Canaan (partie 1) - commentaires

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Canaan (partie 1) - commentaires

Message  christ-in le Mar 29 Avr 2014 - 6:00

Je viens m'insérer dans la partie "roman", pour qu'éventuellement, par la suite, vous puissiez me donner vos avis judicieux sur mes écrits. Pour l'instant, je peux (en toute humilité), apporter quelques unes de mes lumières  Laughing sur vos extraits de textes . N'hésitez pas, votre confiance sera la mienne  Wink 

à très vite pour nos partages....

Intervention administration : sujet renommé comme le fil sur le sous-forum roman que vous trouverez ici

http://imperialdreamer.1fr1.net/t4662-canaan-partie-1
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  Kwelly le Dim 4 Mai 2014 - 18:50

Et bien voilà une réponse tardive  Shocked , désolée, manque de temps  Mad
J'espère que mes remarques, qui n'engagent que moi, pourront t'aider  Wink 



Petite précision:
Alors, je vais sans doute me répéter, mais lorsque vous proposez des textes, faites court ; mieux vaut deux extraits qu'un qui fasse plus de deux pages, ceci nous permettra de donner un avis plus précis et surtout sur la totalité du texte, ce qui n'a pas été le cas ici, mais rassure toi, pour tout les textes qui ont dépassés deux pages.



bêta:


D'une façon générale, je dirais que ton texte est haché, il manque de liant et donc de fluidité.

Tu n’amènes pas le regard du lecteur sur les choses, tu les imposes, donc on reste détaché de la scène.
 



Tu as tendance à faire des répétitions d'idées et cela alourdi inutilement ton texte :


 lorsqu’un souffle d’air (souffle … air répétition)
une ligne de crayon khôl dans le but d’accentuer (en trop, tu évoques ici une évidence)
son regard, puis calme et tranquille, (d’une on ne voit pas pourquoi il ne serait pas calme et de deux, tu fais une répétition d’idée sans que cela soit justifier par l’importance de l’état) (on voit rarement calme et agité)

Enveloppé de noir des pieds à la tête, (ceci alourdit inutilement, enveloppé se suffit à lui-même)

Voilà ce qu’elle voudrait. Ce qu’elle voudrait plus que tout. Oui, voilà ce qu’elle désire… Seulement l’histoire n’est pas si simple…  (beaucoup trop accentué, 3 phrases pour dire la même chose. Je suppose que tu voulais montrer son espoir, traduire son émotion intérieure, mais tu peux faire court en choisissant bien tes mots et éviter la lourdeur d'une telle répétition)

 
 Pour moi il y a un problème dans ton dialogue, en fait je n'y ai pas cru, cela est du à un lexique et à un ton inappropriés

 
— Ben, j’sais pas vraiment Mounette. Hier soir, j’ai entendu cette rengaine (drôle pour un jeune branché gothique, non ? et Mounette ? )en passant près du bâtiment bleu. Depuis ça me trotte dans la tête... C’est trop bizarre. (bon, ici, il me semble qu’il y a un gros décalage entre le parler d’un ado et ce que tu écris qui me fait penser à une réponse d’adulte qui soigne ses mots) (la réponse de la maman me semble un peu trop étriquée aussi)

 
 l’odorant moelleux  (plutôt ancien comme image, pas très 96 ou alors 1296 ! J)





Il y a des choses que je n'ai pas comprises et qui m'ont sorties de ma lecture :

 de meilleurs sentiments. (je ne comprends pas, là)
 
Verre à moitié vide ou verre à moitié plein ? (je ne comprends pas cet aparté)
 
 son attitude irrévérencieuse fait partie d’un processus de développement commun  (qu’est-ce que tu entends par là ? une forme de généralisation de l’adolescence ? Il est en rupture, tu l’as dit plus haut donc en quoi fait-il partit d’un processus de développement commun ?)et que c’est en quelque sorte, une étape “quasi essentielle” ; une maturation nécessaire  (le terme maturation me surprend) pour affiner le caractère et en distiller le meilleur (là encore, je ne vois pas trop où tu veux en venir)

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RE

Message  christ-in le Dim 4 Mai 2014 - 19:19

Merci Kwelly pour tes remarques sur le texte, j'en prends bonne note... C'est vrai que j'ai tendance à rajouter beaucoup trop de détails. Smile
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  Kwelly le Lun 5 Mai 2014 - 6:31

Pas de problèmes christ-in  Very Happy  je ne peux que t'encourager à retravailler ton texte, il a du potentiel ! N'hésite pas à mettre tes corrections, en petit format  Very Happy  bon courage !!  Wink  Wink
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à Kwelly

Message  christ-in le Lun 5 Mai 2014 - 16:53

Ok, mais je fais comment pour les corrections en petit format ?????  Moui... Moi, pas comprendre ....
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  Kwelly le Lun 5 Mai 2014 - 18:06

Limite divise ton extrait en deux parties ?  Very Happy  tu y gagneras plus d'efficacité de notre part  Shocked  A bientôt de te relire  Razz
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  MémoireDuTemps le Mer 7 Mai 2014 - 15:01

christ-in a écrit:
Spoiler:
........................ 
D’une nature optimiste, Lynette est convaincue que le goût du jeune homme pour le morbide n’est qu’une lubie passagère. Elle est persuadée que son attitude irrévérencieuse fait partie d’un processus de développement commun et que c’est en quelque sorte, une étape “quasi essentielle” ; une maturation nécessaire pour affiner le caractère et en distiller le meilleur 
{9}.
 
Adulte en devenir… Chantier en construction ♥♥♥.
 
« Que Josué déteste les règles et adore provoquer… Tsss… Quelle importance ? défend-elle autrefois on aurait écrit défend-t-elle, mais maintenant je ne sais pas  en soupirant. Après tout c’est de son âge et il faut bien ”que jeunesse se passe” je ne crois pas que ce genre de guillemets soit autorisés en français, à vérifier toutefois. D’autant qu’au fond de moi, j’ai la conviction qu’un jour ou l’autre, il s’apaisera. Oui, cela se fera sans aucun doute. Cela se fera car c’est un gentil gamin. Un gamin pas plus mauvais qu’un autre… »
 
Lynette et son mari Edward sont des personnes très tolérantes qui prônent l’exercice du libre arbitre ainsi que le droit absolu à toutes formes d’expression. Ils ne s’identifient à aucune croyance, aucune idéologie ni même à un quelconque courant de pensée religieuse, philosophique ou politique {10}. Comme la plupart des membres de la famille Freeman, le couple accepte ses racines catholiques sans être pratiquant. De leur point de vue, la religion ne représente qu’une main divine frappant au hasard les bons comme les méchants.
 
« Tout de même, Josué dépasse les bornes, se lamente Lynette. Et si d’aventure, Adonaï-Élohim ??? existait vraiment et jugeait son attitude offensante, il se pourrait qu’il le punisse avec sévérité. Et puis tu utilises très souvent puis, parfois utile, mais ici tu peux t’en passer comme le et précédent, nous avons une réputation à tenir dans ce quartier ; nous sommes de braves gens, honnêtes et sans histoire. » 
 
Il est vrai que depuis plus de trente ans, les époux Freeman ont récupéré l’épicerie du quartier, et qu’à force de travail, de déterminisme et de régularité, ils se sont construit une excellente réputation. L’un et l’autre sont connus pour être des commerçants droits et discrets, virgule inutile ici qui ont su gagner l’estime de tous. En dépit de cela, à cause du mauvais comportement de Josué, le couple a reçu il y a peu, plusieurs plaintes du voisinage. De savoir leur notoriété entachée, virgule inutile ici chagrine beaucoup Lynette. Tout ça leur fait tu utilises souvent faire, considéré comme verbe faible ou fourre-tout, ici il peut être facilement remplacé surtout que peu après tu le réutilises une bien mauvaise publicité et n’est pas bon pour les affaires.
 
« Ça devait arriver, déplore Lynette. Notre fils prend plaisir à terroriser de pauvres gens ; des innocents qui n’ont jamais rien fait ni jamais rien demandé. Je n’aime pas ça du tout ! Non, vraiment pas du tout ! De toute manière, s’il continue ainsi, il sera privé de ses chers biens précieux. Il y aura réquisition immédiate de toutes les diableries qui ornent sa chambre. Lorsque notre fils a viré gothique, Edward et moi l’avions prévenu et mis en garde. L’accord était simple. Nous lui avions permis d’assouvir cette passion marginale, à la condition de ne pas franchir certaines limites. Limites déterminées ensemble et qu’il avait acceptées. Dès lors, par amour pour lui, nous nous sommes montrés tolérants, indulgents et plutôt coopératifs quant à son étrange univers. Toutefois, si les plaintes venaient encore à augmenter, le contrat serait rompu d’office. Nous serions dans l’obligation de mettre notre menace à exécution… J’espère qu’en pareil cas, Edward me soutiendra…» cette pensée entre guillemets (français ☺) semble bizarre, surtout dans un dialogue, maintenant, cela peut parfaitement être ton style : faire un rappel du "passé", et en l’occurrence d’un accord entre eux, sous cette forme, pourquoi pas ?
 
Après ce temps de réflexion, Lynette reprend à haute voix le fil de la conversation : 
 
— Ce chant est agréable, seulement j’ai entendu dire que le bâtiment bleu appartiendrait à une secte. Tu sais, il est fréquent que les médias dénoncent ce genre de groupuscule.
 
—           Les journaleux… Pfft, tu parles… petit décalage après le cadratin
 
— C’est de leur devoir de nous informer et de nous mettre en garde, renchérit Lynette tu peux ne pas mettre d’incise ou aussi renchérit-elle. Ces gens sont des manipulateurs ! Leur but est de faire de nouveaux adeptes, de les séparer de leurs familles et de les dépouiller de leurs biens. Surtout n’y entre pas mon chéri, l’endroit pourrait être dangereux ! 
 
« Dangereux..., sourit Josué en lui-même. Pauvre Moun, si elle savait où j’passe tous mes week-ends, elle tomberait le cul par terre. » 
 
—           Une secte ? s’étonne-t-il en affichant un air crédule. Quel genre de secte au juste ? petit décalage après le cadratin
 
— Je ne sais pas exactement. Il me semble qu’il s’agit des Évangéliques {11}.
 
— Ça alors, les Évangéliques sont une secte ? 
 
— Eh bien, un ! plutôt qu’une , ? figure-toi que dimanche dernier, monsieur Cromwell a croisé plusieurs personnes sortant de cet endroit puis a entendu des bribes de leurs conversations. D’après ce qu’il en dit, ces gens s’exprimeraient dans un curieux dialecte. Ils parleraient d’Élus, de malédictions, d’apocalypse, de démons, de délivrances et de bien d’autres choses toutes aussi abracadabrantes les unes que les autres. Tu penses, le pauvre homme a pris peur. Depuis, il s’en méfie drôlement et a été jusqu’à porté plainte au commissariat du quartier. Tsss… Il leur a demandé de s’y intéresser d’un peu plus près, si tu vois ce que je veux dire...
 
Les confidences de Lynette attisent la curiosité de Josué. Il a très envie d’en savoir plus sur cette supposée secte installée à quelques pâtés de maison. Cela le titille et lui met l’eau à la bouche.
 
Cette réaction n’a rien de surprenant. Attention, au niveau rédactionnel, donc hors dialogue, on doit éviter au maximum l’utilisation des verbes être et avoir sans auxiliaire, cela accentue l’effet répétition quand s’ajoutent les temps composé, tu enlèves au verbe son rôle principal pour le reporter sur un autre mot, ici deux adverbes, "a très envie" "n’a rien de", il suffit souvent de chercher un verbe correspondant pour donner bien plus de force à des phrases
 
Elle n’a rien de surprenant quand on sait que le garçon juge son quartier terriblement ennuyeux et le trouve bien trop calme à son goût.
 
 « Moi les mecs, j’crèche à Emmerland ! se plaît-il à répéter à ses amis gothiques. Et plus emmerdant qu’Emmerland, ben y a pas ! » 
 
Il semble qu’aujourd’hui, Emmerland fasse encore faire que tu en utilises 4 juste après  enfin l’objet d’une actualité croustillante.
 
— Mais que fait la police ? ☺☺☺ ironise Josué, caressant le pelage de son furet. Hein Moun, que fait-elle ? 
 
— Que fait-elle ? Que fait-elle ? répète Lynette en haussant les épaules. Je suppose qu’elle enquête déjà dessus et garde un œil sur eux. En tout cas, moi je ne trouve pas cela très catholique. Je me dis qu’ils pourraient bien embrigader les enfants du quartier, ou peut-être pire encore. Va savoir... Te rends-tu compte ? Une secte dans ce quartier, avec tous ces chers petits qui s’amusent dans les rues… Tant d’innocents à leur merci… Quel malheur… Mais quel malheur !
 
— Oh Mounette, un ! plutôt qu’une , ? t’as peur de tout. Que veux-tu qu’ils nous fassent ? raille Josué. Et le Cromwell, tu parles Charles. Alors lui on peut vraiment dire qu’il est bizarre et que c’est un malheur à lui seul. Ce sale bonhomme est un gros parano qui se méfie de tout le monde et n’aime personne. J’suis presque sûr que si on était en guerre, il dénoncerait une grande partie du voisinage, toi y compris ma Moun ! Le seul réconfort de cette vieille carne, c’est le sky qu’il s’ingurgite dans le gosier. C’est un malade ce type, un cinglé de première qui en plus d’être total dingo, passe son temps à se bourrer la gueule et a à cuire dans son jus. J’comprends même pas que tu puisses écouter les délires d’un soûlot pareil ?
 
Lynette n’est pas en accord avec son fils. Elle compatit à la détresse de son infortuné voisin et en bon humaniste, tient à défendre sa cause. C’est le visage triste et la voix chevrotante qu’elle s’oppose à Josué puis argumente en faveur de l’accusé.
 
— Je ne suis pas d’accord avec toi... Pour le croiser de temps à autre et connaître un tout petit son vécu, je peux dire que monsieur Cromwell n’est ni fou ni méchant. C’est juste quelqu’un de très seul et de très malheureux. Quelqu’un de fragile. Une pauvre victime en somme. Il m’est arrivé parfois de me mettre à sa place. Dans ces moments là, je me disais que ce devait être difficile pour lui d’endurer l’isolement et le rejet au quotidien. Pour ma part, je ne m’imagine pas n’avoir personne à qui parler et à qui me confier. Quelle souffrance ce doit être… Oh oui, quelle souffrance… Moi je ne le blâme pas ce pauvre homme. Non, je ne le blâme pas, bien au contraire je le plains. Je le plains vraiment...
 
— Le plaindre ! s’offusque Josué. Tu plaisantes j’espère ? Ce mec est un sale type grossier et dégueulasse. Une grosse baderne qui pue la vinasse et crache sur les gens qui passe près de lui. Non mais, j’te jure ! Tsss… Ce vieux toqué a du bol d’être âgé et mal en point, parce que sinon, j’te garantis qu’il aurait déjà goûté à ça !
...................


Le plus : Finalement, pas de problème au niveau accord des temps. Introduction au monde bien menée qui permet de découvrir la famille plus ce personnage mystérieux, Cromwell. Ça se lit bien, le langage des deux protagoniste est bien différencié, quelquefois inutile de préciser par une incise même, ça se suit sans.
Le moins : il y a un trop plein des verbes être et avoir sans auxiliaire et de faire… en dialogue ça passe, dans le rédactionnel beaucoup moins, cela appauvrit toute cette entrée en matière, c’est dommage, je suis persuadée que ton extrait gagnerait beaucoup en en remplaçant une bonne partie. Il y a aussi un peu trop d’adverbes, en supprimer ce serait bien. Il y a aussi pas mal de fois où l’interlocuteur répète une expression ou reprend celle de l’autre… dans la vie, cela arrive, mais attention, ton lecteur peut trouver cette méthode répétitive

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Après correction

Message  christ-in le Mer 7 Mai 2014 - 18:35

Merci pour votre aide !!


Dernière édition par christ-in le Dim 18 Mai 2014 - 8:12, édité 3 fois
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  Pilgrim le Mer 14 Mai 2014 - 20:50

Bonsoir, 
je me permets à mon tour de te faire quelques remarques (qui n'engagent que moi, bien entendu...)

Tout d'abord, comme le dit Kwelly, ne propose à la correction que des passages courts. Cela évitera au possible correcteur de se sentir découragé d'avance par la longueur et finalement de passer son chemin... 
Ensuite, si tu corriges ton texte, remplace l'ancienne version par la nouvelle, dans la rubrique qui concerne ton roman. Si tu ne le fais pas, on risque de commenter l'ancienne et on n'avance pas...

Globalement, ta langue est correcte et bien maîtrisée. On te lit sans problème. Ton récit se déroule sans heurt. Je dois pourtant dire que j'ai été un peu gêné par le ton adopté. En fait, il y a un côté naïf dans la façon de raconter qui fait que je n'y ai pas cru, que je suis resté en marge. Les apartés de la mère, notamment, m'ont semblé assez peu crédibles. Je pense que cela pourrait être corrigé en recourant dans ce cas-là au discours indirect et plus généralement en supprimant un certain nombre de considérations un peu trop explicites, qui nuisent à l'histoire. Il vaut mieux faire sentir (ou montrer) que dire...
Par exemple et entre autres, ici :

Spoiler:


La température de la gazinière a coloré le visage de Lynette. Les joues rouges et le front chaud, elle retire ses maniques, vérifie que sa minivague est en place et lorgne son fiston d’un drôle d’air.
Maman est intriguée !
Elle connaît le style de musique que d’ordinaire, Josué écoute...

Perso, je supprimerais ce "Maman est intriguée !" C'est au lecteur de sentir à la lecture qu'elle est intriguée (déjà tu précises qu'elle le lorgne avec un drôle d'air, ensuite tu expliques que ce type de chanson n'est pas son genre... alors ça suffit ! Si par-dessus tout ça, tu mets encore les points sur les i, en notant Maman est intriguée, cela devient lourd et un peu enfantin...)

Voici, dans ce même ordre d'idées, quelques observations concernant ton début :

Spoiler:

Josué se prépare pour aller à ses cours. Le geste habile, il finit de travailler son look devant la glace, lorsqu’un souffle chaud frôle sa tête et lui provoque un frisson
(je trouve cette formulation un peu maladroite (provoquer quelque chose à quelqu'un me paraît limite correct) Par ailleurs, ce souffle doit être le signe de quelque chose et tu reviendras certainement dessus plus loin dans le texte, sinon je ne vois pas l'utilité de cette mention, ici. Si tel est le cas, tu devrais peut-être développer la description de ce souffle afin de marquer mieux les esprits des lecteurs).
Sans y prêter plus d’attention (je supprimerais cette précision, tu montres déjà en décrivant le garçon qui passe la main sur sa nuque et en passant à autre chose qu'il n'y prête pas attention !), le garçon passe une main sur sa nuque et en profite pour resserrer le large ruban retenant ses cheveux. D’une main négligente, il repousse la longue mèche lui cachant l’œil droit (plutôt que le participe présent un peu lourd, j'opterais pour une relative : qui lui cache...), accentue son regard d’un trait de crayon khôl et assombrit ses lèvres avec une poudre charbonneuse. Pour parfaire à la tenue (attention, parfaire est transitif : parfaire sa tenue), il accroche à son cou une croix celtique remportée à l’issue d’une bagarre (suggestion : sa croix celtique, trophée d'une bagarre ???), et glisse à ses doigts trois grosses bagues de quartz.

Le voilà presque prêt ! (ce constat est-il indispensable à préciser ???)

Ne reste plus à Josué qu’à rentrer le bas de son baggy à zip dans ses rangersclipper ses bretelles sur ses hanches, attacher ses deux énormes ceinturons cloutés puis refermer son col Mao. Enveloppé (est-ce le meilleur mot ?) de noir, le jeune homme s’est comme à son habitude, habillé dans le pur style vampire gothique, version “apocalypse du futur”.

Absha, son furet, est occupé à grignoter un fil électrique sous la commode. Josué l’attrape par la peau du cou, l’installe sur son épaule et quitte sa chambre. La démarche nonchalante, le garçon descend l’escalier en fredonnant un air gai :

— Ouvre les yeux de mon cœur. Ouvre les yeux de mon cœur, je veux te voir... Pala la la la la pa la la la

Dans la cuisine, Lynette Freeman s’apprête à sortir un gâteau du four. Elle aime mitonner de bons petits plats pour sa famille et se réjouit des effluves de chocolat qui embaument toute la pièce. Mais alors que Josué arrive en chantonnant, Lynette est très surprise (ne dis pas qu'elle est surprise, décris sa surprise !). Cette façon de s’annoncer est à des années-lumière de son fils (inutile d'en rajouter : si elle est surprise, c'est bien pour une raison !!!). La tête à l’intérieur de son fourneau (??? quand on sort un gâteau du four, met-on la tête dedans !!!) , elle l’interroge :

— Que chantes-tu là mon chéri ?

— Ben, j’sais pas vraiment Mounette. Hier soir, j’ai entendu cette rengaine en passant près du bâtiment bleu. Depuis, j’l’ai dans la tête... C’est trop bizarre.

— En effet, j’avoue que c’est surprenant, confirme-t-elle, en déposant l’odorant moelleux sur la table. (je ne la sens pas, cette réplique, elle est un peu trop...) 

La température de la gazinière (ce n'est pas la température mais la chaleur) a coloré le visage de Lynette. Les joues rouges et le front chaud, elle retire ses maniques, vérifie que sa minivague est en place et lorgne son fiston d’un drôle d’air.

Maman est intriguée ! (je ne reviens pas dessus...)

Elle connaît le style de musique que d’ordinaire, Josué écoute. Ce sont des chants plaintifs aux textes troublants et aux rythmes lourds. Des paroles provocatrices souvent blasphématoires et ponctuées de grognements. À la pensée de cette monstrueuse cacophonie musicale, son sang se glace dans ses veines. Lynette frémit puis entre en réflexion (maladroit, pourquoi pas : réfléchit ???) : » Voilà bien ce qu’apprécie Josué… Cela n’a rien à voir avec ce refrain charmant et léger sortant d’entre ses lèvres. » (typiquement le type d'aparté qui fait naïf et qui alourdit le propos... Fais plus simple et plus naturel)

Je m'arrête là. J'espère que je ne t'ai pas trop assommée ! En bref, je conseillerais simplement d'être moins explicite et de faire plus ressentir, par des touches descriptives, d'apporter ainsi davantage de nuances. Fais confiance au lecteur pour saisir les impressions et les réactions de tes personnages.
Et je le répète, il ne s'agit là que de mon avis et de mon ressenti, tu n'es pas obligée de les partager.
Dans tous les cas, continue !!! Very Happy 
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  christ-in le Sam 17 Mai 2014 - 5:53

Merci à tous pour vos lectures et vos suggestions.  Very Happy
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  Shangry le Sam 17 Mai 2014 - 9:53

Allez, je me colle à cette nouvelle "mouture", comme l'abeille sur du pollen !

En rouge, les fautes.
En bleu, les maladresses, entre parenthèses en italique, mes remarques.



correction:

Brighton, 7 heures du matin, le premier jour.



 



Josué se prépare pour aller à ses cours. Le geste habile, il finit de travailler son look devant la glace, lorsqu’un souffle chaud frôle sa tête et lui déclenche un frisson (il doit y avoir des tournures plus concises et plus heureuses). Sans y prêter plus d’attention, il passe une main sur sa nuque et en profite pour resserrer le large ruban retenant ses cheveux. Il repousse la longue mèche qui lui cache l’œil droit, accentue son regard d’un trait de crayon khôl et assombrit ses lèvres avec une poudre charbonneuse. Pour parfaire sa tenue, il accroche à son cou une croix celtique (trophée remportée à l’issue d’une bagarre), puis il glisse à ses doigts trois grosses bagues de quartz.



Le voilà presque prêt !



Ne reste plus à Josué qu’à rentrer le bas de son baggy à zip dans ses rangers, clipper ses bretelles sur ses hanches, attacher ses deux énormes ceinturons cloutés puis refermer son col Mao. Enveloppé de noir, le jeune homme s’est comme à son habitude, habillé dans le pur style vampire gothique, version “apocalypse du futur”. (Je ne suis pas très au fait de la mode, mais ces deux tendances me paraissent opposées. Je recommanderais de choisir l'une ou l'autre)



Absha, son furet, est occupé à grignoter un fil électrique sous la commode. Josué l’attrape par la peau du cou, l’installe sur son épaule et quitte sa chambre. La démarche nonchalante, le garçon descend l’escalier en fredonnant un air gai :



— Ouvre les yeux de mon cœur. Ouvre les yeux de mon cœur, je veux te voir... Pala la la la la pa la la la



Dans la cuisine, Lynette Freeman s’apprête à sortir un gâteau du four. Elle aime mitonner de bons petits plats pour sa famille et se réjouit des effluves de chocolat qui embaument toute la pièce. Mais alors que Josué arrive en chantonnant, elle s’étonne. Cette façon de s’annoncer est à des années-lumière de son fils (L'image n'est pas très adroite, tu dois pouvoir mieux formuler, ou même supprimer cette phrase, car dans le paragraphe suivant, tu expliques précisément pourquoi Lynette s'étonne) et la pâtisserie entre les mains, elle l’interroge :



— Que chantes-tu là mon chéri ?



— Ben, j’sais pas vraiment Mounette. Hier soir, j’ai entendu cette rengaine en passant près du bâtiment bleu. Depuis, j’l’ai dans la tête... C’est trop bizarre.



— En effet, j’avoue que c’est surprenant, confirme-t-elle, en déposant le gâteau sur la table.



La chaleur de la gazinière a coloré le visage de Lynette. Les joues rouges, elle retire ses maniques, vérifie que sa minivague est restée bien en place puis lorgne son garçon d’un drôle d’air. Elle connaît le style de musique que d’ordinaire, Josué écoute et apprécie. Cela n’a rien à voir avec ce qu’il fredonne ce matin. Ce sont des chants plaintifs aux textes troublants et aux rythmes lourds. Des paroles provocatrices souvent blasphématoires et ponctuées de grognements. D’ailleurs, à la pensée de cette monstrueuse cacophonie musicale, son sang se glace dans ses veines (un peu excessif, non ?). Mère aimante, soucieuse du bien-être de son garçon, Lynette est partagée. Bien entendu, son plus grand désir est que Josué puisse se réconcilier autant avec lui-même qu’avec les autres, et qu’il se sente mieux dans sa peau. Voilà ce qu’elle voudrait plus que tout… Seulement l’histoire n’est pas si simple…



D’une nature optimiste, Lynette est convaincue que le goût du jeune homme pour le morbide n’est qu’une lubie passagère et que son attitude irrévérencieuse ne durera pas {6}.



Adulte en devenir… Chantier en construction.



« Que Josué déteste les règles et adore provoquer… Tsss… Quelle importance ? défend-t-elle  (on se défend ou on défend à quelqu'un ou on défend quelqu'un ou quelque chose). en soupirant. Après tout c’est de son âge et il faut bien que jeunesse se passe. D’autant qu’au fond de moi, j’ai la conviction qu’un jour ou l’autre, il s’apaisera. Oui, cela se fera sans aucun doute. Cela se fera car c’est un gentil gamin. Un gamin pas plus mauvais qu’un autre… »



Lynette et son mari Edward sont des personnes très tolérantes qui prônent l’exercice du libre arbitre ainsi que le droit absolu à toutes formes d’expression ("toute forme d'expression" ou "toutes les formes d'expression"). Ils ne s’identifient à aucune croyance, aucune idéologie ni même à un quelconque courant de pensée religieuse, philosophique ou politique. Comme la plupart des membres de la famille Freeman, le couple accepte ses racines catholiques sans être pratiquant. De leur point de vue, la religion ne représente qu’une main divine frappant au hasard les bons comme les méchants.



« Tout de même, Josué dépasse les bornes, se lamente Lynette. Si d’aventure, Adonaï-Élohim existait vraiment et jugeait son attitude offensante, il se pourrait qu’il le punisse avec sévérité. Et puis, nous avons une étiquette à préserver dans ce quartier ; nous sommes de braves gens, honnêtes et sans histoire. »



Il est vrai que depuis plus de trente ans, les époux Freeman ont récupéré l’épicerie du quartier, et qu’à force de travail, de déterminisme (détermination suffira...) et de régularité (je dirais plutôt : "constance"), ils se sont construit(bâti) une excellente réputation. L’un comme l’autre sont connus pour être des commerçants droits et discrets qui ont su gagner l’estime de tous (attention, cette phrase répète plus ou moins ce que tu as dit dans la précédente, gare aux redondances). En dépit de cela (inutile et un peu lourd...), à cause du mauvais comportement de Josué, le couple a reçu, il y a peu, plusieurs plaintes du voisinage. De savoir leur notoriété entachée chagrine beaucoup Lynette (tournure maladroite, tu peux virer le "De savoir" et ta phrase tient debout). De plus, cela leur crée une bien mauvaise publicité et n’est pas bon pour les affaires.



« Ça devait arriver, déplore Lynette. Notre fils prend plaisir à terroriser de pauvres gens ; des innocents qui n’ont jamais rien fait ni jamais rien demandé. Je n’aime pas ça du tout (si tu surenchéris dans la phrase suivante, inutile d'en rajouter ici)  ! Non, vraiment pas du tout ! De toute manière, s’il continue ainsi, il sera privé de ses chers biens précieux (redondance entre "chers et précieux"). Il y aura réquisition immédiate de toutes les diableries qui ornent sa chambre. Lorsque notre fils a viré gothique, Edward et moi l’avions prévenu et mis en garde. L’accord était simple. Nous lui avions permis d’assouvir cette passion marginale à la condition de ne pas franchir certaines limites. Limites déterminées ensemble et qu’il avait acceptées. Dès lors, par amour pour lui, nous nous sommes montrés tolérants, indulgents et plutôt coopératifs quant à son étrange univers. Toutefois, si les plaintes venaient encore à augmenter, le contrat serait rompu d’office. Nous serions dans l’obligation de mettre notre menace à exécution… J’espère qu’en pareil cas, Edward me soutiendra…»



Après ce temps de réflexion (il serait sans doute plus juste de parler de monologue intérieur), Lynette reprend à haute voix le fil de la conversation :



— Ce chant est agréable, seulement j’ai entendu dire que le bâtiment bleu appartiendrait à une secte. Tu sais, il est fréquent que les médias dénoncent ce genre de groupuscule.



— Les journaleux… Pfft, tu parles…



— C’est de leur devoir de nous informer et de nous mettre en garde. Ces gens sont des manipulateurs ! Leur but est de faire de nouveaux adeptes, de les séparer de leurs familles et de les dépouiller de leurs biens. Surtout n’y entre pas mon chéri, l’endroit pourrait être dangereux !



« Dangereux..., sourit Josué en lui-même. Pauvre Moun (avec un e, c'est mieux Wink), si elle savait où j’passe tous mes week-ends, elle tomberait le cul par terre. »



— Une secte ? s’étonne-t-il en affichant un air crédule. Quel genre de secte au juste ?



— Je ne sais pas exactement. Il me semble qu’il s’agit des Évangéliques {7}.



— Ça alors, les Évangéliques sont une secte ?



— Eh bien, figures (impératif sans s)-toi que dimanche dernier, monsieur Cromwell a croisé plusieurs personnes sortant de cet endroit puis a entendu des bribes de leurs conversations. D’après ce qu’il en dit, ces gens s’exprimeraient dans un curieux dialecte. Ils parleraient d’Élus, de malédictions, d’apocalypse, de démons, de délivrances et de bien d’autres choses tout aussi abracadabrantes les unes que les autres. Tu penses, le pauvre homme a pris peur. Depuis, il s’en méfie drôlement et a été jusqu’à porter plainte au commissariat du quartier. Tsss… Il leur a demandé de s’y intéresser d’un peu plus près, si tu vois ce que je veux dire... 



Les confidences de Lynette attisent la curiosité de Josué qui aimerait en savoir plus sur cette supposée secte installée à quelques pâtés de maisons. Cela le titille et lui met l’eau à la bouche (là encore, tu te répètes, attention à la paraphrase).



Cette réaction n’a rien de surprenant. (cette cassure de rythme avec retour à la ligne ne me paraît pas appropriée)



Elle n’est en rien surprenante quand on sait que le garçon juge son quartier terriblement ennuyeux et le trouve bien trop calme à son goût.



 « Moi les mecs, j’crèche à Emmerland ! se plaît-il à répéter à ses amis gothiques. Et plus emmerdant qu’Emmerlandben, y a pas ! » (pas mal cette phrase, j'aime bien)



Il semble qu’aujourd’hui, Emmerland fasse enfin l’objet d’une actualité croustillante.



— Mais que fait la police ? ironise Josué, caressant le pelage de son furet. Hein Moun, que fait-elle ?



— Que fait-elle ? Que fait-elle ? répète Lynette en haussant les épaules. Je suppose qu’elle enquête déjà dessus et garde un œil sur eux. En tout cas, moi je ne trouve pas cela très catholique. Je me dis qu’ils pourraient bien embrigader les enfants du quartier, ou peut-être pire encore. Va savoir... Te rends-tu compte ? Une secte dans ce quartier, avec tous ces chers petits qui s’amusent dans les rues… Tant d’innocents à leur merci… Quel malheur… Mais quel malheur !



— Oh Mounette ! T’as peur de tout. Que veux-tu qu’ils nous fassent ? raille Josué. Et le Cromwell, tu parles Charles. Alors lui, on peut vraiment dire qu’il est bizarre et que c’est un malheur à lui seul. Ce sale bonhomme est un gros parano qui se méfie de tout le monde et n’aime personne. J’suis presque sûr que si on était en guerre, il dénoncerait une grande partie du voisinage, toi y compris ma Moun ! Le seul réconfort de cette vieille carne, c’est le sky qu’il s’ingurgite dans le gosier. C’est un malade ce type, un cinglé de première qui en plus d’être total dingo, passe son temps à se bourrer la gueule et à cuire dans son jus. J’comprends même pas que tu puisses écouter les délires d’un soûlot pareil.



Lynette n’est pas du même avis que son fils. Elle compatit à la détresse de son infortuné voisin et en parfaite humaniste, elle tient à défendre sa cause. C’est le visage triste et la voix chevrotante qu’elle s’oppose à Josué puis argumente en faveur de l’accusé. (Ma cliente a ici clairement basculé dans l'excès Votre Honneur, mais elle s'engage à reformuler cette phrase un peu trop forte pour le contexte (une conversation mère-fils assez anodine tout compte fait)!)



— Je ne suis pas d’accord avec toi... Pour le croiser de temps à autre et connaître un tout petit son vécu, je peux dire que monsieur Cromwell n’est ni fou ni méchant. C’est juste quelqu’un de très seul et de très malheureux. Quelqu’un de fragile. Une pauvre victime en somme. Il m’est arrivé parfois de me mettre à sa place et dans ces moments-là, je me disais que ce devait être pénible pour lui d’endurer l’isolement et le rejet au quotidien. Pour ma part, je n’imagine pas n’ (double négation, non non)avoir personne à qui me confier et avec qui discuter. Quelle souffrance ce doit être… Oh oui, quelle souffrance… Moi je ne le blâme pas ce pauvre homme. Non, je ne le blâme pas, bien au contraire je le plains. Je le plains vraiment... 



— Le plaindre ! s’offusque Josué. Tu plaisantes, j’espère ? Ce mec est un sale type grossier et déguelasse (dégueulasse). Une grosse baderne qui pue la vinasse et crache sur les gens qui passent près de lui. Non mais, j’te jure ! Tsss… Ce vieux toqué a du bol d’être âgé et mal en point, parce que sinon, j’te garantis qu’il aurait déjà goûté à ça !



Le garçon brandit un poing vengeur sous le nez de sa mère. Surprise par son geste, la malheureuse recule d’un pas.



— Plus il se pochtronne, plus il critique la société qui lui aurait soi-disant “volé sa vie”, poursuit le jeune exalté. Puis après avoir craché son sale venin, cette “outre à vin” (les guillemets ne sont pas nécessaires ici, c'est sa vision du voisin) se cloître à l’intérieur de sa baraque pour s’imbiber en cachette. Il se saoule jusqu’à s’en rendre malade et cuve pendant des jours, le nez dans son vomi



— Mais comment tu peux savoir de telles choses ? Comment toi, qui fuis le voisinage et ne côtoie jamais personne, tu es au courant de tout ça ? (à reformuler en deux propositions séparées)



— Pfft... Pas besoin de copiner pour savoir que le père Cromwell est un poivrot qui divague ! Dans le quartier tout le monde le sait !



Outrée par les propos de son fils, Lynette plaque une main devant sa bouche et déclare (essaye de déclarer quelque chose avec une main plaquée devant ta bouche et je te garantis que tu diras un truc du genre Ph'nui mglawph Cthulhu Rlyeh Ftaghn) :



— Finissons-en avec cette conversation. Critiquer ce pauvre homme ne m’est pas agréable ; viens plutôt déjeuner.



Lynette verse le cacao dans le bol de Josué en lui caressant les cheveux. Touché par la tendresse du geste, le garçon la gratifie d’un sourire.



Un échange comme un cadeau ! (on comprend ce que tu veux dire, mais la formulation est très maladroite, il y a des dizaines de façons plus jolies de le partager avec ton lecteur)



Comblée par ce partage, la mère désigne la pâtisserie toute chaude à son fiston en précisant :



— Prends ce qui te fait plaisir mon chéri. Moi je dois vite me préparer, ton père ne devrait pas tarder à rentrer du “marché de gros” {8} .



Le cœur en joie et l’esprit léger, Lynette quitte la cuisine en reprenant l’air chanté par Josué :




— Ouvre les yeux de mon cœur, ouvre les yeux de mon cœur, je veux te voir... Pala la la la la pala la la...





Alors, c'est pas trop mal niveau écriture, tu n'as pas fait beaucoup de fautes. Mais tu dois faire attention à ne pas te répéter. Si deux phrases contiguës signifient peu ou prou la même chose, vire l'une ou l'autre, selon ta préférence. Tu as choisi un rythme rapide constitué de phrases courtes, idéal pour une scène anodine. En revanche ne cherche pas à faire des effets de style quand tu n'en as pas besoin. Par exemple :


"Cette réaction n’a rien de surprenant.




Elle n’est en rien surprenante quand on sait que le garçon juge son quartier terriblement ennuyeux et le trouve bien trop calme à son goût."

En général ce type de construction induit un suspense et provoque une attente chez le lecteur. Ici, il n'y  a pas vraiment de suspense, Josué se fait chier à Emmerland et il découvre que finalement il se passe des choses intéressantes dans le coin. Donc ton effet tombe un peu à plat, c'est comme si on écrivait par exemple :

"Il ouvrit la porte.

Lentement, pour éviter qu'elle grince.

Mais elle grinça tout de même.

Ce qui n'avait aucune importance vu qu'il se savait seul dans la maison".

En revanche, bien utilisée :

"
Il ouvrit la porte.

Lentement, pour éviter qu'elle grince.

Mais elle grinça tout de même et dans le salon, un grondement sourd se fit entendre. "

Quand tu adoptes ce style de cassure dans le rythme, il faut qu'il y ait un enjeu, ou que tu vises un effet burlesque.

Lynette est énervante dans sa bisounours attitude, mais tu l'as sans doute voulue comme cela, donc je ne jugerai pas.

Quand à Josué, attention, parfois il parle comme un "djeunz", mais soudain il fait montre d'une culture littéraire épatante en utilisant des mots comme "vieille baderne". Aucun jeune n'utilise ce mot et dans la bouche d'un rebelle comme Josué, ça ne colle pas.

Le furet : je suis assez surpris que Lynette qui tolère mal les "excès de jeunesse" de son fils consente à accepter une telle créature dans sa cuisine... De plus, à part pour le placer sur l'épaule de Josué, tu ne nous en parles plus par la suite. 


Voilà, quelques remarques qui j'espère t'aideront à tirer le meilleur de ton texte Wink
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  Hybrid le Sam 7 Juin 2014 - 22:07

Coucou, de retour d'une absence de longue date pour faire un petit commentaire. Allez hop ! Je m’y colle !

Alors je n'ai pas grand-chose à rajouter à ce qui a déjà été dit (je suis très globalement de l'avis de Pilgrim. Je n'ai lu que le principal, pas le détail) : le texte est globalement bien écrit. Difficulté supplémentaire (à mon sens) : tu as choisi le présent de narration (qui est un choix auquel j'ai renoncé car plus difficile mais qui, maîtrisé, s'avère bien plus dynamique que le duo passé simple/imparfait). Tu écris plutôt bien, dans le sens où il n'y a pas d'erreur, pas de problème de concordance (sauf à un moment où ça me paraît pas naturel mais j'y reviendrai), pas de gros problème dans la rédaction.
L’histoire est fluide, on la suit aisément, il n’y a pas de gros accroc. J’ai donc regardé dans le détail, gné eh. Et des problèmes, il y en a (bah oui, personne n’est parfait et je ne suis pas la dernière).

Adepte des styles « traditionnels », sache que j’ai eu quelques soucis avec celui que tu as adopté (avec l’ajout de phrases seules en guise de paragraphes, l’introduction de monologues, l’effet visuel etc.), mais ça, je ne peux pas te le reprocher : nous avons chacun le nôtre.
J’ai relevé 2 principaux problèmes à la lecture des 2 extraits (chapitre 1 et sa suite) que nous as donnés en pâture, à nous, pauvres relecteurs affamés :
- le premier problème vient dans la manière dont tu narres l'histoire : elle manque de sentiments, d’impressions, de feelings. Tout y est essentiel visuel : ce qui ne se voit pas n’est pas intégré (à une ou deux exceptions près). C’est ce que j’appelle l’effet « scénario » : tu n’y décris que les éléments principaux du scénario sans t’attarder (ou très peu) sur le reste. Le roman perd donc en profondeur et en intérêt.
- le second problème, et pour moi le plus grave, se situe sur la cohérence des personnages (la mère surtout) et aussi, de manière moins marquée, pour la première scène (le petit déjeuner).

Détail:

Le style et la structure
Spoiler:
Pour commencer, une remarque sur la manière générale dont tu as construit tes extraits : sur les 2 publiés (chapitre 1 et sa suite), tu te focalises UNIQUEMENT sur les personnages. Ceux qui me connaissent (se rappellent de moi devrais-je dire !) savent que je ne suis pas fan du tout des descriptions, mais là, pour moi, ça manque beaucoup. Sans en faire trois pages, ajouter quelques éléments du décor, de l'atmosphère autres que "cuisine" "matin" "petit déj" "bus" (qui ne sont, en fait, que des repères spatio-temporels sans grand intérêt) pourrait rendre la scène plus vivante, plus parlante au lecteur. Utilise tous tes sens pour améliorer un peu la profondeur (en les explorant, tu feras plus de relations et trouveras sans doute de nouvelles idées, de nouveaux liens).

Ensuite, j'ai trouvé le décalage linguistique entre la mère et le fils un peu trop grande. Attention : c'est une bonne chose de les distinguer. Clairement, on ne peut pas se tromper quand l'un d'eux parle, tu leur as créé des registres bien particuliers et tu les respectes. Mais j'ai du mal à imaginer la crédibilité de la mère qui dit à son fils gothique "Que chantes-tu là mon chéri ?" ou "En effet, j’avoue que c’est surprenant" (du registre soutenu). On se croirait dans une richissime famille d'il y a 20 ou 30 ans (et je ne crois pas que tenir une épicerie fait d'eux des gens influents, à part dans leur quartier). Je ne sais pas si tu as déjà vu cette série, mais l'écart entre ces deux registres me rappelle un peu "Arnold et Willy", où un vieux gars riche adopte 2 frères issus du ghetto à la mort de leur mère. La série se voulait humoristique et cette différence de registre en était aussi une des causes. Est-ce bien là l'effet burlesque que tu souhaites obtenir ?
Le deuxième problème de ce décalage, c'est que, à la lecture des extraits, les deux semblent plutôt complices. A notre époque (je suppose, vu que tu ne donnes pas d'indication sur l'époque, je la présume contemporaine), je suis surprise 1) que la mère ne parle pas plus "normalement", et qu'en plus, face à son fils, 2) elle ne simplifie pas un peu son discours (quitte à reprendre certaines de ses expressions "pour rire"). Ça rend leur discussion très formalisée, très impersonnelle, ça dresse une barrière qui est, pour moi, contradictoire avec cette complicité que je ressens.
Mon ressenti de lectrice fait que ça me gêne. Je te laisse voir si c'est un point qui t’a échappé ou si tu t'en étais rendu compte et que c'était voulu.

Gêne de lectrice : les monologues.
C'est un choix, je respecte mais... je n'aime pas. Je trouve que ce qui y est dit n'est pas naturel, ne coule pas de source (tu penses comme ça, toi ?), et mériterait d'être incorporé en tant que narration et non en tant que dialogue. J’ai le sentiment d’une astuce (pas à mon goût) pour incorporer des éléments du background. Ils gagneraient en profondeur à être exploités en narration brute.
Cet avis n'engage que moi. C’est mon côté old style.

Lorsque Josué repense à la séparation avec ses frère et sœurs : j’ai un problème à la fois de focalisation et de concordance des temps.
Depuis le départ, tu te focalises essentiellement sur Josué et sa mère, à savoir les 2 personnages principaux de la scène. Ok.
Tout à coup, tu nous parles de personnages qu’on ne connaît pas, qui ne sont même pas présents physiquement dans la scène, tu nous parles de leurs sentiments, bref, tu te focalises surtout sur Esther : tu m’as perdue à ce moment-là. Comment Josué peut-il savoir ce qu’elle a ressenti (il peut le deviner, mais je ne sens pas ça dans tes phrases) ? Te places-tu du point de vue du narrateur omniscient ? Ce passage m’a un peu égarée.
Le passage du présent au passé simple n’a fait qu’accentuer mon impression : pourquoi ce choix ? Ok, c’est du passé, mais pourquoi pas le passé composé/plus que parfait, qui m’aurait paru plus en adéquation avec le choix de ce récit au présent ?
Je te laisse méditer là-dessus. C’est peut-être moi qui chipote (mais je suis là pour ça, nan ? :p )

Après, il y de bons passages aussi, notamment l'affrontement visuel dans le bus, que l’on vit un peu comme un match : la manière dont est construite la narration donne un peu l’impression qu’on écoute les commentaires d’un match (tu pourrais même pousser un peu plus loin), ça donne un peu de relief à l’histoire et m’a même fait sourire en lisant le texte ! Attention toutefois aux phrases "esseulées" : point trop n’en faut. N’en abuse pas, sous peine de lasser le lecteur !
Quelques petits mots bien placés, de bonnes expressions qui personnalisent ton texte (« habillé dans un style vampire gothique, version “apocalypse du futur”. ») et laissent ta marque, font sourire.


Fautes et autres problèmes relevés
Spoiler:

Josué se prépare pour aller à ses cours.
=> En tant que première phrase, l’entrée en matière me paraît un peu abrupte. Impression personnelle.

Cette façon de s’annoncer est à des années-lumière de son fils et la pâtisserie entre les mains, elle l’interroge
=> À ce moment, on est trop loin de la chanson fredonnée par Josué. Je me suis demandé à quoi tu faisais référence (après, je suis une lectrice poisson rouge, pas beaucoup de mémoire).

Cela se fera car c’est un gentil gamin. Un gamin pas plus mauvais qu’un autre…
=> L’emploi de « gamin », ici, me choque. D’abord par rapport au registre de la mère, plutôt soutenu, et ensuite par rapport au fait qu’elle parle de son propre fils (ou apparemment, de celui qu’elle a adopté et donc ardemment désiré, car c’est quand même vachement compliqué d’adopter, faut vraiment le vouloir). « Garçon », « enfant », « adolescent » passerait mieux.

Il est vrai que depuis plus de trente ans, les époux Freeman ont récupéré l’épicerie du quartier, et qu’à force de travail, de détermination et de constance, ils se sont bâti une excellente réputation
=> Non, ils ne l’ont pas « récupérée » depuis plus de trente, mais il y a plus de trente ans. Par contre, ils ont pu se bâtir une excellente réputation depuis plus de trente ans. Formulation à revoir ici.

Ce chant est agréable, seulement j’ai entendu dire que le bâtiment bleu appartenait à une secte.
=> « Ce chant est agréable, seulement j’ai entendu dire que le bâtiment bleu appartenait » OU « seulement, le bâtiment bleu appartiendrait à une secte ». L’association des deux ne me paraît pas correcte.

D’après ce qu’il en dit, ces gens s’exprimeraient dans un curieux dialecte
=> utiliser des mots étranges ou suspects ne crée par un "dialecte". A mon avis, le terme est usurpé, ici.

— Une secte ? s’étonne-t-il en affichant un air crédule. Quel genre de secte au juste ?
=> cette réflexion de Josué arrive trop tard, elle perd de son impact et de sa crédibilité. Elle devrait intervenir juste après la mention de « secte » par sa mère, et pas après avoir débattu de l’intérêt des médias (= cohérence du dialogue).

On peut comprendre qu’en tant qu’humaniste, Lynette compatisse à la détresse de son infortuné voisin et veuille défendre sa cause. Néanmoins, sa réaction est quelque peu… excessive et fait penser à une attaque personnelle.
=> là, je n’ai tout simplement pas compris en quoi ça ‘faisait penser’ (en plus tournure à revoir, ce n’est pas très « joli ») à une attaque personnelle… Qui (Josué ?) en est arrivé à cette conclusion ? C’est un peu tiré par les cheveux et pas tellement évident.

Tssss….
=> la mère et le fils l’utilisent. Ça peut être un tic de langage, à voir s’ils l’utilisent tous les deux où si ça fait partie du « parlé » de l’un d’eux, seulement. Sinon, je le déconseille, surtout 2 fois dans un extrait relativement court.

Ce quelque chose est une image !
=> Je trouve que cette phrase toute seule ne s’intègre pas naturellement au reste du texte.

Aujourd’hui encore, la vision de ce “Pourquoi muet", perçu dans son regard, ravive en lui la même douleur : Celle d’un coup de poignard
=> le « pourquoi » muet (guillemets à replacer correctement)
=> pas de majuscule après deux points « : »

Nouvelle agression !
=> phrase inutile, qui s’intègre mal au texte.


Fond et cohérence
Spoiler:
D’abord, j'ai un peu de mal avec le mode de vie de la famille. Tu dis :
christ-in a écrit:"Ils ne s’identifient à aucune croyance, aucune idéologie ni même à un quelconque courant de pensée religieuse, philosophique ou politique. Comme la plupart des membres de la famille Freeman, le couple accepte ses racines catholiques sans être pratiquant. De leur point de vue, la religion ne représente qu’une main divine frappant au hasard les bons comme les méchants."

Et je trouve ensuite (trop ?) de références à des thèmes religieux de la part de la maman. Assez pour me choquer :
christ-in a écrit:Tout de même, Josué dépasse les bornes, se lamente Lynette. Si d’aventure, Adonaï-Élohim existait vraiment et jugeait son attitude offensante, il se pourrait qu’il le punisse avec sévérité.
christ-in a écrit:Il y aura réquisition immédiate des diableries qui ornent sa chambre.
christ-in a écrit:En tout cas, moi je ne trouve pas cela très catholique

Qui utilise le mot "diablerie" de nos jours, à part le catho de base un peu réac ??
La dernière citation est-elle ironique ?? (parce qu’elle m’a arraché un sourire, tant mieux si c’était volontaire, sinon à revoir…)

Sinon j’ai bien aimé l’apparition de « Freeman » (homme libre) dans ce paragraphe, j’ai souri, vu le contexte Wink.

Je m'attaque encore à Mounette (tu ne m'en voudras pas j'espère), mais je me suis vraiment demandé si elle savait à qui elle parlait en disant ça :

christ-in a écrit:Eh bien, figure-toi que dimanche dernier, monsieur Cromwell a croisé plusieurs personnes sortant de cet endroit puis a entendu des bribes de leurs conversations. D’après ce qu’il en dit, ces gens s’exprimeraient dans un curieux dialecte. Ils parleraient d’Élus, de malédictions, d’apocalypse, de démons, de délivrances et de bien d’autres choses tout aussi abracadabrantes les unes que les autres.

Personnellement, je l’entends comme une invitation.
S’il était drogué, lui dirait-elle : « Cette rue n’est vraiment pas fréquentable. Il n’y a que des dealers de cannabis, d'héroïne et de cocaïne… c'est vraiment un mauvais endroit, n'y va pas mon chéri » ?
Deux solutions :
1) elle ne comprend absolument pas ce qu’est le gothisme et donc, par extension, son fils,
2) elle ne voit pas plus loin que le bout de son nez et ne songe pas aux conséquences (ce qui me paraît en contradiction avec son discours).
À ce moment, on sent trop que tu veux introduire l’intrigue, toi, auteur(e ?). Ça ne m’apparaît pas comme le discours naturel qu'entretiendrait une mère à son fils (dont le caractère a déjà tendance à s'attirer des ennuis). Elle peut mentionner la secte, le mettre en garde (jusque-là, je suis totalement d'accord), mais si elle a un minimum de bon sens, elle ne lui donnera pas les détails susceptibles de l’intéresser, et se limitera au classique « secte = c’est le mââââl ».

Je la cite encore :
christ-in a écrit: Tu sais, il est fréquent que les médias dénoncent ce genre de groupuscule.
Euh… la référence moralité de Mounette, c’est les médias ? En tant que personne responsable, je la verrai plutôt mettre en avant les autorités plutôt que les médias… ce n’est pas impossible, mais je trouve ça… irresponsable, sachant toutes les conneries qui passent à la télé, et qui sont loin d’être gage de moralité ou de bien pensance ! Les médias ne sont pas une référence !
[je m’insurge !]

Ensuite, méfiance sur la manière dont elle s’adresse à lui. Tantôt très maternelle, mère poule voire couveuse et niaise (je suppose que c’est voulu, ça n’en est pas moins agaçant !!), tantôt très adulte et raisonnée. Je te l’accorde, avoir une discussion avec un adolescent en pleine crise, visiblement, au comportement répréhensible n’est pas chose aisée. Toutefois, leurs réactions l’un vis-à-vis de l’autre sont parfois un peu étranges.

À nouveau et pour terminer du point de vue de la cohérence du scénario, Mounette en fin d'extrait :

christ-in a écrit:Le cœur en joie et l’esprit léger, Lynette quitte la cuisine en reprenant l’air chanté par Josué :
— Ouvre les yeux de mon cœur, ouvre les yeux de mon cœur, je veux te voir... Pala la la la la pala la la...

Euh, arrête-moi si je me trompe, mais ils viennent de se "disputer" juste avant, non ? Bon, disputer est un peu fort, mais leur discussion était plutôt houleuse et leurs avis totalement divergents sur Cromwell. Les sangs ont dû s'échauffer, et pourtant, moins d'une minute plus tard, Mounette a "le cœur en joie et l'esprit léger". Tant mieux s'ils peuvent passer des larmes au rire en un clin d'œil, toutefois, ça manque de réalisme.

Plongé dans ses souvenirs, Josué sursaute. Deux jeunes rockers en perfecto et empestant le houblon à plein nez, lui font face. Un des garçons rabaisse son foulard constellé de têtes de morts et lui présente sa gorge en le narguant.
Pourquoi pas… mais si je nous replace dans le contexte, il est 7h30-8h du matin. Ils sont déjà alcoolisés ? Attention, je dis pas que c’est impossible, pour prendre les transports en commun, je sais que c’est possible, mais… je trouve ça juste bizarre. J’aurais plus vu une scène de ce genre le midi ou le soir en rentrant. Les alcoolos qui traînent le soir dorment à cette heure-là (mode cliché ON).

Une dernière chose : la cohérence des prénoms.
Edward et Lynette Freeman, ça me sonne améwicanne dans les oreilles. Josué, par contre, très bizarrement français (la faute à l’accent, sans doute). Alors c’est possible, tout dépend de ton univers. Mais je doute qu’une famille américaine, d’origine américaine, nomme son fils Josué (Joshua sonnerait mieux, dans ce contexte, par contre).


Piste d’amélioration
Spoiler:
À mon avis, tu devrais revoir tes fiches personnages, approfondir leurs caractères et bien t'interroger sur leurs interactions : est-ce crédible si X répond/fait/dit ça ? Je ne ressens pas de problème concernant ton personnage principal, mais ne fais pas l’impasse sur les personnages secondaires, qui sont tout aussi importants. S'ils ne sont pas crédibles, ils feront perdre sa crédibilité au héros ainsi qu'au scénario. Prends le temps de te poser et de te mettre dans la peau de chacun d'eux pour t'assurer qu'ils agissent conformément à leur caractère et, plus globalement, répondent à une certaine logique.
Essaie de te représenter la scène en te positionnant d’abord en tant que Josué, puis en tant que Lynette, tu peux même la jouer ! Répète-la haut et fort comme une pièce de théâtre : les faiblesses devraient t’apparaître plus facilement.

Pour résumer :
Points négatifs :
- cohérence dans le caractère des personnages
- cohérence dans le déroulement de la scène (lié au point 1)
- manque d’une ambiance, d’une atmosphère, effet "scénario" et pas "roman"


Points positifs :
- français maîtrisé
- texte dynamique
- des effets de styles bien trouvés, un style personnel qui se dégage


Voilà, j'espère que ça t'aura été utile et comme je le dis à chaque fois : cet avis est personnel, subjectif, et n'engage que moi. Il n'a pas valeur de vérité absolue et peut tout à fait être contredit ou contesté ! (ce que je t'encourage vivement à faire)

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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

Message  christ-in le Sam 14 Juin 2014 - 7:40

Coucou Hybride

Beaucoup de choses à voir avec ta lecture, mais je vais m'y coller, promis... En tous les cas, merci pour ton aide  Smile , c'est vraiment très détaillé et très utile.
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Re: Canaan (partie 1) - commentaires

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