Les Liens du Sang (policier)

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Message  MrSonge le Jeu 16 Oct 2008 - 17:33

Je vous explique tout d'abord en deux mots mon problème. Lorsque je décide de commencer un roman, je prévois d'écrire un "pavé". Et, évidemment, je ne le finsi jamais. Ce qui fait que j'ai sur mon ordinateur un dossier "Inachevés" contenant maintenant deux ébauches de romans, une pièce de théâtre et le roman en cour qui fait l'objet de ce sujet.
Ce roman est en fait la réécriture d'un roman terminé il y a trois ans que j'ai ressorti d'un tiroir il y a quelques semaines. Je l'ai trouvé tellement minable et mal écrit que je suis entrain de le réviser de fond en comble. Je suis nettement plus satisfait de cette version, qu'on ne peut absolument pas comparer avec la première qui n'était qu'un texte sans intérêt, sans style, sans rythme, bref une nullité.
Voici donc la première partie du premier chapitre d'un roman policier que j'écris en ce moment, remettant mes "monstres" en projets à plus tard. Very Happy

Chapitre I


La dernière note de la Symphonie avec Orgue de Saint-Saëns s'éteignit quelques secondes après le puissant coup de timbale final, laissant place à un silence que, sidéré par ce qu'il venait d'entendre, le public n'osa pas rompre immédiatement. Mais après quelques instants, ce fut un tonnerre d'applaudissement assourdissant, des vivats ; une vague incroyable d'enthousiasme submergea l'assemblée qui s'était levée presque d'un seul geste. Le chef d'orchestre, Kurt Mazur, salua plusieurs fois, serra la main de la jeune femme qui lui apportait des fleurs, fit lever l'orchestre, salua derechef. Tandis que la salle exultait encore, il sortit par la droite et revint avec les deux solistes qui avaient, en première partie, interprété le Double Concerto de Brahms. Les cris se firent plus forts encore. Se tenant par la main, les trois musiciens saluèrent plusieurs fois. Bientôt, ils nageaient dans les fleurs qui leur étaient lancées de toutes parts.
Ce ne fut qu'après d'innombrables rappels du public que les gens commencèrent à sortir de la salle Pleyel, les oreilles encore pleines des sons magnifiques qu'ils venaient d'entendre.
Alors que la salle était presque vide, un groupe de cinq jeunes hommes assis au centre du parterre semblait encore hypnotisé par le concert qui venait de se terminer. Celui qui était assis tout à droite était petit et un peu fort. Ses yeux bleus fixaient encore la scène. tandis qu'il se passait une main dans ses cheveux blonds, les décoiffants un peu plus qu'ils ne l'étaient déjà. Vêtu d'une simple chemise à carreaux qu'il avait négligemment passé dans son jeans, il contrastait très fortement avec son voisin de droite. Ce dernier, bien plus grand et plus mince que lui, portait un élégant complet trois-pièces gris. Ses cheveux roux étaient peignés avec soins, ramenés en arrière sur les cotés et sur la droite au sommet du crâne. Il s'était laissé pousser une paire de favoris qu'il taillait chaque matin avec minutie. Ses lunettes rondes, posée sur un nez en trompette, dévoilaient une paire d'yeux verts étincelants.
Le jeune homme suivant, vêtu d'un veston gris passé sur une chemise blanche qui tombait par-dessus un pantalon bleu foncé, était un peu plus grand et de plus forte carrure que le rouquin. Il ajustait sans cesse une paire de lunettes aux verres sales qui glissaient constamment le long de son long nez. D'un blond mat, ses cheveux étaient drus et coupés courts. Lorsque le groupe se leva, il échangeait ses impressions avec son voisin de droite et semblait extrêmement enthousiasmé par le concert auquel ils avaient assistés. Son interlocuteur, qui parlait moins fort et ne gesticulait pas, était de taille moyenne et avait les cheveux bruns. Son visage avait gardé quelques traces d'un acné persistant qui le faisait paraître plus jeune qu'il ne l'était. Son complet deux pièce n'était pas repassé et il ne portait pas de cravate. Peut-être parce que tout ces vêtements étaient trop grand pour lui, il semblait étrangement empruntés et mal-à-l'aise.
La dernière personne de ce petit groupe était plus petite que lui et se tenait très droite, de façon presque raide. C'était un jeune homme au visage ovale, contourné sous le menton, d'une oreille à l'autre, par une fine barbe noire. Contrairement à ses acolytes, et même s'il partageait entièrement leur enthousiasme, il ne souriait pas.
Lorsqu'ils furent sortis de la salle, le rouquin proposa de se rendre au vestiaire pour reprendre possession de leurs effets, ce qu'ils firent. Le premier, le petit, s'empara d'une veste brune en daim, le grand blond attrapa une veste imperméable noire, celui qui portait un costume enfila un imperméable bleu et le barbu ne récupéra aucun vêtement, attendant ses amis à l'entrée du vestiaire. Seul le jeune homme aux lunettes rondes avait déposé plus d'une chose. Il passa tout d'abord un long manteau noir, se couvrit ensuite d'un chapeau de feutre de la même teinte , glissa ses mains aux longs doigts fins dans une paire de gants, puis se saisi d'une canne à pommeau d'argent. Tandis qu'il ajustait son couvre-chef, le jeune homme à la veste en daim lui cria quelque chose depuis le hall d'entrée.
« Tu penses y passer encore combien de temps, Rimsky ?
- J'arrive, Cui, tout de suite, répondit l'intéressé en sortant d'un pas rapide du vestiaire. »
Ces cinq jeunes gens se désignaient souvent par des sobriquets qu'ils s'étaient attribués lorsqu'ils avaient commencés à se réunir pour parler musique. C'était celui qui répondait maintenant au surnom de Balakirev qui avait émis l'idée que chacun se dote d'un nom de compositeur ayant appartenu au Groupe des Cinq, à savoir César Cui, Borodine, Balakirev, Rimsky-Korsakov et Moussorgsky.
Ainsi, le rouquin, qui répondait habituellement au nom d'Etienne Auguste de Culbertain, était devenu Rimsky-Korsakov, en raison de son penchant pour la théorie musicale qu'il étudiait, ainsi que le piano et la musicologie, au Conservatoire national de musique et de danse de Paris. César Cui s'était réincarné en la personne d'Adrien Montel, violoniste prometteur ayant récemment accepté un poste de critique musical au journal l'Aurore. Balakirev, surnommé ainsi parce que c'était lui qui avait eût l'idée de ce parallèle historique, était le seul a porter la barbe et se nommait Lucien Pignot. Le blond, celui qui portait une veste noire, était le Moussorgsky du groupe. Désigné ainsi à cause de son tempérament chaleureux et extraverti, il avait pour nom Lionel Caluchet et approchait de son diplôme de clarinettiste. Le dernier, Borodine, était le jeune homme au complet froissé, Maxime Daubrais, qui s'était voué à l'étude de la physique des particules.
Une fois que Etienne Auguste de Culbertain eu rejoint ses amis, ils sortirent tous du bâtiment et se mirent en marche en direction de la plus proche station de métropolitain. Lionel Caluchet sondait fébrilement les avis de tout le monde, pour savoir si oui ou non, on s'accorderait pour dire que cela avait été un concert hors du commun, monumental, historique même !
« Moi qui ne suis pas un fanatique admirateur de Saint-Saëns, s'écria-t-il, je m'avoue vaincu ! J'ai été transporté, littéralement transporté. Sans parler de ce Brahms, ah ce Brahms !
- J'avoue, avait approuvé Montel, que j'ai rarement entendu cette symphonie aussi brillamment exécutée. L'orgue et l'orchestre ne tentaient pas, pour une fois, de s'écraser l'un l'autre. L'équilibre était parfait.
- Tout comme il l'était, ajouta Daubrais, à l'intérieur de l'orchestre. Ni trop de cuivres, ni trop peu. On ne peut rêver un meilleur dosage des timbres.
- J'ai toujours dit que ce chef ferait des miracles avec l'Orchestre National, affirma Caluchet. Jamais cet ensemble n'a été aussi bon.
- Tu omets le rapide mais, ô combien réussi, passage de Karajan parmi les musiciens de la capitale, fit remarquer de Culbertain. Rappelle-toi le magnifique Concerto pour piano de Tchaikovksy et la 10ème symphonie de Chostakovitch.
- En effet, c'était grandiose aussi mais nous n'y étions pas. On dira ce que l'on voudra mais le direct est incomparable.
- Je te le concède, aucun disque ne vaudra jamais un bon concert. Bien, messieurs, je crains de ne devoir vous quitter, s'excusa Etienne Auguste après avoir rapidement consulté son bracelet-montre. Je suis désolé de déroger à la règle mais je ne viendrai pas dîner avec vous ce soir. Mon père reçoit Isidore Donadieu en ce moment même et je serais très heureux de le saluer avant qu'il ne s'en retourne.
- Donadieu ? S'étonna Lucien Pignot. Le directeur du CNSMDP ?
- Lui-même, aurais-tu oublié qu'il est lié d'amitié avec mon père depuis d'innombrables années ? Même si je n'ai jamais bien compris ce qui pouvait bien rapprocher deux hommes si différents, force m'est de constater qu'ils se tutoient depuis que je suis venu au monde. »
Après avoir serré quatre mains, le jeune homme aux cheveux roux prit congé de ses amis qui s'engouffrèrent dans la bouche du métropolitain. Il obliqua pour sa part vers une rangée de voiture stationnées en épis le long du trottoir et s'arrêta devant une 2CV bleue ciel dont l'éclat, sous la lumière d'un proche réverbère, trahissait une récente remise à neuf. Ayant appuyé sa canne contre une porte de l'automobile, il se mit à fouiller les poches de son veston, puis de son manteau et de son pantalon en quête de la clef de contact. Après quelques minutes de fouille intensive, force lui fut d'admettre qu'il n'avait pas cette clef sur lui. Il se gratta l'arrière du crâne et envisagea la conjoncture avec circonspection. Ou diable avait-il bien pu fourrer cette fichue clef ? Se demanda-t-il en examinant en vain une seconde fois les poches de ses vêtements. Persuadé de l'avoir perdue, il retourna jusqu'à la Salle Pleyel, courbé en deux, auscultant méticuleusement chaque recoins du trottoir. Arrivé devant la salle de concert, il constata qu'elle avait déjà fermé ses portes. Dépité, il retourna une ultime fois toutes ses poches avant de revenir vers sa voiture. En désespoir de cause, il tenta d'ouvrir une portière. Miraculeusement, il avait omis de verrouiller celles de derrière et put, au prix d'une petite contorsion du bras, ouvrir la porte du conducteur depuis l'intérieur. Heureux de pouvoir rentrer au volant de sa 2CV, il se glissa rapidement sur son siège et tourna la clef de contact. Le moteur cala mais il n'essaya pas de le faire repartir tout de suite. Comment se faisait-il qu'il avait maintenant en main la clef tant convoitée alors que quelques secondes avant, il la cherchait encore ? Il comprit rapidement qu'il l'avait oubliée sur le contact en sortant du véhicule quelques heures auparavant et que, par réflexe, il l'avait tournée pour démarrer.
Satisfait, Etienne Auguste de Culbertain s'apprêtait à prendre la route lorsqu'il se frappa le front, faisant glisser ses lunettes.
« Ma canne, saperlipopette ! J'allais partir sans ma canne ! »
Il fouilla son véhicule de font en comble sans trouver trace de son accessoire. Persuadé de l'avoir oubliée contre la porte de la Salle Pleyel, il sortit rapidement de son automobile pour courir jusqu'à la grande porte de la salle où il constata, de plus en plus intrigué, qu'il n'avait pas laissé sa canne à cet endroit. Ce traitant de tout les noms d'oiseaux qui lui venaient à l'esprit, il retourna à sa voiture, furieux d'avoir égaré un si bel objet. Mais lorsqu'il contourna la 2CV luisante, son regard fut soudain attiré par un objet appuyé contre l'aile avant gauche. Etienne Auguste s'insulta une fois de plus en son fort intérieur et se saisit de sa canne, qu'il posa, une fois installé derrière le volant, sur la banquette arrière.
L'humeur assombrie par cette suite d'oublis malencontreux qui lui rappelait combien il lui arrivait d'être distrait, il fit démarrer son automobile et embraya plus brutalement que de coutume. Il arriva chez ses parents, où il logeait encore, un quart d'heure après et se rangea devant un garage à l'intérieur duquel on pouvait apercevoir une citroën plus récente que sa 2CV. Etienne Auguste de Culbertain sortit de sa voiture et se dirigea rapidement vers la porte d'entrée de sa maison.

La mère de celui qui était surnommé Rimsky-Korsakov par ses amis, Rose-Adeline de Culbertain était une petite femme au nez retroussé qui réunissait ses cheveux en un chignon serré à l'arrière de son crâne. Elle dévouait le plus clair de son temps aux tâches ménagères qu'elle avait élevé au rang de pratiques rituelles qu'il lui fallait absolument honorer afin de satisfaire une obscure divinité qui pouvait à tout moment la transformer en un petit tas de cendre si elle ne faisait pas en sorte que son intérieur puisse rivaliser avec les confins stérilisés d'un hôpital suisse.
Son mari, Jules Emile de Culbertain, comme la plupart des hommes, avait toujours été hermétique à la science de l'aspirateur et du plumeau. Lorsque l'incommodant bruit du dévoreur de particules nocives venait perturber sa lecture, ses yeux étincelaient de désapprobation derrière son antique pince-nez avant qu'il ne change rapidement de pièce, en quête d'une atmosphère plus propices à ses activités intellectuelles. Activités, il faut bien l'avouer, qui se réduisaient depuis sa retraite à lecture de considérables quantités d'ouvrages aussi divers que variés et l'absorption en connaisseurs de non moins considérables quantités de whisky qu'il faisait spécialement venir d'une distillerie Ecossaise.
Ce fut justement devant une bouteille de ce fameux Talisker que Etienne Auguste trouva son père, installé dans un fauteuil du salon, discutant avec un homme qui faisait tourner sa boisson dans son verre, comme s'il ne pouvait se résoudre à la boire.
Lorsque Jules Emile aperçu son fils, il se leva et ce dernier remarqua qu'il avait l'air soucieux et préoccupé. Il salua Isidore Donadieu qui s'était aussi extirpé de son fauteuil puis pris place sur un troisième siège, en face du visiteur.
« Vous me semblez tout deux bien soucieux, entama-t-il en se servant un verre de whisky. Je n'ai pas pour habitude de voir autant de rides barrer le front de monsieur mon père.
- Mes rides t'ont bien renseigné, affirma celui-ci. Mon ami Isidore vient de me conter une histoire des plus fâcheuse. Je ne crois pas exagérer en disant qu'il est proche de se noyer au milieu d'un océan de soucis et de contrariété sur lequel son frêle esquif a été embarqué bien malgré lui.
- Vous êtes même encore en-dessous de la vérité, renchérit Isidore Donadieu.
- C'en est à ce point-là ? s'enquit le jeune rouquin. Vous m'avez l'air d'un homme dans la mélasse jusqu'aux aisselles.
- Jusqu'aux cou, mon jeune ami, jusqu'au cou. Dans le pétrin jusqu'au cou.
- La mélasse, corrigea obligeamment Jules Emile de Culbertain en buvant une gorgée de whisky.
- La mélasse, le pétrin ou la panade, peut m'importe. Au point où j'en suis, je m'estimerais heureux s'il ne s'agissait pas d'un cocktail des trois.
- Bref, le fait est, résuma Etienne Auguste, que vous subissez une contrariété. Oserais-je vous demander de m'en dire un peu plus, si je ne suis pas indiscret ?
- Je l'ai déjà raconté à votre père et je n'ai rien à vous cacher. Avant d'en arriver au noeud du problème, il faut que je commence par vous raconter une histoire qui m'est arrivée il y a de nombreuses années.
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Message  Pacô le Ven 17 Oct 2008 - 18:04

MrSonge a écrit:

Chapitre I

La dernière note de la Symphonie avec Orgue de Saint-Saëns s'éteignit quelques secondes après le puissant coup de timbale final, laissant place à un silence que, sidéré par ce qu'il venait d'entendre, le public n'osa pas rompre immédiatement. Mais après quelques instants, ce fut un tonnerre d'applaudissements (j'espère juste pour le maestro qu'il y en avait plusieurs ^^) assourdissant, des vivats ; une vague incroyable d'enthousiasme submergea l'assemblée qui s'était levée presque d'un seul geste. Le chef d'orchestre, Kurt Mazur, salua plusieurs fois, serra la main de la jeune femme qui lui apportait des fleurs, fit lever l'orchestre, salua derechef. Tandis que la salle exultait encore, il sortit par la droite et revint avec les deux solistes qui avaient, en première partie, interprété le Double Concerto de Brahms. Les cris se firent plus forts encore. Se tenant par la main, les trois musiciens saluèrent plusieurs fois. Bientôt, ils nageaient dans les fleurs qui leur étaient lancées de toutes parts.
Ce ne fut qu'après d'innombrables rappels du public que les gens commencèrent à sortir de la salle Pleyel, les oreilles encore pleines des sons (notes?) magnifiques qu'ils venaient d'entendre.
Alors que la salle était presque vide, un groupe de cinq jeunes hommes assis (inerte? ça change un peu le sens, je l'avoue mais rien de convenable me vient à l'instant présent) au centre du parterre semblait encore hypnotisé par le concert qui venait de se terminer. Celui qui était assis tout à droite (celui qui était le plus à droite? Pour éviter la répétition) était petit et un peu fort. Ses yeux bleus fixaient encore la scène. tandis qu'il se passait une main dans ses cheveux blonds, les décoiffants (un adverbe ne s'accorde pas !) un peu plus qu'ils ne l'étaient déjà. Vêtu d'une simple chemise à carreaux qu'il avait négligemment passée dans son jeans, il contrastait très fortement avec son voisin de droite. Ce dernier, bien plus grand et plus mince que lui, portait un élégant complet trois-pièces gris. Ses cheveux roux étaient peignés avec soins, ramenés en arrière sur les côtés et sur la droite au sommet du crâne. Il s'était laissé pousser une paire de favoris qu'il taillait chaque matin avec minutie. Ses lunettes rondes, posées sur un nez en trompette, dévoilaient une paire d'yeux verts étincelants.
Le jeune homme suivant, vêtu d'un veston gris passé sur une chemise blanche qui tombait par-dessus un pantalon bleu foncé, était un peu plus grand et de plus forte carrure que le rouquin. Il ajustait sans cesse une paire de lunettes aux verres sales qui glissaient (s'ils'agit toujours bien de la paire Wink) constamment le long de son long nez. D'un blond mat, ses cheveux étaient drus et coupés courts. Lorsque le groupe se leva, il échangeait ses impressions avec son voisin de droite et semblait extrêmement enthousiasmé par le concert auquel ils avaient assistés. Son interlocuteur, qui parlait moins fort et ne gesticulait pas, était de taille moyenne et avait les cheveux bruns. Son visage avait gardé quelques traces d'une acné persistante (et oui, c'est féminin tout ça) qui le faisait paraître plus jeune qu'il ne l'était. Son complet deux pièces n'était pas repassé et il ne portait pas de cravate. Peut-être parce que tout ses vêtements étaient trop grands pour lui, il semblait étrangement empruntés et mal-à-l'aise.
La dernière personne de ce petit grou
Lorsqu'ils furent sortis de la salle, le rouquin proposa de se rendre au vestiaire pour reprendre possession de leurs effets, ce qu'ils firent. Le premier, le petit, s'empara d'une veste brune en daim, le grand blond attrapa une veste imperméable noire, celui qui portait un costume enfila un imperméable bleu et le barbu ne récupéra aucun vêtement, attendant ses amis à l'entrée du vestiaire. Seul le jeune homme aux lunettes rondes avait déposé plus d'une chose. Il passa tout d'abord un long manteau noir, se couvrit ensuite d'un chapeau de feutre de la même teinte , glissa ses mains aux longs doigts fins dans une paire de gants, puis se saisit d'une canne à pommeau d'argent. Tandis qu'il ajustait son couvre-chef, le jeune homme à la veste en daim lui cria quelque chose depuis le hall d'entrée.
« Tu penses y passer encore combien de temps, Rimsky ?
- J'arrive, Cui, tout de suite, répondit l'intéressé en sortant d'un pas rapide du vestiaire. »
Ces cinq jeunes gens se désignaient souvent par des sobriquets qu'ils s'étaient attribués lorsqu'ils avaient commencés à se réunir pour parler musique. C'était celui qui répondait maintenant au surnom de Balakirev qui avait émis l'idée que chacun se dote d'un nom de compositeur ayant appartenu au Groupe des Cinq, à savoir César Cui, Borodine, Balakirev, Rimsky-Korsakov et Moussorgsky.
Ainsi, le rouquin, qui répondait habituellement au nom d'Etienne Auguste de Culbertain, était devenu Rimsky-Korsakov, en raison de son penchant pour la théorie musicale qu'il étudiait, ainsi que le piano et la musicologie, au Conservatoire national de musique et de danse de Paris. César Cui s'était réincarné en la personne d'Adrien Montel, violoniste prometteur ayant récemment accepté un poste de critique musical au journal l'Aurore. Balakirev, surnommé ainsi parce que c'était lui qui avait eût l'idée de ce parallèle historique, était le seul à porter la barbe et se nommait Lucien Pignot. Le blond, celui qui portait une veste noire, était le Moussorgsky du groupe. Désigné ainsi à cause de son tempérament chaleureux et extraverti, il avait pour nom Lionel Caluchet et approchait de son diplôme de clarinettiste. Le dernier, Borodine, était le jeune homme au complet froissé, Maxime Daubrais, qui s'était voué à l'étude de la physique des particules.
Une fois que Etienne Auguste de Culbertain eut rejoint ses amis, ils sortirent tous du bâtiment et se mirent en marche en direction de la plus proche station de métropolitain. Lionel Caluchet sondait fébrilement les avis de tout le monde, pour savoir si oui ou non, on s'accorderait pour dire que cela avait été un concert hors du commun, monumental, historique même !
« Moi qui ne suis pas un fanatique admirateur de Saint-Saëns, s'écria-t-il, je m'avoue vaincu ! J'ai été transporté, littéralement transporté. Sans parler de ce Brahms, ah ce Brahms !
- J'avoue, avait approuvé Montel, que j'ai rarement entendu cette symphonie aussi brillamment exécutée. L'orgue et l'orchestre ne tentaient pas, pour une fois, de s'écraser l'un l'autre. L'équilibre était parfait.
- Tout comme il l'était, ajouta Daubrais, à l'intérieur de l'orchestre. Ni trop de cuivres, ni trop peu. On ne peut rêver un meilleur dosage des timbres.
- J'ai toujours dit que ce chef ferait des miracles avec l'Orchestre National, affirma Caluchet. Jamais cet ensemble n'a été aussi bon.
- Tu omets le rapide mais, ô combien réussi, passage de Karajan parmi les musiciens de la capitale, fit remarquer de Culbertain. Rappelle-toi le magnifique Concerto pour piano de Tchaikovksy et la 10ème symphonie de Chostakovitch.
- En effet, c'était grandiose aussi mais nous n'y étions pas. On dira ce que l'on voudra mais le direct est incomparable.
- Je te le concède, aucun disque ne vaudra jamais un bon concert. Bien, messieurs, je crains de ne devoir vous quitter, s'excusa Etienne Auguste après avoir rapidement consulté son bracelet-montre. Je suis désolé de déroger à la règle mais je ne viendrai pas dîner avec vous ce soir. Mon père reçoit Isidore Donadieu en ce moment même et je serais très heureux de le saluer avant qu'il ne s'en retourne.
- Donadieu ? S'étonna Lucien Pignot. Le directeur du CNSMDP ?
- Lui-même, aurais-tu oublié qu'il est lié d'amitié avec mon père depuis d'innombrables années ? Même si je n'ai jamais bien compris ce qui pouvait bien rapprocher deux hommes si différents, force m'est de constater qu'ils se tutoient depuis que je suis venu au monde. »
Après avoir serré quatre mains, le jeune homme aux cheveux roux prit congé de ses amis qui s'engouffrèrent dans la bouche du métropolitain. Il obliqua pour sa part vers une rangée de voitures stationnées en épis le long du trottoir et s'arrêta devant une 2CV bleue ciel dont l'éclat, sous la lumière d'un proche réverbère, trahissait une récente remise à neuf. Ayant appuyé sa canne contre une porte de l'automobile, il se mit à fouiller les poches de son veston, puis de son manteau et de son pantalon en quête de la clef de contact. Après quelques minutes de fouille intensive, force lui fut d'admettre qu'il n'avait pas cette clef sur lui. Il se gratta l'arrière du crâne et envisagea la conjoncture avec circonspection. Ou diable avait-il bien pu fourrer cette fichue clef ? Se demanda-t-il en examinant en vain une seconde fois les poches de ses vêtements. Persuadé de l'avoir perdue, il retourna jusqu'à la Salle Pleyel, courbé en deux, auscultant méticuleusement chaque recoins du trottoir. Arrivé devant la salle de concert, il constata qu'elle avait déjà fermé ses portes. Dépité, il retourna une ultime fois toutes ses poches avant de revenir vers sa voiture. En désespoir de cause, il tenta d'ouvrir une portière. Miraculeusement, il avait omis de verrouiller celles de derrière et put, au prix d'une petite contorsion du bras, ouvrir la porte du conducteur depuis l'intérieur. Heureux de pouvoir rentrer au volant de sa 2CV, il se glissa rapidement sur son siège et tourna la clef de contact. Le moteur cala mais il n'essaya pas de le faire repartir tout de suite. Comment se faisait-il qu'il avait maintenant en main la clef tant convoitée alors que quelques secondes avant, il la cherchait encore ? Il comprit rapidement qu'il l'avait oubliée sur le contact en sortant du véhicule quelques heures auparavant et que, par réflexe, il l'avait tournée pour démarrer.
Satisfait, Etienne Auguste de Culbertain s'apprêtait à prendre la route lorsqu'il se frappa le front, faisant glisser ses lunettes.
« Ma canne, saperlipopette ! J'allais partir sans ma canne ! »
Il fouilla son véhicule de font en comble sans trouver trace de son accessoire. Persuadé de l'avoir oubliée contre la porte de la Salle Pleyel, il sortit rapidement de son automobile pour courir jusqu'à la grande porte de la salle où il constata, de plus en plus intrigué, qu'il n'avait pas laissé sa canne à cet endroit. Se traitant de tous les noms d'oiseaux qui lui venaient à l'esprit, il retourna à sa voiture, furieux d'avoir égaré un si bel objet. Mais lorsqu'il contourna la 2CV luisante, son regard fut soudain attiré par un objet appuyé contre l'aile avant gauche. Etienne Auguste s'insulta une fois de plus en son fort (sans "t" quand c'est en toi Smile) intérieur et se saisit de sa canne, qu'il posa, une fois installé derrière le volant, sur la banquette arrière.
L'humeur assombrie par cette suite d'oublis malencontreux qui lui rappelait combien il lui arrivait d'être distrait, il fit démarrer son automobile et embraya plus brutalement que de coutume. Il arriva chez ses parents, où il logeait encore, un quart d'heure après et se rangea devant un garage à l'intérieur duquel on pouvait apercevoir une citroën plus récente que sa 2CV. Etienne Auguste de Culbertain sortit de sa voiture et se dirigea rapidement vers la porte d'entrée de sa maison.

La mère de celui qui était surnommé Rimsky-Korsakov par ses amis, Rose-Adeline de Culbertain était une petite femme au nez retroussé qui réunissait ses cheveux en un chignon serré à l'arrière de son crâne. Elle dévouait le plus clair de son temps aux tâches ménagères qu'elle avait élevé au rang de pratiques rituelles qu'il lui fallait absolument honorer afin de satisfaire une obscure divinité qui pouvait à tout moment la transformer en un petit tas de cendre si elle ne faisait pas en sorte que son intérieur puisse rivaliser avec les confins stérilisés d'un hôpital suisse. (LOL, respire ! M'enfin, pas mal trouvé quand même Wink)
Son mari, Jules Emile de Culbertain, comme la plupart des hommes, avait toujours été hermétique à la science de l'aspirateur et du plumeau. Lorsque l'incommodant bruit du dévoreur de particules nocives venait perturber sa lecture, ses yeux étincelaient de désapprobation derrière son antique pince-nez avant qu'il ne change rapidement de pièce, en quête d'une atmosphère plus propices à ses activités intellectuelles. Activités, il faut bien l'avouer, qui se réduisaient depuis sa retraite à lecture de considérables quantités d'ouvrages aussi divers que variés et l'absorption en connaisseurs de non moins considérables quantités de whisky qu'il faisait spécialement venir d'une distillerie Ecossaise.
Ce fut justement devant une bouteille de ce fameux Talisker que Etienne Auguste trouva son père, installé dans un fauteuil du salon, discutant avec un homme qui faisait tourner sa boisson dans son verre, comme s'il ne pouvait se résoudre à la boire.
Lorsque Jules Emile aperçu son fils, il se leva et ce dernier remarqua qu'il avait l'air soucieux et préoccupé. Il salua Isidore Donadieu qui s'était aussi extirpé de son fauteuil puis pris place sur un troisième siège, en face du visiteur.
« Vous me semblez tout deux bien soucieux, entama-t-il en se servant un verre de whisky. Je n'ai pas pour habitude de voir autant de rides barrer le front de monsieur mon père.
- Mes rides t'ont bien renseigné, affirma celui-ci. Mon ami Isidore vient de me conter une histoire des plus fâcheuse. Je ne crois pas exagérer en disant qu'il est proche de se noyer au milieu d'un océan de soucis et de contrariétés sur lequel son frêle esquif a été embarqué bien malgré lui.
- Vous êtes même encore en-dessous (en-deçà? Quitte à rester dans le langage soutenu ^^) de la vérité, renchérit Isidore Donadieu.
- C'en est à ce point-là ? s'enquit le jeune rouquin. Vous m'avez l'air d'un homme dans la mélasse jusqu'aux aisselles.
- Jusqu'aux cou, mon jeune ami, jusqu'au cou. Dans le pétrin jusqu'au cou.
- La mélasse, corrigea obligeamment Jules Emile de Culbertain en buvant une gorgée de whisky.
- La mélasse, le pétrin ou la panade, peut m'importe. Au point où j'en suis, je m'estimerais heureux s'il ne s'agissait pas d'un cocktail des trois.
- Bref, le fait est, résuma Etienne Auguste, que vous subissez une contrariété. Oserais-je vous demander de m'en dire un peu plus, si je ne suis pas indiscret ?
- Je l'ai déjà raconté à votre père et je n'ai rien à vous cacher. Avant d'en arriver au nœud du problème, il faut que je commence par vous raconter une histoire qui m'est arrivée il y a de nombreuses années.

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Message  Pacô le Ven 17 Oct 2008 - 18:05

(Désolé pour ce double post, mais ce forum a la fâcheuse habitude (faute à son admin? xD) de régler le nombre de caractères par message =S)

Légende:
Rouge: pour les choses à rajouter (pluriel, accords...) petits commentaires bien à moi Very Happy
Bleu: Fautes de répétitions propositions d'autres mots de voc, pour être plus correct Wink
Vert: Tout ce qui est à enlever ("s" en trop, expression beaucoup trop lourde...)

Question vocabulaire, tu gères. Je crois que c'est incontestable. Tes persos
sont très bien intégrés dans leur contexte. En d'autres termes, tes nobles parlent "le noble". Le langage convient donc au milieu.
On ressent une forte aisance du côté musicale. Je en connaissais pas, ne serait-ce que 50%, des noms de musiciens cités. De ce côté là aussi, ça va.
Attention aux fautes d'innatentions, à l'emploi de mots trop trop soutenu, qui peuvent finalement altérer la phrase en ne comprenant plus vraiment ce que tu voulais vraiment dire.
L'intrigue est en effet bien posée. Prochaine étape, ajouter la "chose" qui donnera vraiment le plaisir de vouloir savoir la suite. La conversation avec
l'ami du papa est déjà un bon début. Voyons voir la suite Very Happy .


Dernière édition par Pacô le Ven 17 Oct 2008 - 19:09, édité 1 fois

__________________________________
« Choisir est exclure. Que l’Empire soit intégré ou non dans notre société, chaque individu se verra ravi ou vilipendé. Espérons alors que ce choix sera réfléchi avec sagesse et que tous comprendront l’embarras du verdict. »
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Message  MrSonge le Ven 17 Oct 2008 - 18:57

Mille mercis pour les corrections !! J'ai honte, j'ai honte Embarassed... Mais promis pour la suite je ferais plus attention Very Happy.

La "chose" arrive ( dans mon prochain post pour économiser de la place chizz ). Je voulais tout d'abords mettre mon premier chapitre en entier, mais il était trop long. J'ai donc dû le couper en plusieurs parties. Et c'est vrai que là, c'est un peut tôt pour vraiment crocher parce que j'ai tranché juste avant l'élément déclencheur en lui-même.
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Message  MrSonge le Ven 17 Oct 2008 - 19:09

Chapitre I, seconde partie


Il se laissa aller sur le dossier de son fauteuil, but enfin une gorgée à son verre puis reprit, en contemplant ce qu'avait laissé son gosier.
- C'était en 1978, à cette époque j'enseignais depuis peu la composition et le contrepoint dans l'établissement que je dirige aujourd'hui. C'est d'ailleurs là que j'ai rencontré Adèle Boidin, une jeune chanteuse ravissante dont je suis très rapidement tombé amoureux. Ce fut réciproque et nous eûmes une relation qui dura quatre ans environ. C'est ici qu'intervient un point ennuyeux que nous pourrions nommer le hic. J'appris trop tard que mademoiselle Adèle Boidin était en fait madame Boidin, épouse d'un certain Edouard Boidin, ingénieur de son état.
- Je ne comprends pas, l'interrompit Etienne Auguste, pourquoi mademoiselle ou madame Boidin ne vous en a-t-elle rien dit ?
- Mais par amour pour moi. Elle était persuadée que je la quitterais sur-le-champ si je venais à apprendre qu'elle était une femme mariée. Je dois dire qu'elle mena sa barque plus qu'habilement. Jamais, en quatre ans, je n'eus une seule raison de me douter de quoi que ce fut.
- Et comment ce fait-il que votre relation n'ait pas duré plus longtemps si tout semblait si bien aller ?
- Pour une raison fort simple, répondit Isidore Donadieu. Il hésita ensuite longuement avant de poursuivre. Elle est décédée en 1982. Elle avait trente-et-un ans.
- Bigre, lâcha le jeune rouquin. Je suis désolé. C'était un accident ?
- Oui. Un tragique et stupide accident de voiture. On ignore ce qui c'est exactement produit, le moteur devait être défectueux. Quoi qu'il en soit, ce dernier a littéralement explosé, blessant gravement Adèle, qui est morte quelques jours plus tard, à l'hôpital.
- Affreux, constata Jules Emile.
- Atroce, renchérit son fils, le regard perdu dans le vague.
- Affreux est juste, atroce aussi, approuva le directeur du Conservatoire. Mais mon histoire n'est pas terminée. Voyez-vous, même maintenant, et en partie parce que son mari est encore en vie, je ne suis pas très enthousiaste à l'idée que notre liaison soit révélée au grand jour et cela peut être plus pour sa mémoire que pour moi.
- Je comprends parfaitement, mais sous-entendez-vous qu'il y a un risque que cela ne soit ébruité ?
- C'est bien là ce que je nommais tantôt le noeud du problème.
Il tira une enveloppe de la poche de son veston et en sortit une feuille de papier pliée en quatre.
- Tenez, dit-il en la tendant à Etienne Auguste. Lisez et vous comprendrez. »

Cher monsieur Donadieu,

Vous avez, comme d'habitude - car cela devient une habitude, n'est-ce pas ? -, honoré votre dernier payement. Je me vois maintenant dans l'obligation de vous demander de renouveler cette petite formalité pécuniaire. Je ne m'étendrais pas sur les raisons, assez clairs je l'espère, mais vous demanderais une fois de plus de déposer la somme de 1500.- euros à l'endroit et l'heure convenus, lundi suivant la date inscrite sur le timbre de la présente.

Avec mes salutations distinguées,

Votre Serviteur.

« Tonnerre, du chantage ! s'exclama-t-il une fois la lecture terminée.
- Exact. Voilà deux mois et demi que cela dure. A raison d'une lettre toutes les deux semaines environ.
- Et comment devez-vous effectuer ces... payements ?
- De la façon la plus simple qui soit au monde. Je dois déposer la somme réclamée sur une table dans un appartement abandonné d'un immeuble qui l'est tout autant au numéro vingt-deux de la rue des Abbesses. Un coin sordide.
- Mais n'as-tu jamais réussi à surprendre celui qui venait chercher l'argent ? demanda Jules Emile de Culbertain en se versant un autre verre de whisky.
- Jamais. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais chaque fois que j'ai tenté quelque chose, soit l'individu n'est pas venu, soit il m'a filé entre les doigts et la somme demandée dans la lettre suivante était plus important que d'habitude.
- Peut-être ne vous êtes-vous pas embusqué assez tôt, hasarda Etienne Auguste. A quelle heure devez-vous déposer l'argent ?
- Entre la demi de dix et onze heures du soir. L'ennui c'est que je n'ai pas que cela à faire de mes journée, guetter cet individu. Je ne peux pas m'installer le matin et surveiller toute la journée la maison. D'ailleurs, si je ne franchis pas le seuil dans la tranche horaire indiquée par lui, il ne se montre pas. Je le sais bien, j'ai essayé. Et si je m'embusque en repartant, il le remarque aussi, Dieu sait comment.
- Il te surveille, c'est évident, constata de Culbertain père.
- Oui, mais impossible de savoir d'où. Même si je ne tiens pas à m'attarder dans cette rue, j'ai plusieurs fois tenté de l'apercevoir mais il est totalement invisible.
- Bref, seul vous ne pouvez rien, conclut Etienne Auguste.
- C'est cela même, approuva Donadieu. Je suis dans une impasse.
- Une impasse dont, si vous me le permettez, je peux peut-être vous sortir.
Isidore Donadieu sursauta et assura qu'il serait immensément reconnaissant à Etienne Auguste de Culbertain si celui-ci parvenait à trouver une solution au problème cornélien qui le préoccupait.
- Il est, je crois, avéré que seul, vous ne pouvez rien tentez qui ne soit voué à l'échec. Il faut donc que vous soyez aidé. Je propose que nous disposions plusieurs personnes dans le bâtiment sis au numéro vingt-deux de cette rue, embusqués à différents endroits. Vous procéderez comme d'habitude et sortirez de la maison. Ainsi, nous pouvons espérer que notre homme se manifestera, voyant que vous ne revenez pas sur vos pas.
- Voilà une fort bonne idée, avoua Donadieu, enthousiaste. Je serais grandement soulagé si cela pouvait fonctionner. Mais qui pensez-vous mettre au courant de cette affaire ?
Il semblait soucieux à l'idée que plusieurs personnes soient mises dans la confidence.
- Je pensais tout d'abord que vous pourriez choisir vous-même quelques personnes de votre entourage digne de confiance. Vos plus proches amis, par exemple, des membres de votre famille ou que sais-je. En petit nombre.
- Je pourrais en parler à mon secrétaire, j'ai une pleine confiance en lui. A mon neveu, aussi, et à sa femme.
- Voilà qui est parfait. Cela suffira amplement. Pour ma part, je me propose de faire appelle à un groupe d'amis dont je réponds comme de moi-même, pour que nous soyons en nombre suffisant pour parer à toutes les éventualités possibles et imaginables. J'omettrais sans doute certains détails concernants votre passé mais je suis persuadé qu'ils auront le tact de ne pas me demander de précision.
- Je ne sais comment vous remercier, je vous occasionne bien des tracas.
- Des tracas ? S'exclama Jules Emile de Culbertain. Je connais assez mon fils pour lire dans son regard pétillant qu'il jubile comme un adolescent préparant un mauvais coup. Grâce à toi, sa semaine sera réussie et si de surcroît son entreprise est couronnée de succès - ce dont je ne doute pas -, tu auras fait de lui un homme comblé.
- Exact, approuva Etienne Auguste. De plus, c'est un honneur et un plaisir de vous tirer d'embarras. Même si je ne peux pas vous garantir que nous atteindrons notre but.
- C'est déjà plus qu'aimable de votre part de vous donner tout ce mal. Je suis vraiment confus.
- Je vous assure que vous n'avez pas à l'être. Considérez cela comme un simple service rendu de bonne grâce. J'espère que nous aurons un prétexte pour sabler le champagne ensemble mardi prochain. Mais avant, il nous faut régler les détails de cette affaire. Il faudra que nous nous retrouvions tous à la demie de huit heures devant le numéro vingt-deux de la rue des Abbesses pour être certains de devancer le filou. Ensuite nous nous organiserons à l'intérieur et peut-être dans la cour, si cour il y a. Il faudra d'ailleurs que j'aille visiter une fois ce bâtiment avant, pour me faire une idée du lieu et pour en esquisser un plan. Quant à vous, monsieur Donadieu, comme je l'ai déjà dit, ne vous souciez de rien, comportez-vous exactement comme d'habitude. Je vous ferais parvenir l'emplacement de chacun pour que, si vous aperceviez inopinément l'un de nous, vous sachiez à quoi vous en tenir. Cela vous évitera peut-être de petites frayeurs mais surtout de vous trahir par un sursaut intempestif.
- C'est entendu. Je préviendrais mon secrétaire, mon neveu et son épouse le plus tôt possible. Ils prendront contact avec vous eux-mêmes, ajouta le directeur du conservatoire en se levant. Sur ce, je crois que je vais prendre congé, en vous remerciant derechef. Vous m'ôtez une fameuse épine du pied.
- Vous me remercierez, rétorqua Etienne Auguste en souriant, lorsque nous aurons mené notre projet à bien. Mais comme je vous l'ai déjà dit, je ne peux affirmer que nous...
- J'ai entièrement confiance en vous, le coupa Isidore Donadieu. Si vous échouez, alors je pense que personne ne pourra jamais mettre la main sur cet individu.
- Tu n'as, je présume, absolument aucune idée de qui cela peut-il être ? Demanda Jules Emile.
- Non, je te l'ai déjà dis. Je ne comprends absolument pas comment quelqu'un a pu entrer en possession de ces informations. Jusqu'ici j'étais persuadé que nous étions les seuls, Adèle et moi, à être au courant.
- J'espère de tout coeur que nous répondrons à cette brûlante question lundi.
- Je n'en doute pas une seule seconde, mon jeune ami, affirma Donadieu »
Après quelques salutations amicales et de chaleureuses poignées de main, Isidore Donadieu quitta les de Culbertain père et fils et s'en retourna rue de Grenelle au volant de son imposante mercèdes.
Lorsqu'il se retrouva seul avec son fils, Jules Emile de Culbertain lui fit part des inquiétudes qu'il s'était efforcé de dissimuler devant son ami. Son fils le rassura en affirmant que, même s'ils échouaient, il ne pouvait rien leur arriver de fâcheux si l'on exceptait peut-être quelques hypothétiques coquards et ecchymoses.
« Néanmoins, mon fils, je subodore que tu vas au-devant d'ennuis et de désagréables contrariétés.
- Je persiste à dire que tu te fais du mauvais sang pour rien, mon père. Je suis persuadé que nous ressortirons de cette bâtisse victorieux et la tête haute, traînant pieds et poings liés dans la poussière le mécréant qui profite de ce cher monsieur Donadieu.
- En attendant d'aller jouer au cow-boys, les interrompit Rose-Adeline de Culbertain, dans ce coupe-jarret qu'est la rue des Abbesses, tu vas me faire le plaisir de venir manger un morceau à la cuisine. Je t'ai réchauffé tout ce que ces deux bâfreurs ont laissés du dîner. Quand à toi, ajouta-t-elle à l'adresse de son mari, si tu ne veux pas que l'affaire des huit litres de whisky dissimulés dans des bouteilles vides d'alcool-à-brûler ne rebondisse, je te conseille de renoncer à ta visible intention de te servir encore quelques rasades d'alcool. »
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Message  Pacô le Sam 18 Oct 2008 - 12:35

MrSonge a écrit:
Chapitre I, seconde partie

Il se laissa aller sur le dossier de son fauteuil, but enfin une gorgée à son verre puis reprit, en contemplant ce qu'avait laissé son gosier.
- C'était en 1978, à cette époque j'enseignais depuis peu la composition et le contrepoint dans l'établissement que je dirige aujourd'hui. C'est d'ailleurs là que j'ai rencontré Adèle Boidin, une jeune chanteuse ravissante dont je suis très rapidement tombé amoureux. Ce fut réciproque et nous eûmes une relation qui dura quatre ans environ. C'est ici qu'intervient un point ennuyeux que nous pourrions nommer le hic. J'appris trop tard que mademoiselle Adèle Boidin était en fait madame Boidin, épouse d'un certain Edouard Boidin, ingénieur de son état.
- Je ne comprends pas, l'interrompit Etienne Auguste, pourquoi mademoiselle ou madame Boidin ne vous en a-t-elle rien dit ?
- Mais par amour pour moi. Elle était persuadée que je la quitterais sur-le-champ si je venais à apprendre qu'elle était une femme mariée. Je dois dire qu'elle mena sa barque plus qu'habilement. Jamais, en quatre ans, je n'eus une seule raison de me douter de quoi que ce fut.
- Et comment ce fait-il que votre relation n'ait pas duré plus longtemps si tout semblait si bien aller ?
- Pour une raison fort simple, répondit Isidore Donadieu. Il hésita ensuite longuement avant de poursuivre. Elle est décédée en 1982. Elle avait trente-et-un ans.
- Bigre, lâcha le jeune rouquin. Je suis désolé. C'était un accident ?
- Oui. Un tragique et stupide accident de voiture. On ignore ce qui c'est exactement produit, le moteur devait être défectueux. Quoi qu'il en soit, ce dernier a littéralement explosé, blessant gravement Adèle, qui est morte quelques jours plus tard, à l'hôpital.
- Affreux, constata Jules Emile.
- Atroce, renchérit son fils, le regard perdu dans le vague.
- Affreux est juste, atroce aussi, approuva le directeur du Conservatoire. Mais mon histoire n'est pas terminée. Voyez-vous, même maintenant, et en partie parce que son mari est encore en vie, je ne suis pas très enthousiaste à l'idée que notre liaison soit révélée au grand jour et cela peut être plus pour sa mémoire que pour moi.
- Je comprends parfaitement, mais sous-entendez-vous qu'il y a un risque que cela ne soit ébruité ?
- C'est bien là ce que je nommais tantôt le nœud du problème.
Il tira une enveloppe de la poche de son veston et en sortit une feuille de papier pliée en quatre.
- Tenez, dit-il en la tendant à Etienne Auguste. Lisez et vous comprendrez. »

Cher monsieur Donadieu,

Vous avez, comme d'habitude - car cela devient une habitude, n'est-ce pas ? -, honoré votre dernier payement (paiement). Je me vois maintenant dans l'obligation de vous demander de renouveler cette petite formalité pécuniaire. Je ne m'étendrais pas sur les raisons, assez claires je l'espère, mais vous demanderais une fois de plus de déposer la somme de 1500.- euros à l'endroit et l'heure convenus, lundi suivant la date inscrite sur le timbre de la présente.

Avec mes salutations distinguées,

Votre Serviteur.

« Tonnerre, du chantage ! s'exclama-t-il une fois la lecture terminée.
- Exact. Voilà deux mois et demi que cela dure. A raison d'une lettre toutes les deux semaines environ.
- Et comment devez-vous effectuer ces... payements (paiements) ?
- De la façon la plus simple qui soit au monde. Je dois déposer la somme réclamée sur une table dans un appartement abandonné d'un immeuble qui l'est tout autant au numéro vingt-deux de la rue des Abbesses. Un coin sordide.
- Mais n'as-tu jamais réussi à surprendre celui qui venait chercher l'argent ? demanda Jules Emile de Culbertain en se versant un autre verre de whisky.
- Jamais. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais chaque fois que j'ai tenté quelque chose, soit l'individu n'est pas venu, soit il m'a filé entre les doigts et la somme demandée dans la lettre suivante était plus importante que d'habitude (la précédente?).
- Peut-être ne vous êtes-vous pas embusqué assez tôt, hasarda Etienne Auguste. A quelle heure devez-vous déposer l'argent ?
- Entre la demi de dix et onze heures du soir. L'ennui c'est que je n'ai pas que cela à faire de mes journées, guetter cet individu. Je ne peux pas m'installer le matin et surveiller toute la journée la maison. D'ailleurs, si je ne franchis pas le seuil dans la tranche horaire indiquée par lui, il ne se montre pas. Je le sais bien, j'ai essayé. Et si je m'embusque en repartant, il le remarque aussi, Dieu sait comment.
- Il te surveille, c'est évident, constata de Culbertain père.
- Oui, mais impossible de savoir d'où. Même si je ne tiens pas à m'attarder dans cette rue, j'ai plusieurs fois tenté de l'apercevoir mais il est totalement invisible.
- Bref, seul vous ne pouvez rien, conclut Etienne Auguste.
- C'est cela même, approuva Donadieu. Je suis dans une impasse.
- Une impasse dont, si vous me le permettez, je peux peut-être vous sortir.
Isidore Donadieu sursauta et assura qu'il serait immensément reconnaissant à Etienne Auguste de Culbertain si celui-ci parvenait à trouver une solution au problème cornélien qui le préoccupait.
- Il est, je crois, avéré que seul, vous ne pouvez rien tenter qui ne soit voué à l'échec. Il faut donc que vous soyez aidé. Je propose que nous disposions plusieurs personnes dans le bâtiment sis au numéro vingt-deux de cette rue, embusqués à différents endroits. Vous procéderez comme d'habitude et sortirez de la maison. Ainsi, nous pouvons espérer que notre homme se manifestera, voyant que vous ne revenez pas sur vos pas.
- Voilà une fort bonne idée, avoua Donadieu, enthousiaste. Je serais grandement soulagé si cela pouvait fonctionner. Mais qui pensez-vous mettre au courant de cette affaire ?
Il semblait soucieux à l'idée que plusieurs personnes soient mises dans la confidence.
- Je pensais tout d'abord que vous pourriez choisir vous-même quelques personnes de votre entourage digne de confiance. Vos plus proches amis, par exemple, des membres de votre famille ou que sais-je. En petit nombre.
- Je pourrais en parler à mon secrétaire, j'ai une pleine confiance en lui. A mon neveu, aussi, et à sa femme.
- Voilà qui est parfait. Cela suffira amplement. Pour ma part, je me propose de faire appelle à un groupe d'amis dont je réponds comme de moi-même, pour que nous soyons en nombre suffisant pour parer à toutes les éventualités possibles et imaginables. J'omettrai(s) sans doute certains détails concernants votre passé mais je suis persuadé qu'ils auront le tact de ne pas me demander de précision(s) (je suppose qu'il y en a plusieurs à donner).
- Je ne sais comment vous remercier, je vous occasionne bien des tracas.
- Des tracas ? S'exclama Jules Emile de Culbertain. Je connais assez mon fils pour lire dans son regard pétillant qu'il jubile comme un adolescent préparant un mauvais coup. Grâce à toi, sa semaine sera réussie et si de surcroît son entreprise est couronnée de succès - ce dont je ne doute pas -, tu auras fait de lui un homme comblé.
- Exact, approuva Etienne Auguste. De plus, c'est un honneur et un plaisir de vous tirer d'embarras. Même si je ne peux pas vous garantir que nous atteindrons notre but.
- C'est déjà plus qu'aimable de votre part de vous donner tout ce mal. Je suis vraiment confus.
- Je vous assure que vous n'avez pas à l'être. Considérez cela comme un simple service rendu de bonne grâce. J'espère que nous aurons un prétexte pour sabler le champagne ensemble mardi prochain. Mais avant, il nous faut régler les détails de cette affaire. Il faudra que nous nous retrouvions tous à la demie de huit heures devant le numéro vingt-deux de la rue des Abbesses pour être certains de devancer le filou. Ensuite nous nous organiserons à l'intérieur et peut-être dans la cour, si cour il y a. Il faudra d'ailleurs que j'aille visiter une fois ce bâtiment avant, pour me faire une idée du lieu et pour en esquisser un plan. Quant à vous, monsieur Donadieu, comme je l'ai déjà dit, ne vous souciez de rien, comportez-vous exactement comme d'habitude. Je vous ferai(s) parvenir l'emplacement de chacun pour que, si vous aperceviez inopinément l'un de nous, vous sachiez à quoi vous en tenir. Cela vous évitera peut-être de petites frayeurs mais surtout de vous trahir par un sursaut intempestif.
- C'est entendu. Je préviendrais mon secrétaire, mon neveu et son épouse le plus tôt possible. Ils prendront contact avec vous eux-mêmes, ajouta le directeur du conservatoire en se levant. Sur ce, je crois que je vais prendre congé, en vous remerciant derechef. Vous m'ôtez une fameuse épine du pied.
- Vous me remercierez, rétorqua Etienne Auguste en souriant, lorsque nous aurons mené notre projet à bien. Mais comme je vous l'ai déjà dit, je ne peux affirmer que nous...
- J'ai entièrement confiance en vous, le coupa Isidore Donadieu. Si vous échouez, alors je pense que personne ne pourra jamais mettre la main sur cet individu.
- Tu n'as, je présume, absolument aucune idée de qui cela peut-il être ? Demanda Jules Emile.
- Non, je te l'ai déjà dis. Je ne comprends absolument pas comment quelqu'un a pu entrer en possession de ces informations. Jusqu'ici j'étais persuadé que nous étions les seuls, Adèle et moi, à être au courant.
- J'espère de tout cœur que nous répondrons à cette brûlante question lundi.
- Je n'en doute pas une seule seconde, mon jeune ami, affirma Donadieu »
Après quelques salutations amicales et de chaleureuses poignées de main, Isidore Donadieu quitta les de Culbertain père et fils et s'en retourna rue de Grenelle au volant de son imposante Mercèdes.
Lorsqu'il se retrouva seul avec son fils, Jules Emile de Culbertain lui fit part des inquiétudes qu'il s'était efforcé de dissimuler devant son ami. Son fils le rassura en affirmant que, même s'ils échouaient, il ne pouvait rien leur arriver de fâcheux si l'on exceptait peut-être quelques hypothétiques coquards et ecchymoses.
« Néanmoins, mon fils, je subodore que tu vas au-devant d'ennuis et de désagréables contrariétés.
- Je persiste à dire que tu te fais du mauvais sang pour rien, mon père. Je suis persuadé que nous ressortirons de cette bâtisse victorieux et la tête haute, traînant pieds et poings liés dans la poussière le mécréant qui profite de ce cher monsieur Donadieu.
- En attendant d'aller jouer au cow-boys, les interrompit Rose-Adeline de Culbertain, dans ce coupe-jarret qu'est la rue des Abbesses, tu vas me faire le plaisir de venir manger un morceau à la cuisine. Je t'ai réchauffé tout ce que ces deux bâfreurs ont laissés du dîner. Quand à toi, ajouta-t-elle à l'adresse de son mari, si tu ne veux pas que l'affaire des huit litres de whisky dissimulés dans des bouteilles vides d'alcool-à-brûler ne rebondisse, je te conseille de renoncer à ta visible intention de te servir encore quelques rasades d'alcool. »
Satisfait de cette suite Smile.
Si si, j'aime beaucoup ^^'. Un vocabulaire riche, varié, adapté... Une histoire qui intrigue assez. Néanmoins, je ne comprends pas que tes personnages ne se posent pas l'éventuelle possibilité que ce mécréant soit le vrai mari d'Adèle? Enfin, je dis ça, je ne dis rien.
C'est donc très agréable à lire et je le recommande à plusieurs membres Wink.

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Sénateur Nixon, bras droit de Terrae.

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Pacô
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Masculin Nombre de messages : 16006
Age : 27
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Message  MrSonge le Dim 19 Oct 2008 - 11:51

La suite tant attendue ( ou pas ) de mon premier roman policier. Il s'agit de la première partie du second chapitre.

Chapitre II


Vers dix-neuf heures le surlendemain, l'appartement de Lucien Pignot était en pleine effervescence. Le maître des lieux attendait, d'ici quelques instants, la visite de ses acolytes du Groupes des Cinq et s'affairait encore à la cuisine, étalant avec minutie du pâté de campagne sur les derniers morceaux de pain-toast disposés sur un plateau de bois. Sa femme, l'agréable et séduisante Justine Pignot, disposait les couverts d'argents et les verres de cristal sur la table ronde du salon. Cette réunion extraordinaire des quatre amis de son mari l'intriguait et, bien que Lucien lui ait assuré qu'il avait décidé de les inviter sans aucun motif particulier, elle sentait bien que le coup de téléphone qu'il avait reçu la veille d'Etienne Auguste de Culbertain n'était pas étranger à la rapide organisation de ce dîner.
Au surplus, le fait que son mari organisât si promptement des agapes sans lui demander son avis ne la dérangeait en rien dans la mesure où il s'occupait lui-même, et avec un plaisir non dissimulé, de préparer l'entier des mets qu'il ferait déguster à ses amis. Ainsi, Justine se contentait de dresser la table pour l'heure convenue sans devoir se soucier de quoi que ce fut d'autre. De cela, en partie parce qu'elle était enceinte et qu'elle se sentait la plupart du temps plus fatiguée qu'à l'accoutumée, et en partie parce qu'elle n'avait jamais rien eu d'une fée des fourneaux, elle était extrêmement reconnaissante à Lucien Pignot.
A peine quelques instants après qu'elle eut terminé de mettre le couvert, la sonnette de la porte d'entrée retentit dans tout l'appartement. De la cuisine, son mari la pria d'aller répondre en arguant qu'il était en plein dans la phase délicate qui est celle de la disposition d'une rondelle de cornichon au centre du toast tartiné de rillettes.
Justine s'exécuta, livrant passage à Lionel Caluchet, dont la moitié supérieur du corps était dissimulée par un imposant bouquet de fleurs aux couleurs chatoyantes et aux multiples parfums.
« Lionel, s'exclama la jeune femme en refermant la porte derrière lui, tu as encore fait des folies !
- Pas du tout, pas du tout. Il ne m'a pas coûté un sou. J'ai réussi à attendrir ma soeur, fleuriste de son état, qui s'est fait une joie de me le confectionner par amour pour son cher frère.
Justine lui lança un regard ironiquement réprobateur en plaçant le bouquet dans un vase qu'elle emporta difficilement vers la cuisine, dans le but de le remplir d'eau.
- Je le porte, déclara Lionel en le retirant des bras de la jeune femme, inutile que tu te fatigues pour cela.
- Merci. Cependant, si je puis me permettre, tu abuses un peu. Si en plus de te faire la lessive elle devient ton fournisseur officielle de fleurs gratuites, ne trouves-tu pas que cela fait beaucoup ?
- Ah pardon, corrigea le jeune homme en entrant dans la cuisine avant de saluer son ami qui était penché sur un plateau débordant de petit fours. La lessive, reprit-il, c'est son idée. Elle estimait que je ne la faisais pas assez souvent et, bien que je ne visse pas l'utilité de laver mes vêtements chaque semaines, elle s'est mise en tête de me rendre ce service.
- Et c'est heureux, affirma Lucien en ajustant la dernière rondelle de cornichon. Sans elle, Dieu sait ce que tu deviendrais. Sais-tu seulement repasser un pantalon où un T-shirt ?
- Repasser ? Je dois avoir su le faire, oui. Je me souviens que ma mère m'avait une fois forcé à m'en occuper. Elle l'avait amèrement regretté d'ailleurs, mais ce n'était pas entièrement de ma faute.
Lucien Pignot soupira et posa sur son ami un regard emprunt de résignation affectueuse. Il craignait de plus en plus fortement que Lionel ne restât éternellement adolescent, avec les défauts et les qualités propres cette tranche d'âge. Il se demandait souvent comment autant de talent musicaux pouvaient avoir été réunis dans une tête qui abritait des aspects bien moins réjouissants qu'il désapprouvait tout en étant conscient qu'ils faisaient partie intégrante du charme de son ami. Lorsqu'ils étaient ensemble, les plaisanteries salaces de Lionel, son manque de raffinement et ses penchants pour la mauvaise littérature ne lui pesaient absolument pas. Il avait pris l'habitude de les ignorer le plus simplement du monde. C'était quand il se retrouvait seul, une fois que Lionel l'avait quitté, qu'il lui semblait impossible que ce fut la même personne qui, sous ses yeux, s'extasiait devant une symphonie de Bruckner avant de cracher avec mépris sur Victor Hugo ou de débiter une plaisanterie plus grasse qu'un plat d'escargots au beurre.
Mais malgré ces divergences, qui le faisait parfois regarder Lionel Caluchet comme un éternel plaisantin qui refuse d'affronter la sévérité et l'intransigeance de la vie d'adulte de face, il l'avait toujours considéré comme un ami cher et fidèle auquel il faisait entièrement confiance. Sauf lorsqu'il s'agissait d'être présentable ou de faire bonne impression. Avec ses T-shirts froissés, ses éternels jeans d'un bleu passé, Lionel Caluchet était classable au premier coup d'oeil dans la catégorie des célibataires négligents. Cependant, il l'était sans s'en apercevoir. En effet, il lui semblait tout à fait normal de ne laver ses vêtements qu'une fois par mois, de passer outre l'étape du repassage et de considérer comme de la maniaquerie de ranger plus d'une fois l'an son studio qui ressemblait à la caverne d'Ali Baba en moins onéreux et probablement en plus poussiéreux.
Un second coup de sonnette retentit tandis que Lucien Pignot transportait les plateaux de petits fours et les bols de biscuits et d'olives de la cuisine à la table basse du salon autours de laquelle étaient disposés six sièges. Accueilli par Justine, Adrien Montel salua tout le monde avant de déposer son étui à violon contre la bibliothèque vitrée qui trônait au salon, entre une fenêtre et une petite cheminée.
« Qu'est-ce que ce sera, ce soir ? Lui demanda Justine en lui accrochant sa veste au portemanteau.
- Le scherzo de la Sonate pour violon et piano d'Etienne Auguste et la troisième de mes Mélodies.
- Tu en as prévues combien ?
- C'est la dernière, je compte faire une petite pause. Il ne faut pas que je néglige mon instrument au profil de mes compositions.
- Et Etienne Auguste ?
- Lui, je ne sais pas comment il fait. Il a un catalogue haut comme la tour Eiffel sans pour autant que l'on ne constate une quelconque détérioration de son jeu. C'est à croire qu'il lui suffit de lire les partitions pour les connaître sur le bout des doigts.
- Détrompe toi, mon cher, lui cria Lionel d'un fauteuil du salon, je l'ai souvent surpris travaillant avec acharnement sa technique, fidèle à lui-même, une pièce sur chaque main. Je ne connais guère que lui qui soit capable de me jouer la Seconde Rapsodie Hongroise de Liszt sans que cette fichue pièce de deux euros ne tombe.
- Voilà bien un de ces tour de passe-passe pour virtuose réservé aux pianistes, constata Adrien en se laissant tomber dans un siège face à son ami clarinettiste. Nous serions bien empruntés, nous autres violonistes, si nous voulions placer quoi que ce fut sur l'une de nos deux mains.
- Idem pour les clarinettistes, assura Lionel en faisant disparaître une poignée de noix de cajou dans son gosier.
Un bruit de pas se fit entendre depuis le couloir extérieur. Il y eut ensuite quelques raclements discrets témoignants que quelqu'un s'essuyait consciencieusement les souliers sur le paillasson.
- Quand on parle du loup ! s'exclama Lucien Pignot en se levant.
- Tu es sûr que c'est Etienne Auguste ? lui demanda sa femme.
- Il n'y a pas trente-six chaussures qui font ce bruit sec et net. Il s'agit de chaussures à semelles dures, et les seules que l'on porte en ville, ce sont les souliers. Or, je ne connais pas beaucoup de monde, excepté ce cher Rimisky-Korsakov, qui portent de pareilles chaussures. De plus, il est le seul à utiliser le paillasson. »
Il jeta un regard rapide mais lourd de sous-entendus à son ami qui attaquait maintenant les olives vertes dénoyautés, ignorant visiblement tout de l'utilisation bénéfique et hygiénique du cure-dent.
Etienne Auguste n'eut pas besoin de sonner, la porte lui fut ouverte avant qu'il ne presse le bouton-poussoir et il fit son entrée, une sacoche noire à la main, tiré à quatre épingles comme à son habitude. Dans le vestibule, il se défit de son manteau et de son chapeau, retira ses gants et les glissa dans une poche de son par-dessus. Introduit dans le salon par Lucien, il serra la main d'Adrien Montel et de Lionel Caluchet et embrassa Justine en la priant de ne pas se lever. Après avoir déposé sa sacoche près de l'étui à violon de son confrère, il prit place à côté de ce dernier et accepta une tranche de pain-toast garnie de rillettes, au milieu de laquelle était placé une fine rondelle de cornichon.
Avant de mordre dedans, de Culbertain l'observa longuement avec l'air intrigué d'un archéologue à qui on vient de soumettre un fossile qui lui était inconnu jusqu'alors.
« Quelque chose dans l'aspect de ce canapé à l'air de perturber jusqu'aux confins nébuleux de ton esprit, constata Adrien Montel avec amusement.
- En effet, acquiesça le jeune pianiste sans quitter la tranche de pain des yeux. Les petits fours de Lucien m'ont toujours fascinés. En particulier ceux sur lesquels il dispose cette petite rondelle de cornichon.
- Et en quoi mes cornichons te fascinent-ils de la sorte ? demanda Lucien, goguenard.
- Figure-toi, lui répondit son ami, que je me suis toujours demandé par quel prodige tu arrivais à placer la rondelle au centre - car je suis persuadé qu'elle est à l'exact centre géométrique de cette tranche de pain - sans que la couche de rillettes ne soit le moins du monde dérangé. J'ai longtemps supputé que tu piquais ladite rondelle d'un cure-dent mais je constate une fois de plus que c'est totalement impossible. Il aurait laissé une marque, si infime soit-elle. Or la surface de cette tranche de concombre et aussi vierge que la surface des glaces arctiques. J'étais en train d'envisager l'ultime solution que mon esprit est capable d'imaginer. Je me permets donc de te demander en désespoir de cause si c'est bien une aiguille à coudre que tu utilises pour piquer ces fichues rondelles de ces fichus cornichons sur ces fichues rillettes. »
Lionel Caluchet éclata de son rire franc et bruyant, rapidement imité par les trois autres convives. Seul Lucien garda son sérieux. Il se renfrogna même un peu et marmonna quelque chose de désobligeant à propos du sens de l'humour de ses contemporains. Il ajouta à voix plus intelligible que puisque c'était ainsi, personne ne saurait comment il s'y prenait pour disposer de si parfaite façon ces satanés rondelles de cornichons et qu'il emporterait sans doute son secret dans la tombe.
A ce moment, un troisième coup de sonnette retentit au milieu des derniers hoquets convulsifs de Lionel qui s'essuyait les yeux à l'aide du bas de son T-shirt. Maxime Daubrais, dans un polo violet trop grand pour lui, fit son entrée. Il vint se placer entre Lucien Pignot et Lionel Caluchet, face à la femme du premier. Après avoir informé l'assemblée qu'il venait directement de la Faculté et qu'il mourrait de faim, il plongea comme un phoque affamé sur les petits-fours divers qui étaient offerts à son regard concupiscent.
Tout en servant à ses amis quelques boissons, Lucien soupira en constatant que les canapés qu'il avait préparés quelques heures auparavant avec amour, minutie et délicatesse disparaissaient à une allure incroyable dans l'estomac du dernier arrivant. En effet, la particularité sans doute la plus frappante de Maxime Daubrais était qu'il avait toujours faim. Il engloutissait des quantités phénoménales de nourritures entre le levé et le couché, sans que ses intérieurs ne soient rassasiés. Le plus étonnant était qu'il ne grossissait pas d'un pouce. Lucien et Etienne Auguste avaient souvent tenté de comprendre où allait cette nourriture qui, chez tout autre que le jeune physicien, aurait rapidement formé une couche adipeuse sur le devant des intestins. Or le tour de taille de Maxime Daubrais ne dépassait aucunement la moyenne masculine. Ses trois jeunes amis musiciens avaient finalement conclu que celui qu'ils surnommaient Borodine était un cas unique, un phénomène de la nature dont les médecins se seraient fait une joie, s'ils mettaient la main dessus, de procéder à l'autopsie à chaud tant le cas leur semblerait fascinant. A lui seul, il mettait en péril les lois de Lavoisier.
Lorsque les plateaux de petits fours et les bols de cacahuètes, d'olives et de noix de cajous furent vides, les six convives passèrent à table. Lucien s'attacha un tablier orné d'un énorme coeur rouge sur l'estomac et s'en fut vers son domaine : la cuisine. Maxime s'installa de son propre chef à la place la plus proche de la cuisine, sous l'oeil désapprobateur d'Etienne Auguste qui attendait poliment les ordres de la maîtresse de maison. Le regard rivé à la porte de la cuisine, les narines à l'affût du moindre fumet qui eût put lui donner une idée de ce dont il allait bientôt pouvoir se rassasier, il attendait impatiemment le retour de Lucien.
Une fois que tout le monde fut installé autour de la grande table, le maître cuisinier du moment apporta un large plat dont l'odeur se répandit rapidement dans toute la pièce. Cependant, malgré l'impatience de certains de ses amis, il n'ôta pas tout de suite la cloche d'argent qui dissimulait le met.
« Alors, s'exclama Etienne Auguste, quel délicieux petit plat nous as-tu mitonné ce soir ? Je hume à pleines narines un cocktail de bonnes odeurs qui me font venir l'eau à la bouche.
- Quelque chose de neuf, expliqua Lucien, visiblement très fier de lui. Du jamais vu. Avant de vous dévoiler la chose, je vais vous expliquer comment je m'y suis pris pour aboutir au magistral résultat que vous allez contempler et goûter sous peu.
- Dieu que tu peux être verbeux, Balakirev, soupira Maxime en roulant des yeux.
Lucien Pignot ignora sa remarque et reprit, les yeux pétillants de malice et de fierté.
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Message  MrSonge le Lun 20 Oct 2008 - 19:44

Je viens de me rendre compte que la coupure pour laquelle j'ai opté n'était peut-être pas la plus habile qui soit. Tant pis, je suis en pleine relecture laborieuse, je pallierais cet inconvénient plus tard. Very Happy
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Message  Pacô le Dim 26 Oct 2008 - 13:34

MrSonge a écrit:
Chapitre II

Vers dix-neuf heures le surlendemain, l'appartement de Lucien Pignot était en pleine effervescence. Le maître des lieux attendait, d'ici quelques instants, la visite de ses acolytes du Groupes des Cinq et s'affairait encore à la cuisine, étalant avec minutie du pâté de campagne sur les derniers morceaux de pain-toast (pas de "s"?) disposés sur un plateau de bois. Sa femme, l'agréable et séduisante Justine Pignot, disposait les couverts d'argents et les verres de cristal sur la table ronde du salon. (arf', le pâté de campagne à côté de l'argenterie, ça porte à confusion xD) Cette réunion extraordinaire des quatre amis de son mari l'intriguait et, bien que Lucien lui ait assuré qu'il avait décidé de les inviter sans aucun motif particulier, elle sentait bien que le coup de téléphone qu'il avait reçu la veille d'Etienne Auguste de Culbertain n'était pas étranger à la rapide organisation de ce dîner.
Au surplus, le fait que son mari organisât si promptement des agapes sans lui demander son avis ne la dérangeait en rien dans la mesure où il s'occupait lui-même, et avec un plaisir non dissimulé, de préparer l'entier des mets qu'il ferait déguster à ses amis. Ainsi, Justine se contentait de dresser la table pour l'heure convenue sans devoir se soucier de quoi que ce fut d'autre. De cela, en partie parce qu'elle était enceinte et qu'elle se sentait la plupart du temps plus fatiguée qu'à l'accoutumée, et en partie parce qu'elle n'avait jamais rien eu d'une fée des fourneaux, elle était extrêmement reconnaissante à Lucien Pignot.(c'est quand même son mari. Je trouve que ça fait "froid", sans amour de la part de la femme).
A peine quelques instants après qu'elle eut terminé de mettre le couvert, la sonnette de la porte d'entrée retentit dans tout l'appartement. De la cuisine, son mari la pria d'aller répondre en arguant qu'il était en plein dans la phase délicate qui est celle de la disposition d'une rondelle de cornichon au centre du toast tartiné de rillettes. (toujours avec l'argenterie... =/. Beaucoup de "que" aussi, ce qui donne une impression que la phrase ne se terminera jamais).
Justine s'exécuta, livrant passage à Lionel Caluchet, dont la moitié supérieure du corps était dissimulée par un imposant bouquet de fleurs aux couleurs chatoyantes et aux multiples parfums.
« Lionel, s'exclama la jeune femme en refermant la porte derrière lui, tu as encore fait des folies !
- Pas du tout, pas du tout. Il ne m'a pas coûté un sou. J'ai réussi à attendrir ma sœur, fleuriste de son état, qui s'est fait une joie de me le confectionner par amour pour son cher frère. (le salaud Twisted Evil )
Justine lui lança un regard ironiquement réprobateur en plaçant le bouquet dans un vase qu'elle emporta difficilement vers la cuisine, dans le but de le remplir d'eau.
- Je le porte, déclara Lionel en le retirant des bras de la jeune femme, inutile que tu te fatigues pour cela.
- Merci. Cependant, si je puis me permettre, tu abuses un peu. Si en plus de te faire la lessive elle devient ton fournisseur officielle de fleurs gratuites, ne trouves-tu pas que cela fait beaucoup ?
- Ah pardon, corrigea le jeune homme en entrant dans la cuisine avant de saluer son ami qui était penché sur un plateau débordant de petit fours. La lessive, reprit-il, c'est son idée. Elle estimait que je ne la faisais pas assez souvent et, bien que je ne visse pas l'utilité de laver mes vêtements chaque semaine, elle s'est mise en tête de me rendre ce service.
- Et c'est heureux, affirma Lucien en ajustant la dernière rondelle de cornichon. Sans elle, Dieu sait ce que tu deviendrais. Sais-tu seulement repasser un pantalon où un T-shirt ?
- Repasser ? Je dois avoir su le faire, oui. Je me souviens que ma mère m'avait une fois forcé à m'en occuper. Elle l'avait amèrement regretté d'ailleurs, mais ce n'était pas entièrement de ma faute.
Lucien Pignot soupira et posa sur son ami un regard emprunt de résignation affectueuse. Il craignait de plus en plus fortement que Lionel ne restât éternellement adolescent, avec les défauts et les qualités propres de cette tranche d'âge. Il se demandait souvent comment autant de talents musicaux pouvaient avoir été réunis dans une tête qui abritait des aspects bien moins réjouissants qu'il désapprouvait tout en étant conscient qu'ils faisaient partie intégrante du charme de son ami. Lorsqu'ils étaient ensemble, les plaisanteries salaces de Lionel, son manque de raffinement et ses penchants pour la mauvaise littérature ne lui pesaient absolument pas. Il avait pris l'habitude de les ignorer le plus simplement du monde. C'était quand il se retrouvait seul, une fois que Lionel l'avait quitté, qu'il lui semblait impossible que ce fut la même personne qui, sous ses yeux, s'extasiait devant une symphonie de Bruckner avant de cracher avec mépris sur Victor Hugo ou de débiter une plaisanterie plus grasse qu'un plat d'escargots au beurre.
Mais malgré ces divergences, qui le faisait parfois regarder Lionel Caluchet comme un éternel plaisantin qui refuse d'affronter la sévérité et l'intransigeance de la vie d'adulte de face, il l'avait toujours considéré comme un ami cher et fidèle auquel il faisait entièrement confiance. Sauf lorsqu'il s'agissait d'être présentable ou de faire bonne impression. Avec ses T-shirts froissés, ses éternels jeans d'un bleu passé, Lionel Caluchet était classable au premier coup d'œil dans la catégorie des célibataires négligents. Cependant, il l'était sans s'en apercevoir. En effet, il lui semblait tout à fait normal de ne laver ses vêtements qu'une fois par mois, de passer outre l'étape du repassage et de considérer comme de la maniaquerie de ranger plus d'une fois l'an son studio qui ressemblait à la caverne d'Ali Baba en moins onéreux et probablement en plus poussiéreux.
Un second coup de sonnette retentit tandis que Lucien Pignot transportait les plateaux de petits fours et les bols de biscuits et d'olives de la cuisine à la table basse du salon autours de laquelle étaient disposés six sièges. Accueilli par Justine, Adrien Montel salua tout le monde avant de déposer son étui à violon contre la bibliothèque vitrée qui trônait au salon, entre une fenêtre et une petite cheminée.
« Qu'est-ce que ce sera, ce soir ? Lui demanda Justine en lui accrochant sa veste au portemanteau.
- Le scherzo de la Sonate pour violon et piano d'Etienne Auguste et la troisième de mes Mélodies. (les deux et me chagrinent. Une virgule serait la bienvenue il me semble)
- Tu en as prévu (lorsque le COD est repris par "en", il n'y a pas d'accord, puisque "en" est considéré comme COI) combien ?
- C'est la dernière, je compte faire une petite pause. Il ne faut pas que je néglige mon instrument au profil de mes compositions.
- Et Etienne Auguste ?
- Lui, je ne sais pas comment il fait. Il a un catalogue haut comme la tour Eiffel sans pour autant que l'on ne constate une quelconque détérioration de son jeu. C'est à croire qu'il lui suffit de lire les partitions pour les connaître sur le bout des doigts.
- Détrompe toi, mon cher, lui cria Lionel d'un fauteuil du salon, je l'ai souvent surpris travaillant avec acharnement sa technique, fidèle à lui-même, une pièce sur chaque main. Je ne connais guère que lui qui soit capable de me jouer la Seconde Rapsodie Hongroise de Liszt sans que cette fichue pièce de deux euros ne tombe.
- Voilà bien un de ces tours de passe-passe pour virtuose réservé aux pianistes, constata Adrien en se laissant tomber dans (sur?) un siège face à son ami clarinettiste. Nous serions bien empruntés, nous autres violonistes, si nous voulions placer quoi que ce fut sur l'une de nos deux mains.
- Idem pour les clarinettistes, assura Lionel en faisant disparaître une poignée de noix de cajou dans son gosier.
Un bruit de pas se fit entendre depuis le couloir extérieur. Il y eut ensuite quelques raclements discrets témoignant (ah on n'accorde pas les adverbes) que quelqu'un s'essuyait consciencieusement les souliers sur le paillasson.
- Quand on parle du loup ! s'exclama Lucien Pignot en se levant.
- Tu es sûr que c'est Etienne Auguste ? lui demanda sa femme.
- Il n'y a pas trente-six chaussures qui font ce bruit sec et net. Il s'agit de chaussures à semelles dures, et les seules que l'on porte en ville, ce sont les souliers. Or, je ne connais pas beaucoup de monde, excepté ce cher Rimisky-Korsakov, qui portent de pareilles chaussures. De plus, il est le seul à utiliser le paillasson. »
Il jeta un regard rapide mais lourd de sous-entendus à son ami qui attaquait maintenant les olives vertes dénoyautées, ignorant visiblement tout de l'utilisation bénéfique et hygiénique du cure-dent.
Etienne Auguste n'eut pas besoin de sonner, la porte lui fut ouverte avant qu'il ne presse le bouton-poussoir et il fit son entrée, une sacoche noire à la main, tiré à quatre épingles comme à son habitude. Dans le vestibule, il se défit de son manteau et de son chapeau, retira ses gants et les glissa dans une poche de son par-dessus. Introduit dans le salon par Lucien, il serra la main d'Adrien Montel et de Lionel Caluchet et embrassa Justine en la priant de ne pas se lever. Après avoir déposé sa sacoche près de l'étui à violon de son confrère, il prit place à côté de ce dernier et accepta une tranche de pain-toast garnie de rillettes, au milieu de laquelle était placé une fine rondelle de cornichon. (LOL)
Avant de mordre dedans (arf', le "dedans" me chiffone, ça casse le langage soutenu), de Culbertain l'observa longuement avec l'air intrigué d'un archéologue à qui on vient de soumettre un fossile qui lui était inconnu jusqu'alors. (encore bcp de "qui" à mon goût)
« Quelque chose dans l'aspect de ce canapé a l'air de perturber jusqu'aux confins nébuleux de ton esprit, constata Adrien Montel avec amusement.
- En effet, acquiesça le jeune pianiste sans quitter la tranche de pain des yeux. Les petits fours de Lucien m'ont toujours fasciné. En particulier ceux sur lesquels il dispose cette petite rondelle de cornichon.
- Et en quoi mes cornichons te fascinent-ils de la sorte ? demanda Lucien, goguenard.
- Figure-toi, lui répondit son ami, que je me suis toujours demandé par quel prodige tu arrivais à placer la rondelle au centre - car je suis persuadé qu'elle est à l'exact centre géométrique de cette tranche de pain - sans que la couche de rillettes ne soit le moins du monde dérangé. J'ai longtemps supputé que tu piquais ladite rondelle d'un cure-dent mais je constate une fois de plus que c'est totalement impossible. Il aurait laissé une marque, si infime soit-elle. Or la surface de cette tranche de concombre est aussi vierge que la surface des glaces arctiques. J'étais en train d'envisager l'ultime solution que mon esprit est capable d'imaginer. Je me permets donc de te demander en désespoir de cause si c'est bien une aiguille à coudre que tu utilises pour piquer ces fichues rondelles de ces fichus cornichons sur ces fichues rillettes. »
Lionel Caluchet éclata de son rire franc et bruyant, rapidement imité par les trois autres convives. Seul Lucien garda son sérieux. Il se renfrogna même un peu et marmonna quelque chose de désobligeant à propos du sens de l'humour de ses contemporains. Il ajouta à voix plus intelligible que puisque c'était ainsi, personne ne saurait comment il s'y prenait pour disposer de si parfaite façon ces satanés rondelles de cornichons et qu'il emporterait sans doute son secret dans la tombe.
A ce moment, un troisième coup de sonnette retentit au milieu des derniers hoquets convulsifs de Lionel qui s'essuyait les yeux à l'aide du bas de son T-shirt. Maxime Daubrais, dans un polo violet trop grand pour lui, fit son entrée. Il vint se placer entre Lucien Pignot et Lionel Caluchet, face à la femme du premier. Après avoir informé l'assemblée qu'il venait directement de la Faculté et qu'il mourrait de faim, il plongea comme un phoque affamé (un phoque affamé? La comparaison est litigieuse. Pourquoi un phoque?) sur les petits-fours divers qui étaient offerts à son regard concupiscent. (tu trouves un plaisir sensuel dans des petits fours?)
Tout en servant à ses amis quelques boissons, Lucien soupira en constatant que les canapés qu'il avait préparés quelques heures auparavant avec amour, minutie et délicatesse disparaissaient à une allure incroyable dans l'estomac du dernier arrivant. En effet, la particularité sans doute la plus frappante de Maxime Daubrais était qu'il avait toujours faim. Il engloutissait des quantités phénoménales de nourritures entre le levé et le couché, sans que ses intérieurs ne soient rassasiés. Le plus étonnant était qu'il ne grossissait pas d'un pouce. Lucien et Etienne Auguste avaient souvent tenté de comprendre où allait cette nourriture qui, chez tout autre que le jeune physicien, aurait rapidement formé une couche adipeuse sur le devant des intestins. Or le tour de taille de Maxime Daubrais ne dépassait aucunement la moyenne masculine. Ses trois jeunes amis musiciens avaient finalement conclu que celui qu'ils surnommaient Borodine était un cas unique, un phénomène de la nature dont les médecins se seraient fait une joie, s'ils mettaient la main dessus, de procéder à l'autopsie à chaud tant le cas leur semblerait fascinant. A lui seul, il mettait en péril les lois de Lavoisier. (Bien! J'aime beaucoup cette description, peut e^tre un peu longuette cependant...)
Lorsque les plateaux de petits fours et les bols de cacahuètes, d'olives et de noix de cajous furent vides, les six convives passèrent à table. Lucien s'attacha un tablier orné d'un énorme cœur rouge sur l'estomac et s'en fut vers son domaine : la cuisine. Maxime s'installa de son propre chef à la place la plus proche de la cuisine, sous l'œil désapprobateur d'Etienne Auguste qui attendait poliment les ordres de la maîtresse de maison. Le regard rivé à la porte de la cuisine, les narines à l'affût du moindre fumet qui eût put lui donner une idée de ce dont il allait bientôt pouvoir se rassasier, il attendait impatiemment le retour de Lucien.
Une fois que tout le monde fut installé autour de la grande table, le maître cuisinier du moment apporta un large plat dont l'odeur se répandit rapidement dans toute la pièce. Cependant, malgré l'impatience de certains de ses amis, il n'ôta pas tout de suite la cloche d'argent qui dissimulait le met.
« Alors, s'exclama Etienne Auguste, quel délicieux petit plat nous as-tu mitonné ce soir ? Je hume à pleines narines un cocktail de bonnes odeurs qui me font venir l'eau à la bouche.
- Quelque chose de neuf, expliqua Lucien, visiblement très fier de lui. Du jamais vu. Avant de vous dévoiler la chose, je vais vous expliquer comment je m'y suis pris pour aboutir au magistral résultat que vous allez contempler et goûter sous peu.
- Dieu que tu peux être verbeux, Balakirev, soupira Maxime en roulant des yeux.
Lucien Pignot ignora sa remarque et reprit, les yeux pétillants de malice et de fierté.

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Message  Pacô le Dim 26 Oct 2008 - 13:41

Bon, je crois que d'un point de vu vocabulaire, je n'ai rien à redire. Tu maîtrises toujours aussi habilement les mots, les adjectifs et les verbes sont toujours placés au bon endroit au bon moment. Mis à part le terme "concupiscent" qui le paraît décalé, ou trop fort pour ce que tu veux exprimer.

Cependant, attention à ne pas lasser le lecteur. Le passage de l'arrivée des invités est long, très long. Même s'il est très intéressant de prendre part à leurs conversations, j'aurais peur de "décrocher". Ou pire, d'en oublier la véritable raison de leur venue.
Il faudrait rajouter quelques petites choses qui font un rappel du pourquoi ils sont là. Au début du passage, on le sent, avec la curiosité de la femme sur ce dîner extraordinaire.
Sinon, les descriptions sont excellentes, digne d'un auteur du XIXème. Mais justement, ce qui caractérise le mauvais côté de ceux-ci, c'est leur trop lente progression dans l'histoire... Après, c'est un goût aussi. Mais tu excelles dans ce domaine, je te l'assure.

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Message  MrSonge le Dim 26 Oct 2008 - 15:17

Merci pour la redoutable traque aux fautes d'orthographe, efficace comme toujours !
Et pour la lecture ! Je crois que je vais prendre à peu près toutes tes pertinentes propositions en compte, car elles me semblent toute fondées.
Sauf peut-être le phoque. Je ne saurais pourquoi exactement mais l'idée du phoque m'est venue quand j'ai écris le mot "plonger". J'ai ensuite pensé à un animal et c'est l'idée d'un phoque se ruant en criant "honk" sur sa nourriture qui m'est venue en premier...
Et pour le "concupiscent", j'aurais tendance à dire que oui, pour Maxime c'est approprié, mais après réflexion je trouve aussi que c'est peut-être un peu exagéré. Je réfléchirais à un synonyme ou a une tournure de phrase qui minimiserait l'effet. Razz
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Message  MrSonge le Lun 27 Oct 2008 - 20:36

Chapitre II, seconde partie

- Pour vous permettre de savourez de parfaites Roulades de veau à la gentiane et au cantal, j'ai tout d'abord dédoublé des escalopes de veau dans l'épaisseur, avant de les recouper chacune en deux pour obtenir vingt-quatre tranches. Il convient ensuite de découper des tranches de jambon San Daniele en deux dans la longueur. Après cela, j'ai minutieusement détaillé mon cantal en lamelles et pour finir les préparations préliminaires, j'ai haché et pelé six belles échalotes. Mais c'est maintenant que le sérieux travail commence. Il faut ensuite saler et poivrer les escalopes avant de poser sur chacune une tranche de jambon, une lamelle de cantal et une feuille d'odorant basilic. Une fois que ce fut fait, j'ai roulé habilement chaque escalope sur elle-même et les ai maintenues dans cette position à l'aide d'un pic. J'ai abordé la phase suivante en prenant soin de me munir d'une sauteuse. Dans cette dernière, j'ai fait fondre les échalotes dans du beurre et de l'huile, puis je les ai faites dorer. Attention, pour obtenir un résultat des plus satisfaisants autant d'un point de vue gustatif qu'esthétique, j'ai pris soin de les dorer de tous côtés avant d'ajouter le sucre. Abandonnant quelques instants la viande, j'ai versé environ cinq centilitres d'apéritif à la gentiane dans la sauteuse. Après avoir laissé réduire de moitié, j'y ai remis les roulades, versé la crème et délayé avec du jus de citron. Et finalement, pour que tout soit parfait, il convient de couvrir la sauteuse et de laisser cuire environ cinq minutes. Servez les roulades nappées de sauce ! »
(J'ai envie de raccourcir cela, et même de couper cette inutile digression culinaire mais je n'ai pas encore trouvé l'inspiration donc je vous le mets comme ça)
Sur ces derniers mots, il ôta d'un geste théâtral la cloche d'argent, dévoilant à cinq convives affamés et impatients une Roulade de veau à la gentiane et au cantal. Comme à son habitude lorsqu'il avait décidé de servir un met quelconque sur assiette, Lucien Pignot se livrait à ce long et fastidieux cérémonial explicatif, dissimulant sous sa cloche d'argent l'assiette qu'il destinait à l'hôte d'honneur où, plus souvent, à sa femme.
Au milieu de cette assiette, que lorgnaient avidement cinq pairs d'yeux, trônait une escalope de veau roulée sur elle-même et dont la chaire dorée et luisante contrastait avec le lit d'échalote sur lequel elle se trouvait. Le bout d'une feuille de basilic dépassait sur le haut de la viande, entre une tranche de jambon tout aussi appétissante que son enveloppe de veau et le cantal frais dont l'arôme se mêlait subtilement à celui du basilic.
Maxime Daubrais, qui salivait comme un bouledogue confronté à trois kilos de steak, suivit avidement des yeux l'assiette qui passa des mains de Lucien à celles de sa femme. Lorsqu'il reçu enfin la sienne, il fit un immense effort sur lui-même et résista à ses instincts de félin affamé. Patiemment, en proie à un terrible combat intérieur, opposant le «j'aimerais» au «je devrais», il attendit que tout le monde fut servit, que Lucien Pignot eût ôté son tablier, qu'il se fut installé aux côtés de Justine et qu'il eût déclaré la séance de sustentation officiellement ouverte, pour porter à ses lèvres la première fourchette de nourriture.
Lorsque de Culbertain fit de même, il se sentit soudainement envahit par une sensation de bien-être et de jouissance qui se dilua rapidement dans tout son être depuis ses papilles gustatives. Les repas de Lucien Pignot avaient un effet bonifiant et lénifiant sur quiconque les ingurgitaient. Une fois que l'on avait l'estomac remplit d'un dîner sortant de la cuisine de cet artiste des fourneaux, on se laissait aller contre le dossier de sa chaise, l'esprit emplit de la douce certitude que rien, après cela, ne valait plus la peine d'être vécut. On réclamait un café, un thé ou un digestif et on ne pensait plus à l'avenir, on tentait simplement de retrouver les saveurs divines dont nos papilles étaient encore émoustillées. Le seul à qui ces mets divin ne faisait pas plus d'effet qu'un menu McDonald était le jeune physicien mélomane Maxime Daubrais. Il était engloutir de façon égale un mauvais sandwich copieux et un merveilleux Soufflé aux fruits de mer de son ami Pignot. Pour lui, il existait simplement deux catégories d'aliments : la nourriture nourrissante et la nourriture dénué d'intérêt . Or, tout ce qui appartenait à la première catégorie, qu'il s'agisse d'une prouesse gastronomique comme l'étaient les repas de Lucien ou d'une vulgaire assiettée de steak haché et de frites, était avalé goulûment par le jeune homme.
La suite du repas fut à la hauteur de l'entrée. La chaire du Rôti de dinde au foie gras était tendre comme du beurre et fondait délicieusement sous la dent, se mêlant au lobe de foie gras et à la purée de marrons. Le croustillant des Aubergines farcies à l'oignon gratinée au fromage contrastait agréablement avec le moelleux de la viande qui les précédaient. Enfin, un Cappuccino frappé et noisettes caramélisées vint clore ces agapes gargantuesques en mêlant la fraîcheur d'une boule de glace à la moiteur sucrée des noisettes cuites.
Les deux premiers plats furent arrosés d'une bouteille d'un délicieux Château la Dorgonne Cuvée Exception du terroir 2001. Ce vin délicieux, aux arômes de fruits rouges très présents et sa typicité du Sud très marquée, accompagna merveilleusement bien la dinde farcie. Le fromage et le desserts, eux, furent accompagnés d'un Bordeaux Côtes de Castillon Château La Gasparde 2002. Fin et élégant, avec une bonne sensation de fraîcheur et des tanins fondus, cet assemblage de merlot, de cabernet franc et de cabernet sauvignon se révéla à la fois rond et savoureux.
Lorsque les assiettes à desserts et les derniers vers furent vides, les estomacs repus et que les esprits commencèrent à planer dans les brumes nuageuses de la béatitude qui faisait toujours suites aux repas préparés par Lucien Pignot, les six convives retournèrent s'installer au salon. Le maître des séants proposa des liqueurs et servit cinq verres d'alcool différents, Justine se contentant d'une tisane de verveine. Quand furent taris les dithyrambiques compliments dont chacun gratifiait Lucien, de Culbertain commença soudainement à s'agiter dans son fauteuil. Changeant nerveusement de position toutes les deux minutes, il semblait de plus en plus confus et embarrassé, comme il l'eût été s'il désirait ardemment dire ou faire quelque chose sans oser esquisser le moindre geste ou le moindre mot.
Remarquant son trouble, Pignot comprit rapidement que l'irrépressible envie de dévoiler le motif qui l'avait poussé à organiser une réunion extraordinaire du Groupe des Cinq. Le jeune homme se rendit compte qu'Etienne Auguste semblait attendre que quelque chose se produise pour se livrer à des révélations. Il posa ensuite les yeux sur sa femme, qui sirotait sa tisane en acquiesçant d'une signe de tête aux explications bruyantes de Lionel Caluchet portant sur l'art de différentier les mauvaises frites des bonnes. Voilà, se dit-il, la cause de l'agitation impatiente et nerveuse d'Etienne Auguste. Le bougre n'a pas l'air d'avoir envie de nous donner des explications en présence de Justine. Elle semble l'indisposer.
En effet, Etienne Auguste de Culbertain, tout en feignant une intense passion pour le fond de son verre de whisky, jetait des regards furtifs mais lourds de sens à la jeune femme. Heureusement pour lui, son calvaire prit fit quelques minutes après qu'il eût absorbé la dernière goutte de sa boisson. Justine Pignot, après un ultime bâillement contenu, se leva, s'excusa de ne pas rester plus longtemps, embrassa son mari et se retira en souhaitant une excellente nuit aux jeunes gens réunis dans la pièce.
Dès qu'elle eût disparu dans l'embrasure de la porte, le soulagement d'Etienne Auguste fut grand, et si perceptible que cela frisa l'indécence. Cependant, Lucien ne lui en tint pas rigueur, persuadé qu'il avait une bonne raison de souhaiter s'entretenir avec ses amis en privé. Il se leva, posa son verre sur la table basse qui se trouvait devant lui et se dirigea vers la chaîne stéréophonique coincée entre le téléviseur à écran plat et le montant droit de la cheminée. Lucien Pignot laissa son doigt danser sur le dos des disques rangés par ordre alphabétique avant d'en choisir un, qu'il sortit précautionneusement de sa fourre pour le glisser dans l'appareil avant de presser sur la touche play. Les premières notes de la mélodie éthérée, calme et mélancolique de la Pavane pour une infante défunte de Ravel dans sa version orchestrée par le compositeur, emplirent délicatement l'espace.
« Il me semble, dit-il en en reprenant place dans son fauteuil, que notre cher monsieur de Culbertain nous doit quelques explications. Depuis ton coup de téléphone d'hier, je n'arrête pas de me demander pourquoi - bien que je sois loin de trouver cela désagréable - tu as trouvé bon de nous faire réunir si rapidement. Tu as tellement insisté qu'il est impossible que tu n'aies pas une idée derrière la tête. De quoi ton monstrueux cerveau rusé voulait-il donc nous entretenir de si important ?
- Je n'ai pas un monstrueux cerveau rusé, objecta Etienne Auguste. Mais néanmoins, il est vrai que je n'ai pas organisé cette réunion innocemment. Et à propos, ne soit pas vexé si j'ai attendu que Justine ne s'en retourne vers ses quartiers de nuit pour m'expliquer. J'ai promis de ne parler de cette affaire qu'à vous quatre, et je me dois de tenir parole.
- Que voilà un palpitant prélude ! S'exclama Adrien Montel. Tu nous intrigues à dessein, je le vois bien. Pourquoi ne pas en venir au fait ?
- J'allais y venir, rétorqua de Culbertain. Vous vous souvenez sans doute que je ne suis pas venu dîner avec vous, il y a deux jours, lorsque nous sortions de ce magnifique concert du National de France. Je vous avais expliqué que je souhaitais saluer monsieur Isidore Donadieu qui était venu dîner à la maison, avec mon père. Or, quand je suis arrivé chez moi, j'eus la surprise de trouver monsieur Donadieu en passe de se noyer dans une mer de tracas dont je n'avais jamais subodoré l'existence.
De Culbertain s'interrompit quelques secondes pour prendre une grande inspiration
- Je n'irais pas par quatre chemins, reprit-il en fixant les motifs du tapis d'un air embarrassé. Il se trouve qu'un individu dont l'identité demeure mystérieuse, fait chanter monsieur Isidore Donadieu, et cela depuis deux mois environ. »
Ses quatre auditeurs le fixèrent quelques instants, bouche bée, avant de s'entre-regarder en ayant l'air de chercher une soutien quelconque dans les yeux de leur voisin. Caluchet manqua de s'étrangler avec son gin, Pignot, après avoir chercher une explication dans le regard de Montel qui digérait l'information en se versant un second verre de porto, fixait à nouveau Etienne Auguste en ouvrant et fermant la bouche sans articuler une syllabe, comme un poisson rouge dans son bocal. Tandis que la Pavane faisait place à la longue introduction virtuose en forme d'improvisation de la rapsodie Tzigane du même Ravel, Lionel réussi à délivrer son larynx de l'emprise du gin et fut le premier à recouvrer la parole.
« C'est une plaisanterie, fit-il en s'essuyant la bouche du revers de sa main. Tu as voulu nous faire marcher, nous avons couru et maintenant tu jubiles, tu es fier de ta bonne plaisanterie.
- Absolument pas. Ai-je l'air de plaisanter ?
Force fut à Lionel Caluchet de reconnaître que son interlocuteur avait autant l'air d'un plaisantin que d'un rhinocéros neurasthénique.
- Mais qui... comment ? Réussit finalement à articuler péniblement Lucien Pignot.
- Comme je viens de l'expliquer, l'identité du maître-chanteur n'a pas été porté à la connaissance de monsieur Donadieu. Quand au comment, c'est très simple. Le néfaste prie très poliment sa victime - sa proie serait plus juste - de lui remettre une dérisoire liasse de billet de banque un jour dit, à une heure dite, dans un appartement sinistré du numéro vingt-deux de la rue des Abbesses.
Adrien Montel eût un frison et avala une gorgée d'alcool.
- La rue des Abbesses, répéta-t-il en tapotant son verre de son index droit. Je connais l'endroit. Je ne m'y promènerais pas seul, même en plein midi.
- C'est en effet l'impression de monsieur Donadieu. Son expression fut, je crois, "un coin sordide". Ma mère, pour sa part, utilisa "coupe-jarret" si ma mémoire est bonne. »
Personne ne répondit. Seul la musique de Ravel résonnait dans la pièce. Tout le monde brûlait de savoir à l'aide de quoi on arrivait à faire chanter le très honorable directeur du Conservatoire, mais tous sentaient bien qu'il était inutile de poser la question à Etienne Auguste de Culbertain qui, ils le savaient, était un confident de confiance. Et une confident de confiance de répète pas les confidences qui lui sont faites. Or, s'il ne leur donnait pas de plus amples informations de son propre chef, c'était certainement qu'il avait promis de ne pas le faire.
Ce fut Adrien Montel qui reprit le premier la parole, timidement, comme s'il craignait de brusquer son ami pianiste en abordant trop crûment un point douloureux.
« Mais pourquoi nous as-tu raconté cela, Rimsky ?
- Parce que j'ai besoin de vous.
Il enchaîna rapidement sans laisser à quiconque le temps de lui faire une remarque.
- J'ai promis à Isidore Donadieu de l'aider à découvrir qui se cachait derrière son maître-chanteur sans qu'il ne doivent s'adresser à la police. C'est pour cela que, si vous acceptez bien sur, j'aurais besoin de votre aide.
- Comment comptes-tu procéder ? Demanda Lionel Caluchet en jetant de rapides regards vers ses trois amis qui se tortillaient chacun dans leurs siège. »
Etienne Auguste de Culbertain leur expliqua succinctement le plan - fort simple au demeurant - qu'il avait mis au point deux jours auparavant. Lorsqu'il eut terminé, il s'appuya confortablement contre le dossier de son fauteuil et croisa les jambes pour se donner une contenance. Au bout de quelques minutes, voyant qu'aucun des jeunes hommes assis dans la pièce n'allait se décider à formuler un mot, il reprit la parole, timidement, presque en murmurant.
« Seriez-vous d'accord de m'aider ?
Ses quatre amis s'entre regardèrent en silence, tandis qu'Etienne Auguste n'osait en regarder aucun. Finalement, après un laps de temps qui lui parut une éternité Maxime Daubrais sourit.
- Moi je suis partant, dit-t-il. Rien de tel qu'un imprévu de la sorte pour étayer la routine de la faculté.
- Je n'ai jamais été invité à prendre part à une si foireuse entreprise, s'exclama Lionel. C'est pourquoi j'en suis !
- Pour ma part, je ne peux rien refuser ni à monsieur Donadieu, ni à Etienne Auguste, avoua Adrien Montel. Je vous suivrais donc gibus aux poings et sourire aux lèvres.
- Je ne sais pas ce que j'en pense moi-même, avoua Lucien en soupirant, mais je sais que si Justine apprend que je me joins à vous, la lune deviendra couleur sang et la civilisation tremblera jusqu'en ses fondations. Mais pouvoir contourner, la tête froide, ces hypothétiques crises conjugales est une clause en petit caractères sournois au bas du contrat de mariage. Par conséquent, je suis des vôtres. »
Etienne Auguste soupira d'aise et de contentement. Il s'en voulut d'avoir douté quelques fugitifs instants de la loyauté et du courage de ses amis mais le silence qu'ils avaient opposés à ses déclarations lui avait fait craindre le pire. Soulagé, il était maintenant certain de leur concours et de leur discrétion.
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Message  Pacô le Mar 28 Oct 2008 - 10:44

MrSonge a écrit:
Chapitre II, seconde partie

- Pour vous permettre de savourer (rooh mon dieu xD) de parfaites Roulades de veau à la gentiane et au cantal, j'ai tout d'abord dédoublé des escalopes de veau dans l'épaisseur, avant de les recouper chacune en deux pour obtenir vingt-quatre tranches. Il convient ensuite de découper des tranches de jambon San Daniele en deux dans la longueur. Après cela, j'ai minutieusement détaillé mon cantal en lamelles et pour finir les préparations préliminaires, j'ai haché et pelé six belles échalotes. Mais c'est maintenant que le sérieux travail commence. Il faut ensuite saler et poivrer les escalopes avant de poser sur chacune une tranche de jambon, une lamelle de cantal et une feuille d'odorant basilic. Une fois que ce fut fait, j'ai roulé habilement chaque escalope sur elle-même et les ai maintenues dans cette position à l'aide d'un pic. J'ai abordé la phase suivante en prenant soin de me munir d'une sauteuse. Dans cette dernière, j'ai fait fondre les échalotes dans du beurre et de l'huile, puis je les ai faites dorer. Attention, pour obtenir un résultat des plus satisfaisants autant d'un point de vue gustatif qu'esthétique, j'ai pris soin de les dorer de tous côtés (ou tout côté) avant d'ajouter le sucre. Abandonnant quelques instants la viande, j'ai versé environ cinq centilitres d'apéritif à la gentiane dans la sauteuse. Après avoir laissé réduire de moitié, j'y ai remis les roulades, versé la crème et délayé avec du jus de citron. Et finalement, pour que tout soit parfait, il convient de couvrir la sauteuse et de laisser cuire environ cinq minutes. Servez les roulades nappées de sauce ! »
(J'ai envie de raccourcir cela, et même de couper cette inutile digression culinaire mais je n'ai pas encore trouvé l'inspiration donc je vous le mets comme ça)(oui je me suis demandé si tu allais pas nous faire "et bon appétit bien sûr" à la fin Laughing)
Sur ces derniers mots, il ôta d'un geste théâtral la cloche d'argent, dévoilant à (ses) cinq convives affamés et impatients une Roulade de veau à la gentiane et au cantal. Comme à son habitude lorsqu'il avait décidé de servir un met quelconque sur assiette, Lucien Pignot se livrait à ce long et fastidieux cérémonial explicatif, dissimulant sous sa cloche d'argent l'assiette qu'il destinait à l'hôte d'honneur ou, plus souvent, à sa femme.
Au milieu de cette assiette, que lorgnaient avidement cinq paires d'yeux, trônait une escalope de veau roulée sur elle-même et dont la chaire dorée et luisante contrastait avec le lit d'échalote sur lequel elle se trouvait. Le bout d'une feuille de basilic dépassait sur le haut de la viande, entre une tranche de jambon tout aussi appétissante que son enveloppe de veau et le cantal frais dont l'arôme se mêlait subtilement à celui du basilic. (en fait là, tu répètes un peu le long discours de Julien... tu ne crois pas?)
Maxime Daubrais, qui salivait comme un bouledogue confronté à trois kilos de steak, suivit avidement des yeux l'assiette qui passa des mains de Lucien à celles de sa femme. Lorsqu'il reçut enfin la sienne, il fit un immense effort sur lui-même et résista à ses instincts de félin affamé (tu passes du bouledogue au félin. Est-ce fait exprès?Parce que tu romps l'image donnée). Patiemment, en proie à un terrible combat intérieur, opposant le «j'aimerais» au «je devrais», il attendit que tout le monde fut servi, que Lucien Pignot eût ôté son tablier, qu'il se fut installé aux côtés de Justine et qu'il eût déclaré la séance de sustentation (ce n'est pas un terme plus employé pour les malades?) officiellement ouverte, pour porter à ses lèvres la première fourchette de nourriture.
Lorsque de Culbertain fit de même, il se sentit soudainement envahi par une sensation de bien-être et de jouissance qui se dilua rapidement dans tout son être depuis ses papilles gustatives. Les repas de Lucien Pignot avaient un effet bonifiant et lénifiant sur quiconque les ingurgitait. Une fois que l'on avait l'estomac rempli d'un dîner sortant de la cuisine de cet artiste des fourneaux, on se laissait aller contre le dossier de sa chaise, l'esprit empli (empli et rempli... ça fait redondant) de la douce certitude que rien, après cela, ne valait plus la peine d'être vécu (tu as un sérieux problème avec les participes passé ^^). On réclamait un café, un thé ou un digestif et on ne pensait plus à l'avenir, on tentait simplement de retrouver les saveurs divines dont nos papilles étaient encore émoustillées. Le seul à qui ces mets divins ne faisait pas plus d'effet qu'un menu McDonald était le jeune physicien mélomane Maxime Daubrais. Il était engloutir de façon égale un mauvais sandwich copieux et un merveilleux (j'avoue ne pas comprendre le sens là... tu as zappé quelques mots). Soufflé aux fruits de mer de son ami Pignot. Pour lui, il existait simplement deux catégories d'aliments : la nourriture nourrissante et la nourriture dénuée d'intérêt. Or, tout ce qui appartenait à la première catégorie, qu'il s'agisse d'une prouesse gastronomique comme l'étaient les repas de Lucien ou d'une vulgaire assiettée de steak haché et de frites, était avalé goulûment par le jeune homme.
La suite du repas fut à la hauteur de l'entrée. La chaire du rôti de dinde au foie gras était tendre comme du beurre et fondait délicieusement sous la dent, se mêlant au lobe de foie gras et à la purée de marrons. Le croustillant des Aubergines farcies à l'oignon gratinée au fromage contrastait agréablement avec le moelleux de la viande qui les précédait. Enfin, un Cappuccino frappé et noisettes caramélisées vinrent clore ces agapes gargantuesques en mêlant la fraîcheur d'une boule de glace à la moiteur sucrée des noisettes (répétition) cuites.
Les deux premiers plats furent arrosés d'une bouteille d'un délicieux Château la Dorgonne Cuvée Exception du terroir 2001. Ce vin délicieux, aux arômes de fruits rouges très présents et sa typicité du Sud très marquée, accompagna merveilleusement bien la dinde farcie. Le fromage et le desserts, eux, furent accompagnés d'un Bordeaux Côtes de Castillon Château La Gasparde 2002. Fin et élégant, avec une bonne sensation de fraîcheur et des tanins fondus, cet assemblage de merlot, de cabernet franc et de cabernet sauvignon se révéla à la fois rond et savoureux.
Lorsque les assiettes à desserts et les derniers verres (je pense que tu ne parles pas de poésie Smile) furent vides, les estomacs repus et que les esprits commencèrent à planer dans les brumes nuageuses de la béatitude qui faisait toujours suite aux repas préparés par Lucien Pignot, les six convives retournèrent s'installer au salon. Le maître des séants proposa des liqueurs et servit cinq verres d'alcool différents, Justine se contentant d'une tisane de verveine. Quand furent taris les dithyrambiques compliments dont chacun gratifiait Lucien, de Culbertain commença soudainement à s'agiter dans son fauteuil. Changeant nerveusement de position toutes les deux minutes, il semblait de plus en plus confus et embarrassé, comme il l'eût été s'il désirait ardemment dire ou faire quelque chose sans oser esquisser le moindre geste ou le moindre mot.
Remarquant son trouble, Pignot comprit rapidement que l'irrépressible envie de dévoiler le motif qui l'avait poussé à organiser une réunion extraordinaire du Groupe des Cinq (euh, il manque quelque chose à cette phrase ...). Le jeune homme se rendit compte qu'Etienne Auguste semblait attendre que quelque chose se produise pour se livrer à des révélations. Il posa ensuite les yeux sur sa femme, qui sirotait sa tisane en acquiesçant d'un signe de tête aux explications bruyantes de Lionel Caluchet portant sur l'art de différentier les mauvaises frites des bonnes. Voilà, se dit-il, la cause de l'agitation impatiente et nerveuse d'Etienne Auguste. Le bougre n'a pas l'air d'avoir envie de nous donner des explications en présence de Justine. Elle semble l'indisposer.
En effet, Etienne Auguste de Culbertain, tout en feignant une intense passion pour le fond de son verre de whisky, jetait des regards furtifs mais lourds de sens à la jeune femme. Heureusement pour lui, son calvaire prit fin quelques minutes après qu'il eût absorbé la dernière goutte de sa boisson. Justine Pignot, après un ultime bâillement contenu, se leva, s'excusa de ne pas rester plus longtemps, embrassa son mari et se retira en souhaitant une excellente nuit aux jeunes gens réunis dans la pièce.
Dès qu'elle eût disparu dans l'embrasure de la porte, le soulagement d'Etienne Auguste fut grand, et si perceptible que cela frisa l'indécence. Cependant, Lucien ne lui en tint pas rigueur, persuadé qu'il avait une bonne raison de souhaiter s'entretenir avec ses amis en privé. Il se leva, posa son verre sur la table basse qui se trouvait devant lui et se dirigea vers la chaîne stéréophonique coincée entre le téléviseur à écran plat et le montant droit de la cheminée. Lucien Pignot laissa son doigt danser sur le dos des disques rangés par ordre alphabétique avant d'en choisir un, qu'il sortit précautionneusement de sa fourre pour le glisser dans l'appareil avant de presser sur la touche "play". Les premières notes de la mélodie éthérée, calme et mélancolique de la Pavane pour une infante défunte de Ravel dans sa version orchestrée par le compositeur, emplirent délicatement l'espace.
« Il me semble, dit-il en en reprenant place dans son fauteuil, que notre cher monsieur de Culbertain nous doit quelques explications. Depuis ton coup de téléphone d'hier (ou "depuis ton coup de téléphone hier"), je n'arrête pas de me demander pourquoi - bien que je sois loin de trouver cela désagréable - tu as trouvé bon de nous faire réunir si rapidement. Tu as tellement insisté qu'il est impossible que tu n'aies pas une idée derrière la tête. De quoi ton monstrueux cerveau rusé voulait-il donc nous entretenir de si important ?
- Je n'ai pas un monstrueux cerveau rusé, objecta Etienne Auguste. Mais néanmoins, il est vrai que je n'ai pas organisé cette réunion innocemment. Et à propos, ne soit pas vexé si j'ai attendu que Justine ne s'en retourne vers ses quartiers de nuit pour m'expliquer. J'ai promis de ne parler de cette affaire qu'à vous quatre, et je me dois de tenir parole.
- Que voilà un palpitant prélude ! S'exclama Adrien Montel. Tu nous intrigues à dessein, je le vois bien. Pourquoi ne pas en venir au fait ?
- J'allais y venir, rétorqua de Culbertain. Vous vous souvenez sans doute que je ne suis pas venu dîner avec vous, il y a deux jours, lorsque nous sortions de ce magnifique concert du National de France. Je vous avais expliqué que je souhaitais saluer monsieur Isidore Donadieu qui était venu dîner à la maison, avec mon père. Or, quand je suis arrivé chez moi, j'eus la surprise de trouver monsieur Donadieu en passe de se noyer dans une mer de tracas dont je n'avais jamais subodoré l'existence.
De Culbertain s'interrompit quelques secondes pour prendre une grande inspiration
- Je n'irais pas par quatre chemins, reprit-il en fixant les motifs du tapis d'un air embarrassé. Il se trouve qu'un individu dont l'identité demeure mystérieuse, fait chanter monsieur Isidore Donadieu, et cela depuis deux mois environ. »
Ses quatre auditeurs le fixèrent quelques instants, bouche bée, avant de s'entre-regarder en ayant l'air de chercher une soutien quelconque dans les yeux de leur voisin. Caluchet manqua de s'étrangler avec son gin, Pignot, après avoir cherché une explication dans le regard de Montel qui digérait l'information en se versant un second verre de porto, fixait à nouveau Etienne Auguste en ouvrant et fermant la bouche sans articuler une syllabe, comme un poisson rouge dans son bocal. Tandis que la Pavane faisait place à la longue introduction virtuose en forme d'improvisation de la rapsodie (aussi "rhapsodie") Tzigane du même Ravel, Lionel réussit à délivrer son larynx de l'emprise du gin et fut le premier à recouvrer la parole.
« C'est une plaisanterie, fit-il en s'essuyant la bouche du revers de sa main. Tu as voulu nous faire marcher, nous avons couru et maintenant tu jubiles, tu es fier de ta bonne plaisanterie.
- Absolument pas. Ai-je l'air de plaisanter ?
Force fut à Lionel Caluchet de reconnaître que son interlocuteur avait autant l'air d'un plaisantin que d'un rhinocéros neurasthénique.
- Mais qui... comment ? Réussit finalement à articuler péniblement Lucien Pignot.
- Comme je viens de l'expliquer, l'identité du maître-chanteur n'a pas été porté à la connaissance de monsieur Donadieu. Quand au comment, c'est très simple. Le néfaste prie très poliment sa victime - sa proie serait plus juste - de lui remettre une dérisoire liasse de billet de banque un jour dit, à une heure dite, dans un appartement sinistré du numéro vingt-deux de la rue des Abbesses.
Adrien Montel eût un frison et avala une gorgée d'alcool.
- La rue des Abbesses, répéta-t-il en tapotant son verre de son index droit. Je connais l'endroit. Je ne m'y promènerais pas seul, même en plein midi.
- C'est en effet l'impression de monsieur Donadieu. Son expression fut, je crois, "un coin sordide". Ma mère, pour sa part, utilisa "coupe-jarret" si ma mémoire est bonne. »
Personne ne répondit. Seule la musique de Ravel résonnait dans la pièce. Tout le monde brûlait de savoir à l'aide de quoi on arrivait à faire chanter le très honorable directeur du Conservatoire, mais tous sentaient bien qu'il était inutile de poser la question à Etienne Auguste de Culbertain qui, ils le savaient (répétition), était un confident de confiance.(Humph', un peu long... Une coupure s erait la bienvenue) Et un confident de confiance ne répète pas les confidences qui lui sont faites.(ouais, cette phrase me paraît inutile) Or, s'il ne leur donnait pas de plus amples informations de son propre chef, c'était certainement qu'il avait promis de ne pas le faire.
Ce fut Adrien Montel qui reprit le premier la parole, timidement, comme s'il craignait de brusquer son ami pianiste en abordant trop crûment un point douloureux.
« Mais pourquoi nous as-tu raconté cela, Rimsky ?
- Parce que j'ai besoin de vous.
Il enchaîna rapidement sans laisser à quiconque le temps de lui faire une remarque.
- J'ai promis à Isidore Donadieu de l'aider à découvrir qui se cachait derrière son maître-chanteur sans qu'il ne doivent s'adresser à la police. C'est pour cela que, si vous acceptez bien sûr, j'aurais besoin de votre aide.
- Comment comptes-tu procéder ? Demanda Lionel Caluchet en jetant de rapides regards vers ses trois amis qui se tortillaient chacun dans leur siège (vu que c'est "chacun" ilfaut un "leur" au singulier). »

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Message  Pacô le Mar 28 Oct 2008 - 10:49

Etienne Auguste de Culbertain leur expliqua succinctement le plan - fort simple au demeurant - qu'il avait mis au point deux jours auparavant. Lorsqu'il eut terminé, il s'appuya confortablement contre le dossier de son fauteuil et croisa les jambes pour se donner une contenance. Au bout de quelques minutes, voyant qu'aucun des jeunes hommes assis dans la pièce n'allait se décider à formuler un mot, il reprit la parole, timidement, presque en murmurant.
« Seriez-vous d'accord de m'aider ?
Ses quatre amis s'entre-regardèrent (c'est un verbe moins courant et tu l'utilises deux fois dans un même passage. Je te conseillerais de trouver unsynonyme Wink) en silence, tandis qu'Etienne Auguste n'osait en regarder aucun. Finalement, après un laps de temps qui lui parut une éternité Maxime Daubrais sourit.
- Moi je suis partant, dit-t-il. Rien de tel qu'un imprévu de la sorte pour étayer la routine de la faculté.
- Je n'ai jamais été invité à prendre part à une si foireuse entreprise, s'exclama Lionel. C'est pourquoi j'en suis !
- Pour ma part, je ne peux rien refuser ni à monsieur Donadieu, ni à Etienne Auguste, avoua Adrien Montel. Je vous suivrais donc gibus aux poings et sourire aux lèvres.
- Je ne sais pas ce que j'en pense moi-même, avoua Lucien en soupirant, mais je sais que si Justine apprend que je me joins à vous, la lune deviendra couleur sang et la civilisation tremblera jusqu'en ses fondations. Mais pouvoir contourner, la tête froide, ces hypothétiques crises conjugales est une clause en petits caractères sournois au bas du contrat de mariage. Par conséquent, je suis des vôtres. »
Etienne Auguste soupira d'aise et de contentement. Il s'en voulut d'avoir douté quelques fugitifs (ou "furtifs". Mêmesi le terme convient, il me fait penser à des évadés xD) instants de la loyauté et du courage de ses amis mais le silence qu'ils avaient opposé à ses déclarations lui avait fait craindre le pire. Soulagé, il était maintenant certain de leur concours et de leur discrétion.

L'histoire traîne encore au début. Je t'avouerais que je n'ai pris plaisir à la lire que seulement à la fin du repas. Les explications culinaires sont certes intéressantes, mais elles n'apportent rien de constructif. Personnellement, moi qui ressemble sensiblement à Maxime Daubrais, n'étant pas un amoureux de la gastronomie, je n'ai que moyennement apprécié ce passage. Mais ce n'est que mon simple point de vue.
Tu as aussi quelques soucis avec les participes passés, comme j'ai pu te le faire remarquer Wink. Mais, je suppose que ce n'est que de simples inattentions.
Sinon, j'ai préféré la demande d'Etienne Auguste. Le petit moment fébrile où l'on se demande si ça va être accepté ou pas (même si on a une idée du résultat).
Donc en résumé, je réduirais fortement le passage de la gastronomie, quitte à les faire blablater un peu plus pendant le repas sur des sujets divers. Ou quitte à mettre plus en valeur Justine, qui finalement me fait l'effet d'une potiche ^^'.
Voilà, j'espère que la correction te convient aussi. Et je prendrais plaisir à lire la suite Smile.

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Message  MrSonge le Mar 28 Oct 2008 - 15:04

Je crains bien que mes participes passés ne soient pas des fautes d'inattention. Ou pas tous en tout cas, j'ai un réel problème avec ces trucs pourtant tout simples.
Désolé pour les deux petits bugs de copier-coller, en réalité les phrases donnent :

Il pouvait engloutir de façon égale un mauvais sandwich copieux et un merveilleux Soufflé aux fruits de mer de son ami Pignot.

Remarquant son trouble, Pignot comprit rapidement que l'irrépressible envie de dévoiler le motif qui l'avait poussé à organiser une réunion extraordinaire du Groupe des Cinq tarabustait sensiblement son ami.

C'est plus clair je pense avec tout les mots . Very Happy

Pour la répétition du discours de Lucien (et non pas Julien Wink) j'avais déjà prévu à ce moment de supprimer la longue recette, donc je pense le laisser et faire taire Lucien avant. Comme je l'ai dit, il faut juste que je trouve ZE formulation.
En effet, c'était voulu de passer du bouledogue au félin mais je me rends compte que c'est un peu malhabile. "De canidé affamé" serait sans doute plus approprié.
Et pour le coup de rapsodie, tu ne m'auras pas sur des termes musicaux, je sais que les deux sont corrects Very Happy. Pour les participes passés, je ne dis pas, je disparais sous le tapis, mais pour les termes musicaux... What a Face
Et enfin pour sustentation, j'ai vérifié, en effet le verbe "se sustenter" est synonyme de "se nourrir" mais bizarrement le nom ne s'utilise pas dans ce sens. Drame de la langue française, il va falloir que je corrige. Very Happy
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Message  Pacô le Mar 28 Oct 2008 - 15:26

Ah la langue française et ses aléas ...

Désolé pour le Julien, je devais trouver que ça lui convenait mieux Embarassed.
Et pour le rapsodie, ce n'était pas une atteinte à tes connaissances musicales, juste une petite remarque comme quoi on pouvait l'écrire d'une autre façon aussi. Oui, certaines fois je devrais me taire au lieu de faire péter ma connaissance du dico --".

M'enfin, avec tous les mots, ça donne déjà rapidement qqchose de plus compréhensible Laughing.

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Message  MrSonge le Mar 28 Oct 2008 - 16:40

Je ne l'ai pas mal pris, rassure-toi. Very Happy Je suis plutôt content que tu aies remarqué cela, au moins ça prouve que tu sais ce que c'est et j'aime les gens qui connaissent certains termes musicaux. Razz
Julien ? Mouais pourquoi pas. Les autres noms ont plus ou moins des significations bien précises pour moi mais pas celui de Lucien que j'ai choisi presque au hasard. Donc un changement est envisageable. Mais je verrais tout cela une fois que je serais plus avancé... mais il faut que je trouve le temps ! Saleté de temps qui se dérobe.
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Message  MrSonge le Ven 31 Oct 2008 - 21:45

Fin du Chapitre II


Ils se donnèrent ensuite rendez-vous le lundi suivant à neuf heures, devant le numéro vingt-deux de la rue des Abbesses. Lorsque chacun eût prit note de cela, Adrien Montel leur rappela qu'ils avaient prévu un intermède musical à cette soirée. Lucien éteignit donc la chaîne stéréo tandis que le violoniste déballait son instrument. De Culbertain s'installa au piano, arpégea distraitement une cadence rompue de do avant de sortir ses partitions de son porte-document noir et de les ouvrir devant lui. Il donna ensuite le la à son ami pour qu'il puisse s'accorder. Ce qu'il fit alors que les trois auditeurs tournaient leur siège de façon à se trouver face aux musiciens.
Les deux amis décidèrent de commencer par la Mélodie de Montel.
C'était une charmante pièce de concert pour violon, dans laquelle le piano ne jouait qu'un rôle d'accompagnateur fidèle mais effacé, laissant son acolyte chanter une mélodie aux discrets accents viennois, rappelant certaines pièces de Kreisler.
La dernière note s'éteignit progressivement. Le public restreint applaudit, félicitant les deux musiciens avant de changer de position, prêts à écouter la suite.
Dès les premières notes du Scherzo d'Etienne Auguste de Culbertain, on comprenait que ce n'était plus une pièce pour violon mais bien pour violon et piano, les deux étants sur un pied d'égalité. Le premier thème, aussi vif et pétillant que celui d'un scherzo de Mendelssohn, n'était pas sans rappeler celui de l'allegretto de la première sonate pour violon de Saint-Saëns, mais dans un tempo beaucoup plus allant. Les deux instrumentistes durent faire preuve d'une virtuosité presque diabolique pour venir à bout de certains passages particulièrement compliqués, et cela sans que la technique sèche et sans âme ne prenne le pas sur la musicalité.
Lorsque Etienne Auguste leva les doigts du clavier et Adrien l'archet des cordes, les trois jeunes hommes assis dans la pièce applaudirent de toutes leurs mains, congratulant copieusement les deux interprètes et plus particulièrement - mais de façon discrète - le compositeur de la seconde pièce.

Chapitre III


Une pluie diluvienne tombait avec insistance depuis l'aube de ce lundi dont la météorologie semblait spécialement faite pour les travailleurs quittant de mauvais gré la douce quiétude de leur foyer. Etienne Auguste de Culbertain claqua la porte d'entrée de la maison de ses parents, ayant parcouru en courant, le col de son manteau remonté et la tête enfoncée dans les épaules, les quelques mètres séparant sa 2CV de l'huis salvateur. Il jeta un regard noir au parapluie de la même teinte qu'il avait oublié d'emporter le matin, puis se défit de son manteau et de son chapeau, tous deux dégoulinants abondamment. Après avoir rapidement glissé la canne qu'il avait emporté par inadvertance à la place de son parapluie, à côté de ce dernier, il se précipita ensuite au salon et se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche de la cheminée, dans l'âtre de laquelle brûlait un feu de bois.
Allongeant le bras droit, il parvint à atteindre le clavier du piano à queue placé derrière le siège. Il tâtonna quelques secondes, trouva un ré et entama les premières mesures de la première fugue de L'art de la fugue de Jean-Sébastien Bach. Informé de cette façon de la présence de son fils, Jules Emile de Culbertain passa la tête dans l'embrasure de la porte du salon, un verre de whisky à la main.
« Tu as encore oublié ton parapluie, fit-il remarquer.
- Je sais, merci. Je m'en suis aperçu en sortant de la voiture ce matin, devant le Conservatoire. Sale temps.
- Effectivement. Mauvais, ça, mauvais. Pour votre petite excursion de ce soir, veux-je dire.
- Ça ne changera rien, affirma Etienne Auguste en entamant distraitement le thème de la marche d'Aida de Verdi. J'ose espérer que cet immeuble possède au moins une toiture fiable. Si c'est le cas, nous n'aurons rien à craindre de la pluie, aussi torrentielle qu'elle puisse être. Il nous faudra seulement, en cas de poursuite effrénée, ne pas être la victime de semelles de chaussures glissantes.
Il referma le couvercle du clavier de l'instrument, se leva et alluma la radio en jetant un coup d'oeil distrait à un journal qui traînait là. Lorsqu'il réussit à trouver la longueur d'onde qu'il cherchait, une flot de musique se répandit dans la pièce.
- Piaf, constata-t-il. Padam.
- Ne voudrais-tu pas quelque chose de plus... constituant ? demanda son père. Pour te donner du courage. Wagner, les Walkiries ? Beethoven, la 9ème ?
- Je ne suis pas d'humeur à écouter du Wagner, répondit Etienne Auguste en se rasseyant, le Figaro à la main. Ni la neuvième, d'ailleurs. Je l'aime trop. Galvanisé par elle, je commettrais des imprudences ce soir, c'est certain. Et je pressens que la moindre bévue pourrait nous coûter cher.
- Bien sur que cela nous coûterait cher ! s'exclama Rose-Adeline en entrant dans le salon, portant un plateau sur lequel étaient entassés une théière, un bol de biscuits, une tasse vide et une tasse de café fumant. Mais je crois que cela devient vraiment urgent, nous ne pouvons plus nous en passer. Surtout avec ce temps, précisa-t-elle en désignant une fenêtre d'un geste de la tête.
- Je... De quoi diable parles-tu ? lui demanda son mari, en la fixant, les sourcils froncés.
- Mais de notre chaudière, évidemment ! Ce n'était pas de cela que vous discutiez ? interrogea-t-elle en voyant l'expression des deux hommes.
- Absolument pas, nous parlions de l'expédition d'Etienne Auguste. Ce soir, ajouta Jules Emile, comme s'il pressentait qu'il fallait fournir des précisions.
- Oh ! Toutes mes excuses, je n'avais pas tout entendu. Mais il n'en reste pas moins vrai qu'il faut absolument faire quelque chose. Voilà maintenant quatre jours que nous tentons désespérément de chauffer la maison au feu de bois.
- Il est vrai que ce n'est pas une réussite, convint le jeune homme, mais le plombier à promis de venir et...
- Il a promis de venir avant-hier ! riposta sa mère. Et nous n'avons pas vu l'ombre du bleu de travail du moindre échantillon de plombier !
- Peut-être ne porte-t-il pas de bleu de travail, hasarda Jules Emile.
- Ne te moque pas de moi. Tu sais très bien que c'est ta faute !
- Ma faute ? sursauta l'accusé. Juste ciel mais qu'ai-je donc fait pour qu'il ne vienne pas ?
- Tu manques de fermeté, voilà tout. Avec ces gens, il faut se montrer sans pitié et exiger. Ne pas simplement émettre l'idée qu'ils pourraient, si cela ne les dérange pas, à l'occasion, faire un rapide passage dans le secteur de notre chaudière défaillante.
- Eh bien téléphone lui donc toi-même, si tu estimes tant savoir sur les moeurs des ouvriers plombiers.
- Parfaitement, monsieur, je lui téléphonerais ! Et pas plus tard que tout de suite, encore.
Joignant le geste à la parole, elle se saisit avec dignité du combiné du téléphone et se mit à feuilleter un gros annuaire rangé à côté de l'appareil. Dès qu'elle eût mit le doigt sur le numéro qu'elle cherchait, elle le composa rapidement et brancha le haut-parleur en jetant un regard mauvais à son époux qui s'était tassé en maugréant dans un fauteuil.
« Bertrand Mouchabeuf, plomberie et sanitaires, fit une voix déformée par l'électronique.
- Monsieur Mouchabeuf, c'est madame de Culbertain au téléphone.
- Ah madame ! J'allais justement vous appeler moi-même, figurez-vous qu'un malheureux imprévu...
- Je m'en doute bien, mon ami, mais cependant vous aviez promis d'être là il y a deux jours.
- C'est exact mais un impondérable m'est fâcheusement tombé dessus, tel le rapace sur le rongeur sans défense et...
- J'en suis extrêmement affligée mais je peux vous garantir que ce ne sera pas la seule chose à vous tomber dessus si...
- Mais j'entends bien être chez vous demain, à la première heure. Il était prévu que je passe chez un autre client mais étant donné les circonstances, je considère de mon devoir de me rendre chez vous le plus tôt possible.
- Je n'en doute pas, et vous en remercie infiniment. A demain donc. A l'aube. Aurevoir monsieur Mouchabeuf.
- Mes hommages, madame de Culbertain et mes amitiés à...
- Je n'y manquerais pas.
Sur ce, elle raccrocha avec un soupçon de brutalité avant de se tourner à nouveau vers Jules Emile qui s'était emparé de la tasse de café qu'elle avait auparavant déposée sur la table.
- Voilà, fit-elle triomphalement. C'est ainsi qu'il faut s'y prendre avec ces gens. Politesse, fermeté, exigence.
- Je tâcherais de m'en souvenir à l'avenir, minauda son mari, sans se retourner.
Puis, alors que Rose-Adeline disparaissait à l'intérieur de sa cuisine :
- Tout ce que j'espère c'est qu'il ne pointe pas le bout de son nez, ce fichu plombier. Je serais même près à le décourager à coup de pétoire.
- Bah, tu sais que c'est mieux pour nous tous d'avoir une température correcte à l'intérieur. Elle pense à notre bien-être, fit valoir Etienne Auguste. »
Son père éructa un monosyllabe vaseux autant qu'incompréhensible en guise de réponse. Le jeune pianiste ne s'en formalisa pas et s'étira longuement dans son fauteuil.
La grosse chaudière, trônant dans la cave de la demeure familiale, avait cessé brutalement toute activité quelques jours auparavant, obligeant de ce fait la famille à avoir recours aux feux de cheminée pour tenter de réchauffer leur intérieur. Bien que Jules Emile ait passé plusieurs longues heures à se battre avec l'hostilité de ce monstre de cadrans et de tuyaux, il n'était parvenu à n'entamer, à défaut de la mauvaise volonté de l'appareil, que son moral et la propreté de ses vêtements. Le dernier de ces titanesques duels opposants l'intelligence de l'homme et la passivité de la machine, c'était avéré malheureux pour le premier des deux combattants. Et pas seulement pour son intelligence, surtout pour son pied gauche, celui qu'il avait crut bon d'aller loger brutalement contre la lourde calandre de métal, avant de remonter au rez-de-chaussée en se tordant de douleur.
Etienne Auguste était lui aussi descendu dans l'antre de la chaudière récalcitrante pour tenter de s'expliquer avec l'agresseur de son père. Malgré les centaines de boutons pressés, de boulons dévissés, de fils branchés, de câbles débranchés et de molettes actionnées, il n'était venu à bout de l'imperturbable inactivité de l'imposant appareil. Il était seulement parvenu à le rendre totalement et définitivement hors d'usage, ne sachant plus comment imbriquer les myriades de pièces démontées de la charpente scellée aux murs et au sol. De Culbertain était donc remonté au rez-de-chaussée, penaud, laissant derrière lui la chaudière à moitié démontée, baignant dans une flaque de pièces et de fils jonchants le sol.
Lorsque Rose-Adeline était descendue à son tour, le lendemain de la tentative d'assassinat sur la personne de la chaudière perpétrée par son fils et dont ce dernier c'était bien gardé de lui faire part, elle avait estimé n'avoir jamais été aussi proche de l'arrêt cardiaque pur et simple qu'au moment où elle avait posé les yeux sur l'amas de vis, de câbles, de cadrans et de sections de tuyaux qui étaient dispersés sur le sol. Après avoir reprit ses esprits, elle avait remonté quatre à quatre l'escalier pour bondir sur la première forme de vie qui s'était malencontreusement présenté à elle. Le destin avait voulut que ce rôle soit attribué à son mari, qui se livrait benoîtement au remplissage innocent et quotidien de la carafe de cristal du salon. Rose-Adeline lui avait fondu dessus comme l'aurait fait une femelle éléphant sur la Jeep d'imprudents touristes. Il avant cependant réussit à éviter d'être lyncher en contournant précipitamment le piano et se débrouillant pour ne jamais se trouver du même côté que sa tendre moitié. Jules Emile lui avait expliqué que ce n'était aucunement lui qui s'était livré à ce meurtrier examen approfondit des intérieures défaillants de la chaudière. Sans vergogne, il livra ensuite le nom de son fils en pâture à Rose-Adeline, dans l'espoir de terminer sa journée sans devoir ramasser un à un ses propres membres éparpillés dans la maison et peut-être même dans le jardins.
Ainsi, quatre jours après le début de la grève sans préavis de la chaudière, Etienne Auguste de Culbertain frissonnait encore en se remémorant les heures qu'il avait dû passer à trier et ranger jusqu'à la dernière vis, à quatre pattes dans la cave humide, sous l'oeil désapprobateur de sa mère qui brandissait de façon menaçant un balais-brosse. Dans sa grande mansuétude, elle s'était montrée prête à ne pas expérimenter le nouveau décapsuleur sur la tête de son fils, à condition que ce dernier ne rende à la cave de sa maison un aspect plus qu'irréprochable en allant immédiatement réparer les dégâts dont il s'était rendu coupable. Etienne Auguste avait bien entendu fait profil bas, et avait filé droit sur la porte du sous-sol, bénissant l'ignorance de sa mère en ce qui concernait l'endroit ou Jules Emile cachait son vieux fusil de chasse.
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Message  Pacô le Sam 1 Nov 2008 - 11:04

MrSonge a écrit:
Fin du Chapitre II

Ils se donnèrent ensuite rendez-vous le lundi suivant à neuf heure, devant le numéro vingt-deux de la rue des Abbesses. Lorsque chacun eût prit note de cela, Adrien Montel leur rappela qu'ils avaient prévu un intermède musical à cette soirée. Lucien éteignit donc la chaîne stéréo tandis que le violoniste déballait son instrument. De Culbertain s'installa au piano, arpégea distraitement une cadence rompue de do avant de sortir ses partitions de son porte-document noir et de les ouvrir devant lui. Il donna ensuite le la à son ami pour qu'il puisse s'accorder. Ce qu'il fit alors que les trois auditeurs tournaient leur siège de façon à se trouver face aux musiciens.
Les deux amis décidèrent de commencer par la Mélodie de Montel.
C'était une charmante pièce de concert pour violon, dans laquelle le piano ne jouait qu'un rôle d'accompagnateur (ou d'accompagnement) fidèle mais effacé, laissant son acolyte chanter une mélodie aux discrets accents viennois, rappelant certaines pièces de Kreisler.
La dernière note s'éteignit progressivement. Le public restreint applaudit, félicitant les deux musiciens avant de changer de position, prêts à écouter la suite.
Dès les premières notes du Scherzo d'Etienne Auguste de Culbertain, on comprenait que ce n'était plus une pièce pour violon mais bien pour violon et piano, les deux étant (on n'accorde pas les participes présents) sur un pied d'égalité. Le premier thème, aussi vif et pétillant que celui d'un scherzo de Mendelssohn, n'était pas sans rappeler celui de l'allegretto de la première sonate pour violon de Saint-Saëns, mais dans un tempo beaucoup plus allant. Les deux instrumentistes durent faire preuve d'une virtuosité presque diabolique pour venir à bout de certains passages particulièrement compliqués, et cela sans que la technique sèche et sans âme ne prenne le pas sur la musicalité.
Lorsque Etienne Auguste leva les doigts du clavier et Adrien l'archet des cordes, les trois jeunes hommes assis dans la pièce applaudirent de toutes leurs mains (on peut applaudir que d'une seule main? ôO Enfin, j'connaissais pas l'expression...), congratulant copieusement les deux interprètes et plus particulièrement - mais de façon discrète - le compositeur de la seconde pièce.

Étant donné mon état plus que comateux, nous allons nous arrêter là pour le moment... Je crois que j'ai laissé filtrer quelques fautes (oui, je suis à côté de mes pompes).
On sent ton amour pour la musique... Et là, je ne peux rien vraiment redire car je n'ai que des connaissances très limitées.
Tu fais partie d'un groupe musical?

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Message  MrSonge le Sam 1 Nov 2008 - 11:54

Non je ne pense pas que l'on puisse applaudir d'une seul main. Razz
Mais c'est une formulation un peu loufoque qui m'est venue de nulle part et que je trouvais amusante.

Non je ne fais partie d'aucun groupe. Avec un peu de chance je vais entrer dans un orchestre en janvier mais pour l'instant, à part deux trois accompagnements au piano et un peu de musique de chambre, je joue seul. Wink
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Message  Pacô le Sam 1 Nov 2008 - 12:56

MrSonge a écrit:

Chapitre III

Une pluie diluvienne tombait avec insistance depuis l'aube de ce lundi dont la météorologie semblait spécialement faite pour les travailleurs quittant de mauvais gré la douce quiétude de leur foyer. Etienne Auguste de Culbertain claqua la porte d'entrée de la maison de ses parents, ayant parcouru en courant, le col de son manteau remonté et la tête enfoncée dans les épaules, les quelques mètres séparant sa 2CV à huis salvateur (phrase incorrecte! On ne peut pas mettre "de l'huis" puisqu'on ne met pas d'article devant huis)(il manque une fin de phrase Razz =>) de sa demeure. Il jeta un regard noir au parapluie de la même teinte qu'il avait oublié d'emporter le matin, puis se défit de son manteau et de son chapeau, tous deux dégoulinant abondamment. Après avoir rapidement glissé la canne qu'il avait emportée par inadvertance à la place de son parapluie (gare aux répétitions), à côté de ce dernier, il se précipita ensuite au salon et se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche de la cheminée, dans l'âtre de laquelle brûlait un feu de bois (bizarre cette fin de phrase, non? Et laquelle reprend quoi au juste?La cheminée ou l'âtre? Parce que si c'est l'âtre, il faut mettre lequel).
Allongeant le bras droit, il parvint à atteindre le clavier du piano à queue placé derrière le siège. Il tâtonna quelques secondes, trouva un ré et entama les premières mesures de la première fugue de L'art de la fugue de Jean-Sébastien Bach. Informé de cette façon de la présence de son fils, Jules Emile de Culbertain passa la tête dans l'embrasure de la porte du salon, un verre de whisky à la main.
« Tu as encore oublié ton parapluie, fit-il remarquer.
- Je sais, merci. Je m'en suis aperçu en sortant de la voiture ce matin, devant le Conservatoire. Sale temps.
- Effectivement. Mauvais, ça, mauvais. Pour votre petite excursion de ce soir, veux-je dire.
- Ça ne changera rien, affirma Etienne Auguste en entamant distraitement le thème de la marche d'Aida de Verdi. J'ose espérer que cet immeuble possède au moins une toiture fiable. Si c'est le cas, nous n'aurons rien à craindre de la pluie, aussi torrentielle qu'elle puisse être. Il nous faudra seulement, en cas de poursuite effrénée, ne pas être la victime de semelles de chaussures glissantes.
Il referma le couvercle du clavier de l'instrument, se leva et alluma la radio en jetant un coup d'œil distrait à un journal qui traînait là. Lorsqu'il réussit à trouver la longueur d'onde qu'il cherchait, un flot de musique se répandit dans la pièce.
- Piaf, constata-t-il. Padam.
- Ne voudrais-tu pas quelque chose de plus... constituant ? demanda son père. Pour te donner du courage. Wagner, les Walkiries ? Beethoven, la 9ème ?
- Je ne suis pas d'humeur à écouter du Wagner, répondit Etienne Auguste en se rasseyant, le Figaro à la main. Ni la neuvième, d'ailleurs. Je l'aime trop. Galvanisé par elle, je commettrais des imprudences ce soir, c'est certain. Et je pressens que la moindre bévue pourrait nous coûter cher.
- Bien sûr que cela nous coûterait cher ! s'exclama Rose-Adeline en entrant dans le salon, portant un plateau sur lequel étaient entassés une théière, un bol de biscuits, une tasse vide et une tasse (une autre? histoire d'éviter trop la répétition) de café fumant. Mais je crois que cela devient vraiment urgent, nous ne pouvons plus nous en passer. Surtout avec ce temps, précisa-t-elle en désignant une fenêtre d'un geste de la tête.
- Je... De quoi diable parles-tu ? lui demanda son mari, en la fixant, les sourcils froncés.
- Mais de notre chaudière, évidemment ! Ce n'était pas de cela que vous discutiez ? interrogea-t-elle en voyant l'expression des deux hommes.
- Absolument pas, nous parlions de l'expédition d'Etienne Auguste. Ce soir, ajouta Jules Emile, comme s'il pressentait qu'il fallait fournir des précisions.
- Oh ! Toutes mes excuses, je n'avais pas tout entendu. Mais il n'en reste pas moins vrai qu'il faut absolument faire quelque chose. Voilà maintenant quatre jours que nous tentons désespérément de chauffer la maison au feu de bois.
- Il est vrai que ce n'est pas une réussite, convint le jeune homme, mais le plombier à promis de venir et...
- Il a promis de venir avant-hier ! riposta sa mère. Et nous n'avons pas vu l'ombre du bleu de travail du moindre échantillon de plombier !
- Peut-être ne porte-t-il pas de bleu de travail, hasarda Jules Emile.
- Ne te moque pas de moi. Tu sais très bien que c'est ta faute !
- Ma faute ? sursauta l'accusé. Juste ciel mais qu'ai-je donc fait pour qu'il ne vienne pas ?
- Tu manques de fermeté, voilà tout. Avec ces gens, il faut se montrer sans pitié et exiger. Ne pas simplement émettre l'idée qu'ils pourraient, si cela ne les dérange pas, à l'occasion, faire un rapide passage dans le secteur de notre chaudière défaillante.
- Eh bien téléphone lui donc toi-même, si tu estimes tant savoir sur les mœurs des ouvriers plombiers.
- Parfaitement, monsieur, je lui téléphonerai ! Et pas plus tard que tout de suite, encore.
Joignant le geste à la parole, elle se saisit avec dignité du combiné du téléphone et se mit à feuilleter un gros annuaire rangé à côté de l'appareil. Dès qu'elle eût mis le doigt sur le numéro qu'elle cherchait, elle le composa rapidement et brancha le haut-parleur en jetant un regard mauvais à son époux qui s'était tassé en maugréant dans un fauteuil.
« Bertrand Mouchabeuf, plomberie et sanitaires, fit une voix déformée par l'électronique.
- Monsieur Mouchabeuf, c'est madame de Culbertain au téléphone.
- Ah madame ! J'allais justement vous appeler moi-même, figurez-vous qu'un malheureux imprévu...
- Je m'en doute bien, mon ami, mais cependant vous aviez promis d'être là il y a deux jours.
- C'est exact mais un impondérable m'est fâcheusement tombé dessus, tel le rapace sur le rongeur sans défense et...(sans vouloir choquer, je doute qu'un plombier parle comme ça à ses clients au téléphone. Il serait même plutôt intéressant, et comique, de faire parler la dame soutenu et le plombier, familièrement voire vulgairement...)
- J'en suis extrêmement affligée mais je peux vous garantir que ce ne sera pas la seule chose à vous tomber dessus si...
- Mais j'entends bien être chez vous demain, à la première heure. Il était prévu que je passe chez un autre client mais étant donné les circonstances, je considère de mon devoir de me rendre chez vous le plus tôt possible.
- Je n'en doute pas, et vous en remercie infiniment. A demain donc. A l'aube. Au revoir, monsieur Mouchabeuf.
- Mes hommages, madame de Culbertain et mes amitiés à...
- Je n'y manquerais pas.
Sur ce, elle raccrocha avec un soupçon de brutalité avant de se tourner à nouveau vers Jules Emile qui s'était emparé de la tasse de café qu'elle avait auparavant déposée sur la table.
- Voilà, fit-elle triomphalement. C'est ainsi qu'il faut s'y prendre avec ces gens. Politesse, fermeté, exigence.
- Je tâcherai de m'en souvenir à l'avenir, minauda son mari, sans se retourner.
Puis, alors que Rose-Adeline disparaissait à l'intérieur de la cuisine :
- Tout ce que j'espère c'est qu'il ne pointe pas le bout de son nez, ce fichu plombier. Je serais même près à le décourager à coup de pétoire.
- Bah, tu sais que c'est mieux pour nous tous d'avoir une température correcte à l'intérieur. Elle pense à notre bien-être, fit valoir Etienne Auguste. »
Son père éructa un monosyllabe autant vaseux (dans ce sens là, ça va mieux ^^) qu'incompréhensible en guise de réponse. Le jeune pianiste ne s'en formalisa pas et s'étira longuement dans son fauteuil.
La grosse chaudière, trônant dans la cave de la demeure familiale, avait cessé brutalement toute activité quelques jours auparavant, obligeant de ce fait la famille à avoir recours aux feux de cheminée pour tenter de réchauffer leur intérieur. Bien que Jules Emile ait passé plusieurs longues heures à se battre avec l'hostilité de ce monstre de cadrans et de tuyaux, il n'était parvenu à n'entamer, à défaut de la mauvaise volonté de l'appareil, que son moral et la propreté de ses vêtements. Le dernier de ces titanesques duels opposant (toujours une histoire de participe présent ^^) s l'intelligence de l'homme et la passivité de la machine, s'était avéré malheureux pour le premier des deux combattants. Et pas seulement pour son intelligence, surtout pour son pied gauche, celui qu'il avait cru bon d'aller loger brutalement contre la lourde calandre de métal, avant de remonter au rez-de-chaussée en se tordant de douleur.
Etienne Auguste était lui aussi descendu dans l'antre de la chaudière récalcitrante pour tenter de s'expliquer avec l'agresseur de son père. Malgré les centaines de boutons pressés, de boulons dévissés, de fils branchés, de câbles débranchés et de molettes actionnées, il (ce "il" reprend le père ou le fils? Il est bon de préciser, je pense) n'était venu à bout de l'imperturbable inactivité de l'imposant appareil. Il était seulement parvenu à le rendre totalement et définitivement hors d'usage, ne sachant plus comment imbriquer les myriades de pièces démontées de la charpente scellée aux murs et au sol. De Culbertain était donc remonté au rez-de-chaussée, penaud, laissant derrière lui la chaudière à moitié démontée, baignant dans une flaque de pièces et de fils jonchant le sol.
Lorsque Rose-Adeline était descendue à son tour, le lendemain de la tentative d'assassinat sur la personne de la chaudière perpétrée par son fils et dont ce dernier c'était bien gardé de lui faire part, elle avait estimé n'avoir jamais été aussi proche de l'arrêt cardiaque pur et simple qu'au moment où elle avait posé les yeux sur l'amas de vis, de câbles, de cadrans et de sections de tuyaux qui étaient dispersés sur le sol. Après avoir repris ses esprits, elle avait remonté quatre à quatre les escaliers pour bondir sur la première forme de vie qui s'était malencontreusement présenté à elle. Le destin avait voulut que ce rôle soit attribué à son mari, qui se livrait benoîtement au remplissage innocent et quotidien de la carafe de cristal du salon. Rose-Adeline lui avait fondu dessus comme l'aurait fait une femelle éléphant sur la Jeep d'imprudents touristes.(LOL) Il avait cependant réussi à éviter d'être lynché en contournant précipitamment le piano et se débrouillant pour ne jamais se trouver du même côté que sa tendre moitié. Jules Emile lui avait expliqué que ce n'était aucunement lui qui s'était livré à ce meurtrier examen approfondi des intérieurs défaillants de la chaudière. Sans vergogne, il livra ensuite le nom de son fils en pâture à Rose-Adeline, dans l'espoir de terminer sa journée sans devoir ramasser un à un ses propres membres éparpillés dans la maison et peut-être même dans le jardin.
Ainsi, quatre jours après le début de la grève sans préavis de la chaudière, Etienne Auguste de Culbertain frissonnait encore en se remémorant les heures qu'il avait dû passer à trier et ranger jusqu'à la dernière vis, à quatre pattes dans la cave humide, sous l'œil désapprobateur (farouche) de sa mère qui brandissait de façon menaçante un balai-brosse. Dans sa grande mansuétude, elle s'était montrée prête à ne pas expérimenter le nouveau décapsuleur sur la tête de son fils, à condition que ce dernier ne rende à la cave de sa maison un aspect plus qu'irréprochable en allant immédiatement réparer les dégâts dont il s'était rendu coupable. Etienne Auguste avait bien entendu fait profil bas, et avait filé droit sur la porte du sous-sol, bénissant l'ignorance de sa mère en ce qui concernait l'endroit où Jules Emile cachait son vieux fusil de chasse.

Bon, je suis déjà plus réveillé xD. Alors... attention à ne aps trop t'éloigner du sujet principal. On oublie presque l'affaire de Donadieu ici.
Sinon, l'histoire de la chaudière est assez hilarante Razz. Elle donne une note comique à cette famille qui, aux premiers abords, semblaient ne jamais commettre d'incartades. Et quel âge à cet Etienne Auguste, pour vivre encoresous le même toit que ses parents? ^^
Donc bien dans l'ensemble mais je te conseille vivement de raccrocher avec lavéritable histoire, pour ne pas s'égarer. Certains pourraient même se désinteresser du sujet principal...

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Message  MrSonge le Sam 1 Nov 2008 - 13:25

En fait, j'ai inséré ici la petite histoire parallèle de la chaudière qui devrait durer tout le bouquin pour rajouter un touche d'humour étant donné que par la suite, puisque l'affaire va se compliquer de meurtres, de sang et de tout ce genre de chose, je n'aurais plus trop l'occasion de faire autant d'humour que dans le début. Mais rassure-toi, dans un paragraphe ou deux, Etienne Auguste part et la chasse à l'homme commence. Very Happy

Quand à l'âge d'Etienne Auguste, j'avoue n'en rien savoir. Il a l'âge d'être dans ce qui équivaut à une Université dans le monde de la musique, donc il est majeur, mais il préfère visiblement rester chez ses parents. Ils doivent sûrement habiter pas loin du Conservatoire.
Enfin à l'occasion je lui poserais la question pour qu'il m'éclaire un peu plus là-dessus. Very Happy
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Message  Pacô le Sam 1 Nov 2008 - 13:32

Toi aussi tu communiques avec tes personnages?
Moi il m'arrive de prendre rende-vous... C'est pas souvent que j'ai des échanges avec l'Empereur Wink.

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Message  MrSonge le Sam 1 Nov 2008 - 14:58

Bah des fois j'en croise au Conservatoire, mais je n'ai jamais été invité à une réunion du groupe des 5. Forcément, c'est complet vu qu'ils sont 5. Very Happy (reste peut-être le marginal Tchaikvosky, mais bon...)
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Message  MrSonge le Mar 11 Nov 2008 - 20:57

Réjouis-toi, Pacô, ça commence à bouger (il était temps me diras-tu)

« Si elle était vraiment si préoccupée par mon bien-être à moi, marmonna le père du musicien, elle ne rationnerait pas mon whisky comme elle le fait. Je souffre de l'aridité de mon gosier et cour à ma perte.
- Tu sais bien que c'est mauvais pour ta santé, soupira Etienne Auguste. Ta tension artérielle, ta glycémie et tout cela. Le médecin a été formel.
- Le médecin est un âne ! Il ne peut pas savoir de quoi à besoin mon organisme pour fonctionner correctement. Et ce n'est en tout cas pas de légume-vapeur et de yaourt. Ces produits ramollissent, abâtardissent et je n'aime pas !
- Cesse de débiter ces chapelets de billevesées. Les ordres du médecin sont les ordres du médecin, et il s'y connaît quand même mieux que toi.
- J'ai compris, c'est une conspiration, maugréa l'intéressé. Tout le monde est contre moi. Il ne me reste plus qu'à me retrancher dans le mutisme et l'isolement. Et si vous me retrouvez mort d'inanition d'ici quelques jours, j'espère que le poids de la culpabilité pèsera sur vos épaules comme les éponges mouillées sur le dos de l'âne de La Fontaine. »
Etienne Auguste de Culbertain sortit du salon en levant les yeux au ciel.

Lorsque huit heures sonnèrent à la grande pendule du salon, Etienne Auguste leva les yeux de la partition d'orchestre de Till l'Espiègle de Strauss, pleine d'annotation, sur laquelle il était penché depuis plus d'une heure. Il consulta par réflexe son bracelet montre avant de fermer l'ouvrage sur lequel il travaillait. Le jeune homme jeta ensuite rapidement un coup d'oeil à l'image que lui renvoyait de lui sa grande psyché, avant d'endosser un veston qu'il avait soigneusement placé sur un cintre et tira sur les deux pans pour l'ajuster.
Pour cette sortie particulière, il avait choisi de faire des concessions à son élégance vestimentaire habituelle, pour être certain de ne pas être gêné par un de ses vêtements. Etienne Auguste avait donc décidé de porter un col roulé violet, glissé dans un pantalon noir au pli impeccable. Après réflexion, il ne put se résoudre à sortir sans un veston, quitte à l'enlever sur les lieux. Il en choisit donc un, droit, assortit à son pantalon, et le passa en descendant au rez-de-chaussée.
Ses parents l'attendaient dans le salon, Rose-Adeline de Culbertain sermonnant une fois de plus son mari au sujet d'une bouteille de whisky qu'il tenait serrée contre lui, comme s'il voulait à tout prix empêcher que l'on ne la lui dérobe. Quand ils virent arriver leur fils, ils lui prodiguèrent moult conseils sur la conduite à adopter lors d'une si périlleuse entreprise. Etienne Auguste de Culbertain leur promis d'être prudent, réfléchit et efficace. Il se coiffa ensuite d'un de ses chapeaux, un feutre gris, jeta un coup d'oeil à l'extérieur, décida d'emporter son parapluie et, après avoir passé derechef la tête hors de la maison, un manteau imperméable. Lorsqu'il fut prêt, le jeune homme embrassa ses parents et courut en maugréant jusqu'à son automobile. Etienne Auguste de Culbertain arriva à destination aux environs de la demie de huit heure. La maison sise au numéro vingt-deux de la rue était une vieille bâtisse délabrée, de trois étages, jouxtant une petite cour. Un lampadaire diffusant une lumière faible était accroché au-dessus d'une fenêtre du rez-de-chaussée. Les grésillements de l'ampoule faisaient danser les ombres de volets sur la façade.
Constatant qu'il était le premier, De Culbertain s'appuya sur le capot de sa voiture et se mit à siffler un air d'opéra en attendant ses amis. Mais ce ne fut pas un membre du "Groupe des cinq" qui arriva après lui. Une petite Peugeot rouge stationna à quelques mètres de sa 2CV et un petit homme fluet, portant une paire de lunettes aux verres épais et dont les cheveux indisciplinés cachaient une partie du front en descendit. Une fois hors de son automobile, il jeta plusieurs regards inquiets autours de lui avant se tourner vers Etienne Auguste.
« Je suis monsieur Victor Verrin, se présenta-t-il, le secrétaire de monsieur Donadieu. A qui ai-je l'honneur ?
- Etienne Auguste de Culbertain, c'est avec moi que vous avez pris contact il y a quelques jours.
Ils se serrèrent la main.
- C'est donc vous qui avez organisé ce... cette...
- Expédition ? Oui, c'est exact, j'en suis le seul responsable en effet.
- Etes-vous conscient des dangers que nous courrons tous en nous exposant à la merci d'un tel individu ? demanda Verrin en tapotant, mal à l'aise, le toit de la 2CV.
- Des dangers, monsieur ? Je n'en vois que très peu. Nous serons à huit contre un.
- Avez-vous pensé qu'il puisse être armé ?
- Armé ? Cela m'étonnerait fort, mais quand bien même il le serrait, nous avons pour nous l'effet de surprise. Et c'est un atout non négligeable, je vous assure. »
Sur ces entrefaites, un scooter jaune déboucha d'une rue latérale et monta sur le trottoir opposé, pour stopper devant un réverbère qui crachotait quelques faméliques étincelles. Le conducteur ôta son casque et Etienne Auguste reconnut Adrien Montel, qui traversait maintenant la rue. Arrivé au milieu de la chaussée, il fit demi-tour, revint à son engin et passa un cadenas autour du réverbère et d'un rayon de la roue avant. Cela fait, il traversa à nouveau la rue mal éclairée et salua son ami pianiste. Ce dernier le présenta à Victor Verrin.
Arriva ensuite Lucien Pignot, qui était passé prendre Lionel Caluchet. Les suivants furent le neveu d'Isidore Donadieu, Sébastien Forestier, et sa femme, Claire. Lui était un homme ayant atteint depuis peu la trentaine, portant un cour bouc noir et une paire de lunette octogonal. Sa femme, plus petite que lui avait également les cheveux noirs. Ses yeux marrons semblaient être éternellement en mouvement et ne jamais pouvoir se fixer sur quoi que ce soit.
Maxime Daubrais rejoignit le groupe en dernier, terminant un énorme sandwich au jambon. Les présentations effectuées, les huit personnes s'engouffrèrent au rez-de-chaussée du numéro vingt-deux. Une escalier délabré s'élevait à leur droite. Sur le mur, près de la porte, un panneau devenu presque indéchiffrable indiquait la direction à prendre pour se rendre dans la loge du concierge. Le sol était pavé de dalles inégales et recouvertes par endroit de flaques de liquide graisseux et malodorant.
Le premier entré, De Culbertain, trouva en tâtonnant un interrupteur sur le mur de droite et, lorsqu'il le tourna, un vieux plafonnier grésillant se mit à crachoter une lumière jaunâtre et vacillante.
« D'après ce que m'a expliqué monsieur Donadieu, dit Etienne Auguste de Culbertain sans se retourner, le local qui nous intéresse est le quatrième sur la gauche, au premier. »
A la file indienne, les visiteurs gravirent les marches, prudemment, en silence. Le couloir du premier étage avait une forme de L. La porte que leur désigna De Culbertain était la seconde après le coude que faisait le couloir sur leur gauche, et portait la mention 2b. Le jeune homme passa la tête par l'embrasure de la porte et l'ouvrit tout à fait avant d'entrer à l'intérieur de la pièce. Celle-ci était presque vide, et une odeur désagréable de moisit y flottait. Une table carrée, dont un pied cassé ne touchait plus le sol, constituait à elle seule l'entier du mobilier.
« Nous sommes au bon endroit, affirma Etienne Auguste. »
Tout le monde se dispersa alors dans la pièce, s'appuyant contre les murs, s'asseyant sur le sol ou sur l'appui de la fenêtre. Le jeune pianiste se plaça au centre de la pièce et attendit que ses acolytes s'installent plus ou moins confortablement pour prendre la parole.
« Je suppose que tout le monde sait pour quelle raison nous sommes ici. Je ne vais donc pas m'appesantir sur le sujet. Je suis venu ici ce matin et je crois avoir maintenant une assez bonne idée de la configuration des lieux. Voici comment nous allons procéder pour mener à bien notre entreprise. Nous procéderons de façon fort simple au demeurant : nous allons nous embusquer. Je désignerai à chacun d'entre vous un recoin où se dissimuler. Lorsque notre gibier se présentera, il faudra le laisser monter ici. Nous n'interviendrons qu'au moment où il sera en possession de l'argent de monsieur Donadieu, de cette façon il ne pourra pas nous échapper, la seule issue étant cette fenêtre. Et personne ne se risquerait, ajouta-t-il en observant la cour sur laquelle donnait la fenêtre, à faire une telle chute, sous peine de se retrouver tout disloqué et de ce fait très handicapé pour une folle cavalcade à travers les ruelles de Paris.
- Et comment saurons-nous à quel moment intervenir ? demanda Lucien Pignot.
- Grâce à cela, répondit Etienne Auguste en sortant un sifflet de sa poche. Je serais posté le plus près possible de cette pièce et soufflerais de toute la force de mes poumons dans ce bidule quand le maître-chanteur se sera introduit ici.
- Vous me semblez avoir tout prévu, constata Sébastien Forestier. Je ne vois pas comment il pourrait nous échapper.
- Si tout le monde suit mes instructions à la lettre, je suis persuadé qu'il lui sera impossible de se glisser entre les mailles du filet que nous sommes entrain de tendre autour du vil brochet qu'il est. »
La suite des opérations se déroula à la perfection et à dix heures et quart, tout le monde était en place. De Culbertain s'était installé dans l'appartement qui faisait face à la porte 2b et ne quittait pas cette dernière du regard. Maxime Daubrais, qui avait prit soin d'emporter des provisions, avait été placé sous la porte cochère de l'immeuble qui faisait face au numéro vingt-deux. Sébastien Forestier et sa femme étaient postés dans deux angles opposés de la pièce crasseuse du rez-de-chaussée. Andrien Montel était dissimulé dans un placard sous l'escalier qui menait au premier. Victor Verrin était embusqué sur le palier du second étage, d'où il pouvait fort bien distinguer les premiers mètres du couloir inférieur. Lucien Pignot était posté sous la fenêtre de l'appartement 2b, dans la petite cour arrière, dans le cas hautement improbable où le maître-chanteur prendrait le risque de sauter. Lionel Caluchet, quand à lui, gardait les yeux fixés sur la porte d'entrée, qu'il pouvait observer tout à loisir par le trou de la porte menant au sous-sol.
A la demi de dix heure précise, Isidore Donadieu entra dans l'immeuble. Après s'être arrêté quelques instants au rez-de-chaussée, il monta d'un pas décidé au premier et se dirigea droit sur la porte 2b. Il entra dans la pièce, en fit le tour du regard, avant de sortir une grosse enveloppe jaune de son veston et de la déposer sur la table bancale. Donadieu fit ensuite rapidement le trajet inverse et sortit de la maison en jetant un regard discret à la porte du sous-sol.
Et l'attente commença. Les huit guetteurs embusqués attendirent en silence l'arrivée de leur gibier, en bougeant le moins possible. Seuls quelques grincements discrets et un éternuement étouffé troublèrent le silence de cette traque d'un genre quelque peu particulier.
Vers minuit, Lionel Caluchet fut prit d'un violent besoin naturel. Il maudit intérieurement la dernière bouteille de bière qu'il avait ingurgité avant de venir et tenta d'occuper son esprit. Au bouts d'un quart d'heure, il se tortillait sur place, se mordant la lèvre inférieur en essayant de faire le moins de bruit possible. Lorsque sa montre indiqua minuit et demi, il se sentit incapable de tenir plus longtemps et occupa tout ce qu'il pouvait de matière grise à trouver une solution rapide. Les rouages huilés de son cerveau travaillaient plus que jamais quand un coup de sifflet lui vrilla les tympans. Le jeune homme bondit de sa cachette et s'engouffra dans les escaliers, suivit de près par le couple Forestier. Adrien Montel s'extirpait avec peine du placard dans lequel il s'était visiblement coincé.
Lorsqu'il arrivèrent au premier, ils eurent juste le temps de reconnaître Victor Verrin qui avait bondit du second et venait de tourner l'angle du couloir. Il y eut un bruit de collision, puis celui que font deux corps tombant simultanément sur le sol. Lionel se précipita à la suite de Verrin et s'arrêta net à l'angle du couloir, cloué sur place par le spectacle qui s'offrait à lui. Etienne Auguste de Culbertain, marmonnant des jurons incompréhensibles, se relevait de l'endroit ou la rencontre intempestive avec le secrétaire d'Isidore Donadieu l'avait visiblement projeté. Victor Verrin lui-même était encore assis sur le sol et se massait le postérieur. Very Happy
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