'énèrgéiométrie.
L'imperfection du plan hasardeusement réussi de Laurent serait aussi très intéressante, mais je ne sais pas si elle est très cohérente, et si elle correspond vraiment aux horizons scriptural et auditorial de l'attente, à toi de voir.

Je dois avouer que si j'ai lu ta nouvelle, c'est par rapport à mon projet personnel d'écriture, qui serait un néo-romantisme (non, je ne crois pas que le romantisme littéraire soit mort ou épuisé), mais toi, tu m'as vraiment surpris en renouvellant le contenu d'une acception différente de ce mot.

Bravo encore, je salue ton style bien bas et espère te relire bientôt.

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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Jeu 28 Mar 2013 - 18:54

Euh... et bien que dire ?
Je suis abasourdi, j'ai dû recevoir quelques centaines de critiques et d'avis, tous sites confondus, drôles, sincères, concises, rarement méchantes, mais celle-là, je vais la publier sur mes différentes pages auteur, si tu me le permets. C'est diablement bien écrit ! Et des compliments de cet acabit-là, tout auteur devrait en recevoir au moins un de temps en temps. On est tous des insatisfaits chroniques, on rêve tous d'écrire mieux que nous-mêmes ! Merci pour cet avis constructif, argumenté et positif qui me va droit au coeur, surtout après une journée à 2000 mots !
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  El Desdichado le Jeu 28 Mar 2013 - 21:47

Il est évident que ce que j'ai écrit t'est tout à fait disponible et t'appartient plus qu'à moi (j'ai essayé de te dire, et pas de me dire moi - bien que ce soit impossible, strictement : ma lecture est singulière, quoique guidée par ta lettre), cependant, il serait dommage de publier ce petit tuteur rédigé sous la contrainte du temps et qui correspond surtout à un moment de ton texte plutôt qu'à une vision finale. Si tu le souhaites, envoie-moi un message quand tu auras considéré que ton texte est définitif (comme tu l'as dit avec sagesse, "le travail n'est jamais fini" - je déforme peut-être, mais j'ai reconnu mon dicton dans ce que tu as écrit -, mais, comme disait le Philosophe, "ànagkhè stènai", il faut s'arrêter : c'est là une histoire de jugement et de totale liberté - trésor et fardeau de l'auteur) : alors, ce sera avec plaisir que j'y consacrerai quelques heures pour un commentaire détaillé.
Comme tu l'as dit, c'est constructif - il serait plus heureux d'envoyer du définitif ou de l'herméneutique. Mais libre à toi (je finis comme j'ai commencé) d'utiliser à ta guise mon commentaire plus sincère que construit.

Dans l'attente de la version achevée de ton fascinant texte,

El Desdichado.
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Jeu 28 Mar 2013 - 22:03

Tu risques malheureusement d'attendre un moment ! Ce texte n'est pas pour l'instant dans mes priorités (notamment car je travaille sur un recueil de nouvelles d'une plus grande envergure). Mais merci de ton offre Smile
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Zahra le Mer 17 Avr 2013 - 16:37

Coucou !
Je mets mes remarques directement sur ton texte et utilise un code couleur : répétitions, remarques, ça me semble bizarre, orthographe.
Shangry a écrit:
Spoiler:
Le romantisme n'est pas mort, il est juste mal en point.

Elle était rentrée plus tôt de son travail, avait passé une bonne heure dans la salle de bains, une autre dans sa chambre. Annabelle détailla son reflet dans le miroir d'un œil critique. Un seul mot lui vint en tête : perfection. ça me semble être en opposition avec le fait qu'elle le détaille d'un oeil critique Moulée dans sa petite robe bleue à paillettes, le décolleté pigeonnant mis en valeur à l'aide d'un push-up, les bas noirs surlignant le galbe de ses jambes fuselées, elle était à croquer. Sa rousse chevelure était parfaitement agencée. En un mot comme en cent, elle était éblouissante, mieux : elle se sentait désirable comme jamais.

Tout cela pour un seul homme : le beau Patrick. Annabelle sourit à la pensée de tous ceux qui allaient se retourner sur son passage et jalouser l'homme à son bras. Et non vigule ? messieurs, ce joli petit lot, vous pouvez mater, cette virgule me semble en trop, ça coupe un peu mais pas toucher, c'est réservé. Elle n'avait rien d'une aguicheuse Ce n'est pas du tout l'idée que je m'en étais fait en lisant ton premier paragraphe..., mais sentir la jalousie des hommes avait toujours un je-ne-sais-quoi d'excitant, surtout quand elle était au bras de son Patrick. Sans parler des femmes qui se sentaient moches à coté d'elle. Annabelle était jolie, elle avait un beau mec, il y avait de quoi déclencher les cancans et alimenter la jalousie légitime de certaines... Ces pensées n'étaient certes pas très charitables, mais c'était le jour de la Saint Valentin, pas celui de Noël. La modestie se devait de rester au vestiaire.

Plus que prête, Annabelle s'assit sur son lit aux draps changés de frais et légèrement parfumés, point de chute obligé de cette soirée. Elle vérifia la présence de préservatifs et de lubrifiant dans la table basse. Ce soir, tout se devait d'être parfait. Elle connaissait Patrick depuis Décembre. Bien sûr, ils avaient déjà couché ensemble, mais ce soir, c'était spécial : leur premier vrai rendez-vous romantique. C'est drôle, je n'ai pas vraiment l'impression que ça colle avec ton personnage tout ça Elle s'en faisait toute une fête.

Elle posa son téléphone près d'elle, et résista à l'envie de s'octroyer une cigarette. Pas d'haleine au tabac pour le dîner. Elle n'avait plus qu'à attendre la venue de son prince charmant, qui se faisait désirer. Il aurait dû être là depuis cinq bonnes minutes. C'est un temps d'attente, peut-être pourrais-tu allonger un peu tes phrases ? Ou même en lier certaines.

On sonna à la porte. Annabelle se leva d'un bond, traversa l'appartement en criant « j'arrive ! » et ouvrit grand la porte, prête à embrasser l'homme qui se tenait devant l'entrée. Elle parvint de justesse à ne pas sauter au cou du livreur qui venait d'actionner la sonnette.

— Mademoiselle Merlot ? hasarda l'homme en uniforme et casquette gris. Une livraison pour vous en express.

Annabelle resta coite une minute, puis comprit. Un large sourire illumina son visage. Le livreur la détaillait comme un morceau de viande emballé dans une robe bleue à 300 euros, mais elle le remarqua à peine. De même, elle ne remarqua ni sa barbe mal rasée, ni son accent étranger. D'habitude elle le voit chez un homme ? Je ne comprends pas pourquoi tu précises ça Patrick lui avait envoyé un cadeau et c'était la seule chose qui importait.

— C'est moi ! Où est-ce que je signe ?
— En bas de la page... indiqua le livreur, présentant un support cartonné à sa cliente. Malgré ses oeillades répétées vers le décolleté d'Annabelle, il s'efforçait de faire son boulot correctement. Une fois la signature collectée, il se pencha au dessus de la rambarde d'escalier et appela :

— C'est bon les gars, vous pouvez monter la caisse !
— La caisse ? s'étonna Annabelle. Elle espérait un bouquet de fleurs, un colis, mais une caisse ?

Cinq minutes plus tard, Annabelle se retrouvait seule avec une caisse de un mètre cinquante de haut par un mètre de côté dans son salon. Les livreurs avaient sué sang et eau pour amener la cargaison dans l'appartement sans jamais incliner leur fardeau. Le haut et le bas étaient clairement indiqués. Il y avait une face avant et une face arrière. C'était lourd et encombrant. Une statue, peut-être ? Annabelle attrapa l'enveloppe de papier brun agrafée sur la caisse et la décacheta. Elle ne put contenir un nouveau sourire en découvrant que le papier avait été parfumé.

« Annabelle,
Je te fais parvenir l'expression de mes sentiments les plus doux, et les plus fous aussi. Sans rancune, espèce de salope allumeuse. ça confirme bien l'idée que je me fais d'elle
Laurent. »

Le sourire d'Annabelle se figea. Laurent. Son ex. Un gentil garçon, mais elle n'avait pas accroché. Trop timide, trop lèche-bottes. Ils avaient rompu après 2 mois, sans heurts, du moins le croyait-elle. Cette lettre semblait prouver le contraire. Le salaud ! Il tentait de lui gâcher sa Saint-Valentin, et il avait sans doute déjà réussi !

— Mais quel trou du cul ! jura la belle, démolissant instantanément son image de femme fatale.

Annabelle se précipita dans l'escalier pour appeler les livreurs, mais ils n'étaient déjà plus là. Il était hors de question de leur courir après. La jeune femme revint donc dans l'appartement, la virgule me semble en trop et observa la caisse. Ce n'était pas un emballage classique. Les 4 quatre panneaux de bois formant les côtés de la boîte étaient reliés au socle par des charnières. Des cornières de caoutchouc assuraient une étanchéité relative. Un couvercle usiné muni d'une serrure maintenait l'ensemble fermé. Impossible de deviner ce qui se trouvait à l'intérieur.

Annabelle était furieuse et embarrassée. A tout hasard, elle retourna l'enveloppe de papier kraft au-dessus de sa paume déployée. On fait plus ce mouvement pour faire tomber quelque chose qu'on sait être à l'intérieur. Pourquoi ne regarde-t-elle pas tout d'abord ? Si c'était quelque chose de dégoûtant qui tombait ? Une petite clé métallique tomba dans sa main.

A tous les coups, ouvrir ce « cadeau » s'avèrerait être une mauvaise idée. Laurent n'avait jamais été mauvais avec elle, cette virgule freine un peu mais elle l'avait toujours soupçonné de ne pas être tout à fait normal. Il avait parfois des réactions bizarres. Par exemple, il lui était arrivé de bouder à la suite de remarques sans importance, comme un môme. Il n'était pas méchant, non, et il s'était avéré être un amant tendre et respectueux, un peu trop même. Simplement, on ne savait jamais ce qu'il pensait vraiment. Il ne s'ouvrait pas aux autres. Ce mystère avait plu à Annabelle au départ, avant de devenir lassant. Très vite alors !

La jeune femme retourna dans la chambre et récupéra son téléphone. Patrick n'avait toujours pas appelé. Étrange. Elle composa son numéro, tomba sur un répondeur sans même entendre les quelques sonneries d'usage.

— Merde.

Retour dans le salon. La caisse la narguait par sa simple présence. Annabelle vérifia le répertoire de son téléphone : Laurent y figurait toujours. Non pas qu'elle eût jamais éprouvé le désir de le rappeler, mais il ne lui avait jamais donné de raison de supprimer son numéro.

Jusqu'à ce jour. Relis le lien avec ta phrase précédente : donc là elle a une raison de supprimer son numéro ?

Elle pressa la touche entrée de son téléphone d'un geste résolu. S'il voulait jouer, et bien on elle, plutôt ? allait jouer.

— Bonjour, vous êtes sur la messagerie de Laurent, je suis absent. 

Un bip. Du Laurent tout craché, même son annonce était dépourvue de toute fioriture. Annabelle laissa un message :

— Laurent, c'est Annabelle. Bon, c'est quoi ce délire là, d'où tu m'envoies des cadeaux pour la Saint-Valentin ? On n'est plus ensemble, je te rappelle ! Alors tu passeras récupérer ta caisse, t'es gentil, et après, je veux plus te voir !

Elle raccrocha, adressa un regard de reproche à la caisse et la frappa du plat de la main Perso, j'aurais plutôt eu tendance à y mettre un coup de pied, de poing. Un son creux résonna dans le salon, suivi d'une sorte de clapotement. Étrange.

Le téléphone vibra dans sa main. Par réflexe, Annabelle avait déjà porté l'appareil à son oreille, sans vérifier qui appelait.

— Allo ? 

Le silence seul lui répondit. Annabelle en profita pour frapper de nouveau la caisse, du plat de la main. Mêmes sons de glouglou parfaitement audibles. Au téléphone, pas l'absence de déterminant me perturbe âme qui vive.

— Allo ? Qui est là ?

Annabelle vérifia le numéro de son interlocuteur : masqué, bien entendu. Elle écouta de nouveau. Un déclic se fit entendre, précédant une voix à l'amabilité surjouée :

— Mademoiselle Merlot ? Ici Anne Dufranc, de la nouvelle société de téléphonie mobile Instacall. Je voulais vous proposer...

Dans un soupir rageur, Annabelle coupa la communication et reporta son attention sur la caisse. A l'intérieur, une grosse bouteille, ou quelque chose contenant du liquide attendait son heure... Tu devrais peut-être approfondir le passage du coup de téléphone. Elle peut commencer à s'inquiéter, tout ça, tu peux encore plus nous plonger là dedans, parce que là j'ai vu ce que tu voulais faire mais je ne l'ai pas ressenti.

On sonna de nouveau à la porte. Sans doute Patrick. Annabelle se hâta et fut déçue. Un autre livreur, porteur d'une modeste enveloppe, se tenait devant elle. Comme le précédent, il détailla la jeune femme morceau par morceau.

— Mademoiselle Merlot ? J'ai un paquet pour vous.
— Mais enfin, vous ne pouvez pas livrer dans la journée ? Vous dérangez toujours les gens à 7 sept heures du soir ?
— Livraison spéciale, mademoiselle... Le client a indiqué l'heure.
— Qui est l'expéditeur ?
— Un certain monsieur Thomassin, précisa le livreur après une rapide consultation de son bon de livraison. Vous pouvez refuser...
— C'est bon, je le prends !

Thomassin était le nom de famille de Patrick.

Le livreur et la destinataire échangèrent signature et colis. De retour chez elle, elle ne part pas très loin, je doute même qu'elle sorte de son appartement la jeune femme ouvrit l'enveloppe qui contenait des photos, des dizaines de photos. Annabelle figurait sur nombre d'entre elles. Patrick figurait sur d'autres. Sur quelques-unes encore ils apparaissaient ensemble, photographiés à leur insu dans la rue, à la terrasse d'un café. Les derniers clichés avaient été pris dans l'appartement d'Annabelle, ou plutôt par la baie vitrée, au téléobjectif. On y voyait les deux amants s'étreindre fougueusement sur le canapé du salon. Au marqueur rouge, on avait ajouté la mention « salope ». L'écriture était celle de Laurent.

Annabelle sentit une vague de frissons la parcourir. Elle avait envie de vomir, et sa bonne humeur avait plié bagage pour de bon. Un malade. Laurent était un malade et il savait pour Patrick. En même temps, elle ne s'en cache pas, non ? Il la suivait depuis des mois, il l'espionnait, il prenait des photos. Ce soir, il se vengeait. Qu'est-ce qu'il y avait dans cette caisse ? Qu'est-ce qu'il y avait dans cette putain de caisse qui glougloutait quand on la frappait ?

Annabelle eut soudain peur, très peur. Et si c'était une bombe, virgule qui ralentit alors qu'on est en pleine interrogation ou quelque chose du genre ? Voire quelque chose de pire encore ? Il fallait qu'elle appelle les flics, cela devenait urgent. Et il fallait qu'elle contacte Patrick, il fallait qu'elle sache s'il allait bien. Cela lui paraissait soudain d'une importance vitale.

Pour la troisième fois de cette étrange soirée, on sonna à la porte. Annabelle hésita, posa le jeu de photos sur la table basse. Un autre livreur ? Un officier de police ? Laurent lui-même, peut-être, un couteau à la main ? Pourquoi pas, s'il était vraiment aussi cinglé qu'il y paraissait ?

— Annabelle ? C'est moi, ouvre, je suis désolé, mon téléphone avait plus de batteries !

Patrick Thomassin eut la surprise de voir sa dulcinée ouvrir la porte et lui sauter au cou telle une furie, son rimmel coulant en rigoles sur ses joues fardées. Il fallut cinq bonnes minutes à l'homme pour la calmer et comprendre ce qu'il s'était passé.

Les deux amants tombèrent d'accord sur un point : il fallait prévenir la police.

— Mais d'abord, on va voir ce qu'il y a dans cette caisse, proposa Patrick.
— Non ! Si c'est un coup de ce tordu, j'ai même pas envie de savoir ce que c'est !
— Ok. On appelle simplement la police alors.

Ce qu'ils firent dans l'instant. On les informa qu'une patrouille se déplacerait bientôt à leur domicile.

Leur Saint-Valentin étant irrémédiablement fichue, Annabelle et Patrick restèrent sur le sofa, enlacés, Si tu enlèves cette virgule cela fera un lien avec la caisse, comme trois personnes, le couple et l'amant (j'ai déjà lu ton récit une fois en entier) en présence de la caisse silencieuse, jusqu'au moment où Annabelle s'agita dans les bras de son homme, qui s'inquiéta aussitôt. Longue phrase hachée

— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Je me sens pas bien. Faut que j'aille aux toilettes.

Annabelle courut jusqu'à la salle de bains et s'y enferma. Patrick soupira en l'entendant vomir. Pourquoi vomit-elle ? Elle n'a encore rien vu. L'odeur ? Précise le nous.

— Super, la Saint-Valentin...

Il remarqua alors sur la table basse, oubliée près du tas de photos et de la lettre accusatrice, la clé de la mystérieuse et encombrante boîte.

Oh virgule certes, Patrick hésita. Une petite minute, peut-être. Le temps de se dire que c'était probablement une mauvaise idée mais qu'il valait mieux savoir. Patrick était un homme décidé, il n'avait pas ce côté respectueux ou effacé qui caractérisait si bien Laurent. Surtout, il ne voulait pas montrer le moindre signe de peur.

Ce fut donc d'un mouvement souple qu'il se leva, cueillant la clé au passage, avant de s'approcher de la caisse. Il glissa la clé dans la serrure, la fit tourner. Un déclic.

Patrick posa ses mains de part et d'autre du couvercle, le souleva, centimètre par centimètre. Soudain, une odeur horrible se répandit dans la pièce. Annabelle revenait de la salle de bains à ce moment précis. Elle vit tout.

Elle vit d'abord Patrick reculer précipitamment, le visage pâle, le couvercle de la caisse dans les mains.

Elle vit ensuite les 4 quatre bords de la boîte s'écarter les uns des autres, pivotant sur leurs charnières, pour s'abattre sur le parquet comme les pétales d'une fleur de bois.

Elle vit enfin le contenu de la caisse et hurla à s'en briser les cordes vocales.

L'homme était assis et attaché sur une chaise, nu. La chaise était posée dans une vieille bassine de fer blanc à demi-remplie de sang coagulé. Bon, alors sur ce truc, j'ai plein de questions. A quoi ça ressemble le sang coagulé ? Comment tout ne s'est pas barré de la bassine ? C'est vraiment encore liquide ? Le cadavre était comme peint à l'hémoglobine. Sa gorge avait été tranchée d'une oreille à l'autre.

Au-dessus pourquoi au dessus ? de cette sanglante parodie de sourire, Laurent adressait une ultime grimace d'adieu à celle qu'il avait tant aimée sans savoir le lui dire. Détail sordide, quelqu'un avait pris soin de nettoyer la partie gauche de la poitrine avant d'y graver au couteau un cœur percé d'une flèche. Un panneau avait été attaché au cou de Laurent et pendait de guingois sur son estomac, au-dessus de sa toison pubienne indisciplinée. On pouvait y lire :

« Ça m'a coûté 5000 euros en liquide, mais ces gars-là m'ont promis de tout faire comme je leur ai dit. Je pense que tu apprécieras. Bonne Saint-Valentin mon amour. »

Ton écriture est agréable, ça se lit bien.
J'ai fait pas mal de petites remarques, qui parfois ne se voient pas des masses donc relis attentivement le texte ^^
Sinon, je pense que tu devrais approfondir le personnage de la femme. Je la vois comme une fille aux apparences de séductrice, mais au fond très fragile, avec un énorme besoin d'amour. A toi de voir si c'est ce que tu veux faire passer.

Bonne fin de journée !

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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Jeu 18 Avr 2013 - 13:00

Merci pour ces critiques bien argumentées. Je ne tiendrai pas compte de toutes, cependant, car si certaines me paraissent justifiées, d'autres me paraissent plus tenir de l'anecdote ou d'une vision différente de la mienne, et dans ce cas-là, il n'est pas bon ni productif de toujours satisfaire à l'opinion du relecteur. Il ne s'agit pas là de dédain ou de fainéantise de ma part, mais j'ai depuis longtemps assimilé le fait que personne ne possède la science infuse et que l'on ne peut pas plaire à tout le monde Very Happy
En tous cas, merci pour cet avis éclairé Smile Vous allez voir que je vais finir part la réécrire, cette petite nouvelle (pour laquelle je reçois encore des critiques sur divers sites, alors que je la considère, à tort peut-être, comme une pause détente entre deux boulots d'écriture plus conséquents Very Happy)
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Plume le Sam 5 Oct 2013 - 18:22

Bonjour Shangry,

Ta nouvelle est déjà bien commenté et je crains de ne rien apporter de neuf. Enfin, il est parfois utile d'enfoncer quelques clous.

J'ai vu qu'on te l'a signalé et j'imagine que tu as modifié, mais il reste pas mal de répétitions : 


Tout cela pour un seul homme : le beau Patrick. Annabelle sourit à la pensée de tous ceux qui allaient se retourner sur son passage et jalouser l'homme à son bras. Et non messieurs, ce joli petit lot, vous pouvez mater, mais pas toucher, c'est réservé. Elle n'avait rien d'une aguicheuse, mais sentir la jalousie des hommes…
plus loin



A tous les coups, ouvrir ce « cadeau » s'avèrerait être une mauvaise idée. Laurent n'avait jamais été mauvais avec elle, mais elle l'avait toujours soupçonné de ne pas être tout à fait normal.
et il y en a d'autres.

Et non messieurs, ce joli petit lot, vous pouvez mater, mais pas toucher, c'est réservé.
J'aurais bien vu une virgule après "non".


On sonna à la porte. Annabelle se leva d'un bond, traversa l'appartement en criant « j'arrive ! » et ouvrit grand la porte, prête à embrasser l'homme qui se tenait devant l'entrée. Elle parvint de justesse à ne pas sauter au cou du livreur qui venait d'actionner la sonnette.
Il y a bien sûr le "sonna"... "sonnette", mais je le souligne, car je m'interroge sur l'utilité de "qui venait d'actionner la sonnette." On sonne, elle ouvre, il est devant l'entrée. Est-il nécessaire de préciser davantage, d'autant que ne pas le faire supprimerait une répétition ?


 il se pencha au dessus de la rambarde d'escalier
Au-dessus prend un trait d'union.

Bon, c'est quoi ce délire là
Ce délire-là aussi.

---

C'est une nouvelle facile à lire, servie par un rythme rapide (même si j'aurai parfois aimé que tu t’attardes un peu) et un vocabulaire qui donne un ton léger,  en contre pied avec la gravité du sujet (car quels que soient les défauts de Laurent, son amour l'a tout de même conduit à la mort).

Annabelle ne laisse pas indifférent. Il semble que tu adoptes son point de vue et lorsque je lis :
" Tout cela pour un seul homme : le beau Patrick. Annabelle sourit à la pensée de tous ceux qui allaient se retourner sur son passage et jalouser l'homme à son bras. Et non messieurs, ce joli petit lot, vous pouvez mater, mais pas toucher, c'est réservé. Elle n'avait rien d'une aguicheuse, mais sentir la jalousie des hommes… avait toujours un je-ne-sais-quoi d'excitant, surtout quand elle était au bras de son Patrick. Sans parler des femmes qui se sentaient moches à coté d'elle. Annabelle était jolie, elle avait un beau mec, il y avait de quoi déclencher les cancans et alimenter la jalousie légitime de certaines... Ces pensées n'étaient certes pas très charitables, mais c'était le jour de la Saint Valentin, pas celui de Noël. La modestie se devait de rester au vestiaire."
je me surprends à penser "cette fille n'a aucun mal à laisser sa modestie au vestiaire. C'est son mode opératoire classique et elle se ment lorsqu'elle affirme "tout ça pour un seul homme", car on voit bien c'est elle que ça flatte. Donc le personnage fonctionne.

Je trouve cependant l'intrigue un peu légère, ce qui s'explique, puisque tu dis quelque part que tu as écrit la nouvelle en deux heures. Tu as éveillé ma curiosité et je lirais certainement un de tes autres textes pour voir ce que ça donne quand tu prends ton temps.

A bientôt
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Dim 6 Oct 2013 - 10:29

Bonnes remarques, avec un bémol cependant : ce délire là ne prend pas dans ce cas un trait d'union, mais au pire une virgule :)En effet, c'est du langage parlé, en ce sens qu'on se rapproche du langage de rue "Oh, c'est quoi ce délire, là ? Qu'est-ce tu me fais ? ". J'ai supprimé la virgule car Annabelle est à ce moment-là plutôt énervée, ce qui pousse la majeure partie des gens à parler vite. Le au-dessus est quand à lui un oubli tout bête Smile
Pour les répétitions, yep, ce paragraphe est très "mâle"dans sa conception ;)Ce sera donc corrigé à l'occasion Smile
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Plume le Lun 7 Oct 2013 - 7:47

Pour les répétitions, yep, ce paragraphe est très "mâle"dans sa conception ;)Ce sera donc corrigé à l'occasion
Ok. Heu... d'ailleurs, je m'en doutais un peu.

Ok aussi pour le bémol, même si j'aurais bien aimé, moi, la petite virgule.

Tu n'as rien mis d'autre sur le forum ou j'ai mal cherché ?

A bientôt
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Re: Commentaires pour "le romantisme n'est pas mort..."

Message  Shangry le Lun 7 Oct 2013 - 10:52

Je viens de rajouter une nouvelle, et je dois avoir 2 3 poèmes dans la section idoine. Smile
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